corto.alto d’un côté, Oan Kim & The Dirty Jazz de l’autre : deux sorties du 4 septembre qui montrent à quel point le jazz peut encore surprendre, bousculer, émouvoir et flirter avec d’autres mondes.

Entre les grooves tordus et ultra-collectifs de SOME SMALL FORTUNE et les paysages indie-cinématographiques d’Infinity Shakes, cette rentrée se joue quelque part entre club enfumé, studio de beatmaker et rêve éveillé.

corto.alto, le jazz qui casse les cases chez Ninja Tune

Derrière corto.alto, on retrouve l’Écossais Liam Shortall, producteur et multi-instrumentiste qui a déjà vu son premier album Bad With Names nommé au Mercury Prize en 2024. Avec SOME SMALL FORTUNE, toujours chez Ninja Tune, il pousse encore plus loin son laboratoire sonore.

Le disque navigue en permanence entre jazz contemporain, broken beat, soul, hip-hop et électronique. On sent autant l’écriture que l’improvisation, autant le travail de studio que l’énergie d’un groupe soudé. Rien n’est figé : les morceaux se déploient, se transforment, se répondent.

corto.alto assume un côté profondément collectif, porté par une impressionnante liste d’invités : anaiis, BINA., Mick Jenkins, Oscar Jerome, Vector, Erif, Jacob Alon et Terra Kin. Résultat : un équilibre rare entre instrumentaux denses et titres chantés qui restent en tête.

Sur des titres comme WHODIS avec Mick Jenkins ou dans les sessions live façon “THIEF”, corto.alto confirme un goût du risque et du groove qui parlera autant aux amateurs de jazz actuel qu’aux fans de beat music ou de néo-soul curieuse.

Oan Kim & The Dirty Jazz, entre Tom Waits, Radiohead et David Lynch

Avec Infinity Shakes, Oan Kim & The Dirty Jazz livrent un album qui ressemble à un film qu’on écouterait les yeux fermés. Treize titres, une matière indie rock bien présente, mais toujours traversée de jazz, de folk et d’images quasi cinématographiques.

Le groupe prolonge ici une trajectoire déjà saluée par la critique, mais franchit un cap : leur langage se fait plus assumé, plus singulier. On pense à Tom Waits pour le grain cabossé, à Radiohead pour la tension et les textures, aux zones troubles de David Lynch pour ce sentiment de rêve un peu inquiétant.

L’album s’offre aussi de belles rencontres : la présence de Melody Gardot sur “When Colors Turn Grey” ou celle d’Arthur Teboul renforce cette impression de disque habité, parfois fragile, toujours incarné. La récente connexion d’Oan Kim avec Feu! Chatterton nourrit également des titres comme “Milles Vagues”.

Infinity Shakes est de ces disques qui donnent envie de s’installer, de laisser tourner, de revenir sur certains morceaux pour en saisir toutes les ombres. Chaque écoute révèle un détail, un bruit, une ligne qui était passée sous le radar.

Deux façons de réinventer le jazz aujourd’hui

Mis côte à côte, SOME SMALL FORTUNE de corto.alto et Infinity Shakes d’Oan Kim & The Dirty Jazz tracent deux routes différentes mais complémentaires. L’un pousse le jazz vers le club, le broken beat, le hip-hop, avec une énergie de collectif en ébullition. L’autre l’emmène vers une écriture plus narrative, proche du cinéma et de l’indie rock.

Si tu viens du jazz, ces deux albums sont une manière de voir à quel point le genre continue de muter sans perdre son âme. Si tu viens du rock, de la soul ou du hip-hop, ils peuvent être une porte d’entrée idéale vers des formes plus libres, mais jamais arides.

Que tu cherches un futur classique à laisser tourner en boucle ou un disque qui se savoure comme un film nocturne, cette double sortie du 4 septembre mérite clairement une place dans ta playlist de rentrée.


Toutes nos autres actus par ici.

Reste branché avec Pozzo Live

Tu veux encore plus de lives, d’interviews, de découvertes et de pépites musicales ? Rejoins-nous sur nos réseaux sociaux :

On y partage ce qu’on ne peut pas toujours mettre dans les articles : backstages, reels, photos de concerts, et plein d’autres trucs cools.

Vous allez aimer !