Adahy revient avec un nouvel EP, « 3°C », qui vient boucler une trilogie engagée démarrée avec « 1°C » et « 2°C ». En un peu plus de vingt minutes, l’artiste non-binaire trace un pont entre urgence écologique, colère intime et besoin de douceur, sur fond de pop moderne nourrie d’influences 80’s.


Une trilogie sous tension climatique
Avec « 3°C », Adahy referme un cycle entièrement construit autour du dérèglement du monde. Les trois volets, nommés comme les degrés qui séparent encore l’humanité du pire, racontent un futur qui n’a plus rien de lointain. Ici, la lucidité est frontale : il est question d’écologie bien sûr, mais aussi d’une société qui file droit dans le mur en refusant de lever le pied.
L’EP adopte le format court mais intense : 23 minutes pour faire le tour d’une planète à bout de souffle et d’âmes qui vacillent. Adahy y mêle questionnements politiques, regards sociaux et fissures intimes, comme si chaque bouleversement global trouvait son écho dans un corps, un cœur, un esprit.
La référence explicite au climat n’est pas qu’un décor : elle sert de fil rouge à cette trilogie où la température grimpe en même temps que la tension narrative. « 3°C » devient alors le symbole d’un point de bascule, ce moment où l’on ne peut plus faire semblant de ne pas voir ce qui se joue.


Pop 80’s, poésie directe et urgence intérieure
Musicalement, Adahy puise du côté des années 80, en citant des figures comme Balavoine ou Depeche Mode. On retrouve cette énergie dans l’EP : des synthés puissants, des lignes de basse organiques et des rythmes typés 80’s qui donnent envie de bouger la tête autant que de tendre l’oreille.
L’écriture reste au centre du projet. Poétique mais sans détour, elle navigue entre cri du cœur et constat froid. Des titres comme « Repartir à zéro » ou « Cap nouveau » s’attardent sur une humanité lancée à pleine vitesse, incapable de s’arrêter malgré les warnings qui clignotent partout. À l’inverse, « Laisser le temps » suggère une autre voie : ralentir, se ménager, respirer.
Cette tension entre rage et vulnérabilité se retrouve dans la voix, rocailleuse, habitée, toujours sur le fil. Adahy compose une pop hypersensible, « doucement vénère », qui parle autant à celles et ceux qui étouffent qu’à ceux qui cherchent encore les mots pour dire leur malaise.
Voitures, contradictions et besoin de soin
Sur « 3°C », la voiture devient un symbole fort. Dans des morceaux comme « Laisser le temps » ou « Cap nouveau », elle incarne une humanité accro au progrès, toujours plus rapide, qui sait pourtant qu’elle fonce droit dans le mur mais continue de passer les vitesses. Une image simple, parlante, qui résume ce paradoxe collectif.
Cette métaphore dit aussi nos contradictions personnelles. Difficile aujourd’hui d’être irréprochable sur le plan écologique ou social, et Adahy ne cherche pas à donner des leçons. L’EP rappelle plutôt que l’indignation et la lutte restent possibles, même quand on sait qu’on fait partie du problème. La musique devient alors un espace pour affronter ces tiraillements sans se mentir.
Au fil des morceaux, une idée s’impose : pour prendre soin du monde, il faut d’abord apprendre à prendre soin de soi. Dans ce paysage émotionnel où se croisent hommages nostalgiques comme « Daniel », cris de rage et pleurs à peine retenus, Adahy cartographie un « monde d’après » fragile, inquiet mais encore vivant. Un EP à écouter sur la route, fenêtre entrouverte, en se demandant dans quelle direction on veut vraiment aller.
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