Si tu pensais que Defiled avait déjà tout donné, accroche-toi. Le quatuor death metal de Tokyo revient le 12 juin 2026 avec son neuvième album, “Altered State”, chez Season of Mist. Et dès les premiers riffs, tu sens que le groupe ne regarde ni dans le rétro, ni sur ce qui se fait ailleurs. Defiled trace sa route en solo, façon créature mutante de l’underground japonais, bien loin des clones US ou européens.

Un death metal venu d’une réalité parallèle

Depuis 1992, Defiled joue dans sa propre dimension. Bien sûr, tu entends les racines old-school, entre death des années 90, thrash 80’s et touches hardcore. Pourtant, dès que ça déroule, tout part de travers – dans le bon sens. “Altered State” pousse encore plus loin ce mélange tordu déjà esquissé sur The Highest Level et Horror Beyond Horror. Ici, les morceaux s’enchaînent comme un puzzle mouvant, où chaque riff décale le sol sous tes pieds.

Le single “Portal” résume bien la philosophie du disque. D’abord, ça attaque sur des riffs traditionnels qui te rassurent presque. Puis, sans prévenir, les changements de tempo arrivent, cassent tes repères et t’embarquent dans un tunnel technique franchement déroutant. De son côté, “Obsession” mise sur un groove changeant, presque hypnotique, qui tourne, se déforme, puis repart de plus belle. À chaque écoute, tu déniches un détail que tu avais raté la fois d’avant, un plan rythmique tordu, une cassure inattendue.

Malgré cette complexité, le disque garde un cœur death metal bien frontal. Les 14 titres restent courts, nerveux, sans remplissage. Entre “Dazed in Blindness”, “Necro-Force” ou “Apocalyptic End”, tu passes d’une rafale à l’autre, comme si la setlist avait été pensée pour ne jamais te laisser reprendre ton souffle.

Orwell, Stravinsky et chaos contrôlé

Là où Defiled se démarque encore plus, c’est sur le fond. “Altered State” s’inspire directement de 1984 de George Orwell. Donc, au lieu des sempiternels clichés morbides, tu te retrouves plongé dans une paranoïa très actuelle : surveillance permanente, langage manipulé, contrôle de masse. Les textes décrivent ce décalage flippant entre la science-fiction dystopique et ce qu’on vit tous les jours. Tu sens que la folie décrite n’est pas si loin de ton fil d’actus.

Musicalement, ça ne se contente pas non plus de cocher les cases extrêmes. Le groupe revendique une logique de composition proche du rock progressif, avec des structures imprévisibles et des rythmes piégeux. Par endroits, une influence à la Stravinsky vient jeter un peu plus de chaos dans l’ensemble. Pourtant, ce tumulte reste toujours sous contrôle, comme si Yusuke Sumita et sa bande tenaient fermement les rênes pendant que tout s’écroule autour.

Porté par la formation actuelle – Shinichiro Hamada (chant / guitare), Yusuke Sumita (guitare), Takachika Nakajima (basse) et Keisuke Hamada (batterie) – le groupe enchaîne les sorties costaudes depuis 2020. Après Infinite Regress, The Highest Level et Horror Beyond Horror, on aurait pu croire qu’ils avaient atteint leur plafond. Au contraire, “Altered State” sonne comme une nouvelle mue, encore plus agressive, encore plus tordue.

Pourquoi tu dois garder un œil sur “Altered State”

Si tu cherches un death metal confort, tu peux passer ton chemin. En revanche, si tu aimes quand ça secoue les neurones autant que la nuque, ce disque va vite devenir obsessionnel. Defiled ne se contente pas d’honorer la vieille école, le groupe l’aspire, la distord et la renvoie dans le futur avec un sourire carnassier.

Avec ses hooks vicieux, ses rythmes bancals et son univers parano, “Altered State” tape dans un angle mort du genre, là où peu de groupes osent encore mettre les pieds. Tu peux t’attendre à une claque aussi cérébrale que viscérale, taillée pour être rejouée en boucle à volume indécent. Entre deux écoutes, tu auras probablement envie de replonger dans 1984 pour capter toutes les références, histoire de voir à quel point la fiction et notre présent se superposent.

Alors, avant que le 12 juin n’arrive, tu sais ce qu’il te reste à faire : garder Defiled dans un coin de ta tête, préparer tes oreilles et te tenir prêt à “receive the power”, comme ils le hurlent sur le morceau-titre. Parce que cette fois, l’altered state, ce sera peut-être la tienne.


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