Si tu aimes le metal progressif qui ne rentre dans aucune case, garde bien ce nom : Hayokan. Le projet mené par Daniel Lee débarque en 2026 avec un nouvel album, “Heart of the Forest”, annoncé pour le 8 mai. Ici, pas question de recycler les mêmes riffs en boucle. Hayokan mélange tout : grosses guitares, nappes électroniques, percussions qui cognent, et même des influences de musiques du monde. Tu passes d’une ambiance ciné ultra visuelle à un tunnel sombre et hypnotique en un claquement de doigts. Et pourtant, l’ensemble garde une cohérence bluffante, comme une longue setlist pensée pour t’emmener loin.
Un voyage dense entre cinéma et chaos contrôlé
Avec “Heart of the Forest”, Hayokan continue d’élargir son terrain de jeu. Après l’EP “Of Bliss and Anguish” en 2025, très orienté orchestre et piano, puis “Songs of the Uncanny” aux teintes techno, electro et dark, ce nouveau chapitre plonge franchement dans le metal progressif. Cependant, le groupe ne lâche pas pour autant son goût pour les ambiances cinématographiques. Les morceaux sont pensés comme des scènes : tu entends les images avant même de les voir.
Dès “Hobson’s Choice” (en deux versions sur la tracklist), tu prends une claque. Les voix invitées de Sylvain Connier (DALI) et Charley Gouverneur (Soul Splitter) se croisent, se répondent, et ajoutent une tension dramatique qui fait monter la pression comme dans un final de saison. Ensuite, “The Nightmare of Being” poursuit la descente avec un côté presque cauchemardesque, soutenu par le didgeridoo de Dubravko Lapaine. Le son vibre, gronde, et tu sens littéralement le sol se dérober sous tes pieds.
Au fil de la tracklist, la structure reste très pensée. “Freaks of Salvation” et “Know Thyself” creusent davantage le versant introspectif. Ici, le metal se frotte à la philosophie. Les titres semblent te chuchoter que la vraie violence est parfois intérieure. Puis le triptyque “Uncanny Nonentities” (p1, p2, p3) se pose comme une sorte de suite conceptuelle. On y retrouve notamment le didgeridoo de Sylvain Bamdara sur la première partie, qui apporte une teinte chamanique et organique. Tu passes d’un paysage industriel à une clairière nocturne en quelques mesures. Tout s’imbrique, et la dynamique de l’album te tient en haleine jusqu’au bout.
Un collectif ouvert, entre metal, sciences humaines et expérimental
Ce qui rend Hayokan vraiment à part, c’est cette façon d’être à la fois un groupe et un projet collectif beaucoup plus large. À la base, il y a Daniel Lee, aux batteries, percussions et synthés. Autour de lui, Vivien Cheneveau (Carmen Sea) à la basse, Pierre Danel (Kadinja, Novelist) à la guitare, et Louis Viallet (Impureza, Evellion) à l’orchestre. Sur le papier, on pourrait presque parler de dream team. En pratique, ça s’entend très vite : chaque musicien injecte son ADN, et le metal progressif se nourrit autant de djent moderne que de musiques du monde ou de textures à la Massive Attack.
D’ailleurs, les influences sont affichées sans complexe : Volumes, Periphery, Goayandi, Massive Attack. Cependant, le résultat ne ressemble pas à un simple collage. Les riffs de guitare rappellent parfois la précision chirurgicale des scènes djent françaises, tandis que les pulsations électroniques viennent casser les codes et faire respirer les morceaux. Tu peux très bien headbanger sur une mesure, puis te retrouver à fermer les yeux sur un passage ambient la suivante.
Hayokan va même plus loin que la musique. Le projet puise dans la littérature et les sciences humaines, et s’étend à tout un univers parallèle : conférences, ciné-débats, expositions, écriture de poésies, proses, clips, vidéos, animations, et même sound design. En clair, l’album n’est qu’une porte d’entrée. Tu peux choisir de rester pour le son uniquement, ou de creuser les thèmes, les textes, les symboles. Dans les deux cas, tu sens que rien n’est laissé au hasard.
Un album à explorer, casque vissé sur les oreilles
Au final, “Heart of the Forest” s’écoute comme une traversée. Tu entres par un sentier balisé, puis tu t’enfonces dans un labyrinthe qui mélange metal progressif, électronique, expérimentations et émotions brutes. L’enregistrement a été réalisé au sein du projet Hayokan, puis confié à Fabien Devaux pour le mix, tandis que Pierrick Noel et Thibault Chaumont se sont occupés du master. Résultat : un son massif, précis, qui garde pourtant une chaleur presque organique.
Si tu suis déjà la sphère prog française, tu reconnaîtras sûrement quelques noms dans le line-up et les guests. Si tu débarques, c’est peut-être le bon moment pour plonger dans cet univers. L’album forme avec les sorties précédentes une sorte de triptyque mouvant : d’abord l’orchestre et le piano, ensuite la techno et l’electro sombre, maintenant ce metal progressif dense et habité. Tu peux piocher un titre comme “The Nightmare of Being” pour prendre la température, ou te laisser happer d’une traite par la tracklist complète.
En attendant, tu peux déjà jeter une oreille sur les plateformes où Hayokan commence à semer des extraits : Bandcamp, SoundCloud, YouTube, réseaux sociaux… Ensuite, on te prévient, il y a de fortes chances que “Heart of the Forest” finisse dans ta rotation régulière. Parce que ce genre de disque ne se consomme pas en fond sonore. Ça se vit, un peu comme un long set dans l’obscurité, où chaque titre rallume une lumière différente dans la forêt.
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