Kodaline tourne la page. Le groupe irlandais qui a marqué toute une génération avec All I Want fait ses adieux avec un ultime album, We Were Only Young, disponible le 2 octobre. Un disque pensé comme un dernier chapitre, entre nostalgie assumée et regard apaisé vers la suite.

Au lieu d’un best of paresseux, Kodaline choisit la voie la plus risquée : un album de nouvelles chansons, introspectif, émotionnel, qui ressemble à une lettre ouverte aux fans et à leur propre histoire.

Un dernier album comme un journal intime

We Were Only Young a été écrit sur quatre ans, une période clé pour Steve Garrigan, voix et plume de Kodaline. Mariage, deuil, doutes, décision de mettre fin au groupe : tout ou presque est passé dans ces chansons, parfois sans qu’il en mesure tout de suite le sens.

Ce disque parle de ce qui nous tombe dessus à tous un jour ou l’autre : l’amour qui construit, la perte qui dévaste, l’incertitude qui paralyse, mais aussi cette manière étrange qu’a le temps de remettre un peu de lumière. Steve l’explique lui-même : il espère que ces morceaux aideront quelqu’un à traverser ses propres moments difficiles, comme la musique l’a aidé, lui.

Sans pathos, l’album assume l’idée de la “fin du groupe”, mais sans amertume. On sent surtout une forme de fierté tranquille, celle d’avoir été au bout de l’histoire Kodaline en restant honnête jusqu’à la dernière note.

Entre ballades déchirantes et hymnes lumineux

Musicalement, We Were Only Young pioche dans tout ce que Kodaline sait faire de mieux. Les ballades sont là, évidentes, avec des arrangements acoustiques doux et aériens sur All I Ever Need Is You, ou ce piano teinté de gospel qui porte Learn To Lose. On retrouve ce sens de la mélodie qui prend à la gorge sans jamais forcer.

À l’autre bout du spectre, le groupe déploie encore de grands refrains taillés pour être chantés à pleins poumons. It’s Not Over joue la carte de l’hymne lumineux, tandis que Get Me High mise sur des harmonies vocales entraînantes. Vultures vient ajouter une énergie plus folk, presque jubilatoire, comme un dernier tour de piste.

L’album s’ouvre sur le puissant et sombre Who Will Save You Now, aux sonorités presque hantées, et se referme sur The One For Me, morceau à la fois lumineux et solennel. Entre ces deux pôles, Kodaline déroule une palette riche, cohérente, qui donne vraiment l’impression d’un voyage complet plutôt qu’une simple collection de titres.

Une lettre d’adieu pour celles et ceux qui ont grandi avec eux

Si tu as découvert Kodaline avec All I Want, sur la B.O. de Nos Étoiles Contraires ou au détour d’un épisode de Grey’s Anatomy ou The Vampire Diaries, We Were Only Young ressemble presque à un retour à la maison. On retrouve cette capacité à mettre des mots simples sur des émotions compliquées, sans cynisme ni posture.

Ce dernier album n’essaie pas de réinventer le groupe de fond en comble. Au contraire : il serre fort tout ce qui a fait leur force, et le pousse un cran plus loin en termes de sincérité. C’est un adieu, oui, mais un adieu qui regarde l’avenir avec douceur, en trouvant une certaine paix dans l’idée que chaque histoire a une fin.

Pour celles et ceux qui ont grandi, aimé, pleuré avec les chansons de Kodaline, We Were Only Young a tout d’un disque à écouter en entier, du premier au dernier morceau, comme on referme un livre important de sa vie. Sans bruit, mais avec beaucoup de cœur.


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