Review : Death Angel – Humanicide

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Thrash is no dead ! C’est par ces mots que l’on pourrait qualifier ce nouvel album de Death Angel, poétiquement dénommé Humanicide. A l’heure où Slayer se prépare à prendre une retraite plus que méritée (surtout plus que nécessaire !) et que ce genre phare de la musique métal  – comprenant « juste » des petits groupes comme Metallica, Slayer, Megadeth ou Anthrax – semble parfois déclinant, le quintet californien revient sur le devant de la scène pour nous prouver qu’il n’en est rien !

 

Death Angel, c’est d’abord et avant tout un groupe de thrash dans la plus pure tradition du genre. Natif de Californie et plus précisément San Francisco, le quintet est l’illustration parfaite de ce que l’on a appelé le « Bay Area Trash Metal« , un courant musical en (grande) partie à l’origine du thrash, et qui a pris ses racines au début des années 80 dans la Baie de San Francisco, d’où son nom. Parmi les groupes issus de ce mouvement figurent ainsi de grands noms, comme Metallica ou Megadeth, bien sûr, mais aussi Exodus, Testament ou Vio-Lence.

Ce nouvel album de Death Angel, leur neuvième, est donc l’occasion de se replonger dans un style qui a largement contribué à l’essort du métal et autres « musiques extrêmes », comme l’on dit de manière politiquement correcte, et qui nous passionne pour beaucoup depuis longtemps.

 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que question thrash, cet album ne déçoit pas ! Le premier morceau, Humanicide, qui avait été présenté en avant-première fin mars, s’inscrit dans la lignée de ce à quoi nous avait habitué le groupe. Après une intro plutôt heavy rappelant le son d’Iron Maiden, on enchaîne sur de bons gros riffs bien thrash, rappelant les meilleurs titres de Slayer, le tout accompagné d’une batterie bien cadencée et de vocaux plutôt haineux qui devraient déclencher quelques jolis pogos en live.

Après cette intro plutôt (très) sympathique, on enchaîne sur un Divine dans la même veine, même si peut-être un poil moins punchy. N’ayez crainte, ça reste largement assez entraînant et agressif à l’écoute ! Du bon thrash, on vous dit ! Et ce n’est pas le troisième titre, Aggressor, qui viendra changer les choses, même si quelques tonalités plus métal progressif viennent s’y glisser, pouvant ainsi nuancer ce propos.

Les choses changent alors quelque peu avec I Came For Blood, qui propose un style plus rock’n’roll mais tout aussi efficace. Un titre qui amorce un changement encore plus marqué dans le morceau suivant, Immortal Behated. De tout l’album, ce titre sera probablement celui qui surprendra le plus les habitués de Death Angel, avec un son plus proche du métal progressif, proposant des solos de gratte assez agréables mais surtout, et c’est une grande nouveauté chez Death Angel, du…piano ! Moment franchement WTF quand batterie et guitare s’éclipsent pour laisser place à un solo de piano qui vient conclure pendant plus d’une minute ce morceau décidément surprenant. Le groupe avait annoncé vouloir faire évoluer quelque peu son style en y ajoutant des tonalités expérimentales, et c’est chose faite !

Heureusement, le groupe se ressaisit aussitôt en revenant de plein pieds dans le thrash avec les riffs bien vénères de Alive And Screaming. Ah, on respire !

C’est ensuite au tour de The Pack – une chanson dédiée aux fans – d’entrer en scène, et là, autant vous le dire franchement, j’ai du vérifier si mon lecteur n’avait pas switché sur Ride The Lightning, tant l’intro de The Pack se rapproche de ce titre de légende qu’avait pondu le meilleur groupe du monde Metallica en 1984. Alors certes, on atteint pas la magie de Ride The Lightning – parce que…bah parce que Metallica – mais on a droit à un très bon morceau de thrash old school, et ça fait bien plaisir ! Surtout que derrière, le soufflet ne retombe pas avec le très bon Ghost Of Me.

Désireux de donner à cet album une orientation plus expérimentale que par le passé, la bande à Mark Osegueda propose avec Revelation un nouveau morceau aux sonorités plus éloignées de son habituel thrash. Mais le pari est plutôt réussi, avec ce titre encore une fois encore typé progressif.

L’album s’achève avec Of Rats And Men, qui s’il reste lui dans le thrash s’avère un peu décevant, notamment en raison de son refrain plutôt perturbant.

 

Au final, cet album atteint cependant son objectif, à savoir un bon moment de thrash qui nous rappelle que ce genre majeur est encore bien vivant et a même encore de beaux jours devant lui. C’est d’ailleurs encore plus vrai quand l’on voit de « jeunes » talents comme Savage Messiah – que je vous invite fortement à écouter – qui pourront demain s’appuyer sur des vétérans toujours en forme tels Death Angel pour faire perdurer cette musique. Long live the Trash !

 

8/10

 

Review par Clément Tournier.

Death Angel joueront au Hellfest le dimanche 23 juin et au Motocultor le vendredi 16 août.

Album sortant le 31 mai, bientôt disponible à la vente ici et dans les points de vente habituels.