[Review] DeWolff – Tascam Tapes

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Un an seulement après leur album précédent, Thrust, DeWolff reviennent avec un album simple et ultra efficace enregistré sur la route : Tascam Tapes. Luka van de Poel nous l’a dit en interview, l’album n’était pas évident à enregistrer, mais le résultat est là. Alors, que vaut Tascam Tapes ?

La première chose qui saute aux oreilles (expression dérivée de « sauter aux yeux »), c’est le côté léger du blues-rock des néerlandais. En effet, le bipolaire Northpole Blues est léger et fun puis devient bien plus psychédélique, avant que Tascam Tapes parte vers des contrées plus rock avec Blood Meridian I qui nous rappellera Beck et Gary Clark Jr. Le morceau est très dansant et énergique, et est clairement un des moments forts de cet album. Le son est parfait d’ailleurs car on distingue tous les instruments derrière la grande voie de Pablo.

It Ain’t Easy viendra sur des contrées familières, en effet ce morceau parle vraiment en tant que fan de The Black Keys. Le morceau pourra aussi rappeler The Heavy par la voix soul de Pablo van de Poel, qui rendra ce morceau ultra catchy et léger. On en redemande ! Mais le groupe nous prendra au dépourvu avec Rain, plus étrange et lent que les premiers morceaux. On est là plutôt sur un blues contemplatif, qui est le bienvenu dans cet album pour rendre la suite encore plus efficace !

En parlant de la suite, Made It To 27 est très, très, très dansant ! Le groupe se dirige là plus vers ses influences soul, et on remarque encore une fois la clarté du son lorsqu’on entend toutes les couches superposées de son, et ça fait du bien ! Simple mais ultra efficace ! Nothing’s Changing verra de son côté apparaître des claviers gras et fuzzy, et se fera hyper groovy et lumineux, empruntant un peu à la funk de Stevie Wonder ! Même chose sur Let It Fly qui sera à nouveau très funky et utilisera des choeurs qui font très soul, et une guitare discrète mais remarquable. On remarque la variété des morceaux qui fait se démarquer DeWolff de The Black Keys qui tournent d’ailleurs un peu en rond depuis El Camino.

Blood Meridian II utilise, à l’inverse de sa première partie, un rythme metallique, avec une guitare fuzzy, créant de la tension avec des accords mineurs du plus bel effet. Le morceau qui, comme Luka nous l’a expliqué en interview, parle des chasses aux indiens aux Etats Unis, prend cette fois le parti des victimes de cette chasse et on ressent clairement la tension jusqu’au refrain dansant avec des claviers psychédéliques. Un chef d’oeuvre !

Awesomeness Of Love sera plus calme et passera un peu inaperçu après un coup de cœur pareil, mais ses claviers groovy en font un morceau vraiment ultra agréable. Love Is Such A Waste sera plus marrant avec des cris qui rappelleront les Lapins Crétins d’Ubisoft (oui, vraiment). Le titre sera ultra fun et dansant avec un piano sautillant et le refrain super entraînant et le solo de guitare très cool. Une réussite proche de la fin, qui mènera à la ballade Am I Losing My Mind, qui  sortira des violons pour parfaire sa beauté totale et en faire encore un coup de cœur. On terminera sur Life In A Fish Tank qui reviendra sur le feeling général de l’album avec un son fun et groovy. Il semble parler de la vie en tournée de DeWolff, vécue pleinement pendant l’enregistrement de cet album magistral. On pense bien sûr à T-Rex comme tout au long de l’album d’ailleurs, et le solo d’harmonica le rend tout simplement parfait.

On est là devant un album magistral, cet album est instantanément devenu mon préféré de DeWolff, je vous en conseille vivement l’écoute, car du blues rock de cette qualité mélangé à de la soul lumineuse, on n’en a pas eu depuis longtemps ! Un grand bravo à DeWolff pour ce Tascam Tapes décidément magistral !

9/10