Face au mastodonte des mégaconcerts et de leur impact économique et écologique mettant les Zéniths, stades et arènes sur le devant de la scène, les petites salles résistent et souhaitent prouver que l’avenir du live est entre leurs mains.

Les petites salles de concert souhaitent construire ensemble l’avenir du live. ©LIZA BIBIKOVA

Dans un monde où le gigantisme prime et s’empare de la musique, une poignée de résistants font face à l’irréductible capitalisme. Nichées aux quatre coins de la France, les petites salles font vivre une scène musicale diverse et émergente, laissant l’opportunité à des jeunes artistes d’exister sur les planches.

Une réalité excluante 

749 €, c’est le prix que certaines personnes ont dépensé pour assister à l’un des concerts de Céline Dion à La Défense qui auront lieu à partir de la rentrée. Des prix exorbitants qui ont affolé la toile reflétant une réalité bien installée. Ces dernières années, les prix des concerts ont largement augmenté, pour assister à un concert dans les plus grandes salles, il vous faudra compter au moins 80 € pour un billet, les chiffres gonflants pour les catégories suivantes. 

Des sommes que tout le monde ne peut pas se permettre, car à cela, il faut ajouter le coût du déplacement, la nourriture et l’hébergement pouvant se situer à des centaines de kilomètres du domicile. Plus qu’un concert, c’est toute une économie qui exclut une partie du public ne disposant pas des moyens financiers ou physiques pour s’offrir cette soirée. 

Une course au gigantisme qui impact directement les salles qui défendent un cadre plus intimiste. À Paris, les petites salles tentent de résister mais certaines ont dû rendre les armes face au mastodonte des mégaconcert. Le 27 juin, le tiers-lieu, La Flèche d’Or, fermera définitivement ses portes après avoir tenté de faire face à un équilibre économique fragile pendant plus d’un an. Le mois dernier, c’est l’emblématique salle du 11e arrondissement, l’International qui a fait ses adieux lors d’une soirée finale. 

Plus qu’une salle de concert

Des destins tragiques qui n’entachent pas l’optimisme et la volonté de résister des petites salles de France. Car la musique n’existe pas seulement dans la capitale, comme le démontre le travail de Victor qui réunit sur une même carte de France, les salles de concert, les médias et les groupes indépendants. 

 » C’est dans les petites salles comme la nôtre que le public peut découvrir leurs artistes préférés de demain  » défend Léa Lapendry, chargée de communication à Victoire 2. «  Il y a quinze ans, on accueillait Orelsan qui aujourd’hui remplie des zéniths dans toute la France « . 

Misé sur les jeunes artistes du coin et leur donner les moyens de réussir, c’est l’engagement de cette salle située à Saint-Jean-de-Védas qui grâce au label SMAC offre un accompagnement aux artistes locaux. «  Nous sommes la plus vieille SMAC de France, en 2027, nous fêterons nos 40 ans  » célèbre en avance la chargée de communication, un label qui permet au lieu de s’engager dans une  » mission d’accompagnement des artistes de A à Z. On propose des services professionnels qui vont de la structuration du projet jusqu’à l’enregistrement en studio grâce à nos équipements. «  Qu’ils soient amateurs ou professionnels, les artistes trouveront toutes les ressources matériels et humains nécessaires à la réalisation et la diffusion de leur projet au sein de Victoire 2. Et ceux pour des tarifs très attractifs allant de 3 à 6 € (pour les non-adhérents) l’heure en studio. 

Plus qu’une salle de concert, Victoire 2 s’engage auprès des artistes. ©Victoire 2

Mais la mission de Victoire 2 ne s’arrête pas là. Après les studios, c’est sur scène que les artistes doivent défendre leur projet. Trouver une scène où se produire en tant qu’artistes émergents, ce n’est pas une toujours simple, alors pour se faire la salle programme des artistes locaux en première partie des concerts programmés. Un coup de pouce pour ces derniers, leur permettant de trouver un public qui pourra par la suite le retrouver dans les scènes locales. Ces derniers ont aussi l’occasion d’élargir leur territoire grâce à des initiatives telles que SMAConnexion. En s’associant aux autres SMAC de la région, le Rio Grande à Montauban et les Docks situé à Cahors, Victoire 2 permets à quelques artistes de rencontrer un public différent et de faire ses armes sur une autre scène. 

Les petites salles comptent sur la curiosité du public pour écrire l’avenir du live. ©LIZA BIBBIKOVA

« Encourager le public à se laisser surprendre »

L’atout des petites salles, c’est aussi son accessibilité. En proposant des tarifs qui ne dépassent pas les 30 € tout au long de l’année, Victoire 2 permet à tous de se rendre à un concert au moins une fois dans l’année. Il est même possible d’assister à un événement sans débourser un centime puisque la salle organise des concerts gratuits tels que I Love Patio.  » Durant tout le mois de juin, trois artistes investiront notre espace extérieur, le patio, chaque vendredi, explique Léa Lapendry. Des soirées gratuites afin d’encourager le public à se déplacer et se laisser surprendre en découvrant des nouveaux artistes. «  

Le public a aussi son rôle à jouer dans l’avenir de la musique. Pendant que les plus grands festivals de France partagent une programmation très similaire, les spectateurs peuvent s’opposer à cette loi du plus fort et donner de la force à celles et ceux qui ont la volonté de réussir.  » Il faut encourager le public à combattre la paresse intellectuelle et renouer avec l’ouverture d’esprit et la curiosité  » défend la chargée de communication. Renouer avec une curiosité en s’investissant dans la vie culturelle, c’est une solution apportée par Victoire 2 qui s’inscrit à l’écart  » des salles de concert qui n’ouvre qu’à 19h, aborde Léa Lapendry. Tout le monde pour s’investir dans la vie du lieu à son échelle, Victoire 2 c’est avant tout un lieu de rencontre « . 

Dans les coulisses de Victoire 2, c’est toute une équipe qui fait vivre le lieu. Une équipe qui accueille à bras ouvert l’investissement du public. ©DYLAN GAUTHIER

Dans un contexte de crise climatique et de déséquilibre économique, le gigantisme impose des conditions mettant en péril l’avenir du live. Alors plutôt que de s’avouer vaincues, les petites salles contre-attaquent en rappelant que le live se joue avant tout au sein de leurs murs. Main dans la main avec le public, ces derniers souhaitent écrire l’avenir du live. Un live plus éthique et écologique qui mise sur la proximité !

Retrouvez encore plus d’articles sur Pozzo Live !

Vous allez aimer !