Yan Wagner revient te chatouiller les tympans avec un nouveau single qui sent la nuit blanche et la lumière bleutée des écrans. Avec “60fps”, il s’offre un duo hypnotique avec la chanteuse marocaine Meryem Aboulouafa et en profite, au passage, pour dégainer les premières cartes de son prochain album, “Æther”, attendu le 3 avril. Si tu suivais déjà son titre “Æthernité” avec Malik Djoudi, qui a récemment atterri en playlist France Inter, tu sais que le gars est en très grande forme.
Un trip-hop ciné, entre cordes en apesanteur et dub fantôme
Dès les premières secondes de “60fps”, tu sens que Yan Wagner a décidé de ralentir le temps. Le morceau se pose comme une ballade trip-hop obsédante, portée par la voix ultra délicate de Meryem Aboulouafa, qu’on avait déjà remarquée avec “Breath of Roma”, notamment synchronisé dans la série “Bref”. Ici, elle glisse ses lignes vocales comme un travelling lent au-dessus d’une ville endormie.
En fond, des cordes suspendues viennent étirer les émotions, pendant que des samples inspirés du dub jamaïcain surgissent par petites touches. Du coup, le morceau respire autant l’UK que les clubs moites de fin de soirée. Tu as l’impression d’être à mi-chemin entre Bristol fin 90’s et une BO de film indé contemporain. Et franchement, ça fonctionne à merveille.
Par ailleurs, ce titre donne un indice clair sur la direction sonore de l’album “Æther” à venir. L’ambiance est à la fois sensuelle et hantée, comme si chaque mesure hésitait entre la romance et le vertige. Tu te retrouves vite à laisser tourner le morceau en boucle, juste pour replonger dans ce flou émotionnel très contrôlé.
“Æther” : un album-séance de nuit entre machines et fantômes
Avec “Æther”, Yan Wagner vise clairement plus haut que la simple collection de morceaux. L’album s’annonce comme un disque aventureux, obsédé par la lumière au bout du tunnel. On y croise “Synchronised”, voyage orchestral où l’amour flirte avec l’illusion, “Miami” qui regarde les catastrophes droit dans les yeux, ou encore “Dust Covers Everything”, plongé dans l’obsession de tout archiver. Ce n’est pas l’album que tu mets en fond pour faire la vaisselle, c’est plutôt celui que tu lances casque sur les oreilles, lumière tamisée.
Composé à Marseille puis enregistré au mythique studio CBE à Paris, où il a déjà ses habitudes depuis dix ans, le disque joue la carte du collectif. En effet, on retrouve Malik Djoudi sur la lancinante “Æthernité”, où les deux se demandent s’ils seront seuls “pour l’éternité” ou “réunifiés”. De l’autre côté, Meryem Aboulouafa revient pour sublimer “60fps” avec cette phrase qui reste en tête : “soixante images de toi circulent dans mes veines”. Ça pourrait être cheesy, mais non, ça claque.
Musicalement, Yan Wagner s’éloigne un peu de ses réflexes de nerd de l’analogique. On entend du santuur iranien, des synthés digitaux bien modernes, des violons et violoncelles qui bougent constamment. Le tout reste ultra cinématographique, fidèle à son mélange de synth-pop, de cold-wave et d’électronique sensible. Tu sens que le producteur, compositeur et chanteur franco-américain continue de chercher ce point d’équilibre entre intériorité et intensité, entre coeur battant et machines millimétrées.
Un disque taillé pour la nuit… et pour la scène
Si tu as déjà vu Yan Wagner en concert, tu sais que ses morceaux prennent une autre dimension en live. On imagine déjà “60fps” dans la setlist, avec la basse qui vibre dans la fosse et ces cordes qui te collent la chair de poule. Et on visualise sans mal “Synchronised” ou “Æthernité” comme de futurs moments suspendus, ceux où tout le public retient son souffle en même temps.
En attendant de vérifier tout ça sur scène, “60fps” fonctionne comme une parfaite porte d’entrée vers “Æther”. Tu peux y aller pour la collab prestigieuse, pour l’ambiance trip-hop nocturne, ou juste parce que tu as besoin d’un morceau qui te sort un peu du flux compressé des sorties du vendredi. Dans tous les cas, tu en ressortiras avec cette impression étrange d’avoir traversé un film en quatre minutes.
Maintenant, à toi de jouer : tu te laisses happer par ce nouveau Yan Wagner plus expérimental, ou tu préfères son versant plus frontal des débuts ? File écouter “60fps”, et viens nous dire si, toi aussi, tu as l’impression que le temps se met à tourner en haute définition quand le morceau démarre.
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