Hadra Trance Festival 2026

Pour la troisième fois, nous sommes retournés au Hadra Trance Festival à Vieure dans l’Allier. Le festival commence dès le jeudi 27 août, mais le travail nous rattrape et nous n’arrivons que le vendredi soir. Et on l’a regretté ! Car après une journée de boulot et 2h30 de route, le contraste est assez radical :  nous voilà plongés dans un tout autre univers.

Et c’est peut-être ça qui nous fait revenir chaque année. Le Hadra tombe juste avant la rentrée, à ce moment un peu particulier où l’été sent très fortement la fin ! 

Bienvenue dans la cité Solar Punk

Cette année marquait le début d’un nouveau cycle pour le festival : **Les Chroniques Solar Punk**, une trilogie qui commence avec un premier chapitre baptisé La Graine. L’idée ? Imaginer un futur un peu plus optimiste, où nature, humain et technologie arrivent enfin à cohabiter correctement.

Dit comme ça, ça peut sembler un peu abstrait. Et pourtant, c’était le fil rouge du festival.

Il y avait PsychéFlor, un immense robot-jardinier rempli de plantes, de boutures et de petits écosystèmes, fabriqué à partir de ferraille et de matériaux récupérés et alimenté en partie grâce à des panneaux photovoltaïques.

Dans le Village, une grainothèque était installée en libre-service. Nous sommes malheureusement arrivés trop tard pour récupérer des graines, mais des festivaliers continuaient à y laisser des objets et petites choses à partager.

Et puis, à côté de toilettes, une autre construction avait commencé à apparaître. Rien d’officiel cette fois : quelques objets assemblés spontanément par des festivaliers. À chacun de nos passages, l’œuvre avait grandi. Quelqu’un avait ajouté quelque chose, puis quelqu’un d’autre, sans règle particulière ni véritable consigne. Une sorte de création collective née de rien, juste parce que plusieurs personnes avaient eu envie de continuer ce que d’autres avaient commencé !

A chacun son rythme

Ce qu’on aime surtout au Hadra, c’est cette impression qu’il n’existe plus vraiment de bon horaire.

La musique ne s’arrête quasiment jamais, mais ça ne veut pas dire qu’il faut danser pendant trois jours sans dormir. Au contraire. On peut passer de la Main à Paradoxe, découvrir au passage des sonorités qu’on ne connaissait pas — cette année, le Zenon pour nous — puis aller chercher quelque chose de beaucoup plus planant lorsque l’on a besoin de se poser.

La Bulle reste l’un des meilleurs exemples : on peut y danser, s’installer plus loin ou même finir par s’y endormir au petit matin. Quand au Cocon, on s’y laisse surprendre avec des sonorités expérimentales.

Le Village permet aussi de sortir un peu de la musique. Tout au long du week-end, des ateliers gratuits proposent de mettre les mains à la pâte : permaculture, fabrication de bombes à graines, découverte des graines germées, création de bijoux ou de fanzines, initiation au DJing et à la MAO, hula-hoop…  Là encore, l’idée du solarpunk devient un peu plus concrète : on expérimente, on fabrique, on échange et, surtout, on fait ensemble.

 

Le Hadra de Nuit

Dès la première traversée du site, les lumières, les installations et les spectacles de feu nous font directement basculer dans l’ambiance. Mais la frontière entre ceux qui regardent et ceux qui font le spectacle est perméable.

Au détour de la foule, des gens sortent leurs bolas lumineux et commencent simplement à danser. Autour des espaces dédiés au feu, même chose : certains jouent, d’autres les rejoignent et une petite performance collective se crée spontanément pendant que le reste du public s’installe pour regarder.

 

Cette dimension collective se retrouve un peu partout. Même dans des choses beaucoup moins spectaculaires.

Cette année, j’ai par exemple réussi à perdre mon téléphone après m’être allongée quelques minutes dans l’herbe. En revenant cinq ou dix minutes plus tard : plus rien. J’appelle mon numéro avec un autre téléphone. Un homme décroche. Il l’avait récupéré et était justement en train de l’emmener au point info ! Quelques minutes après, mon téléphone était de retour dans ma poche.

Ça paraît anecdotique, mais ça résume assez bien l’énergie du festival. Ça paraît anecdotique, mais ça résume assez bien l’énergie du festival. Un endroit où on se sent en confiance. Une sensation presque étonnante quand on sait l’ampleur du dispositif de sécurité déployé autour du festival cette année.

Même le crieur public participe à ce drôle de mélange. Les festivaliers déposent des messages dans une boîte, qu’il vient ensuite lire devant tout le monde sur la place. On passe d’une déclaration d’amour très mignonne à un message militant quelques secondes plus tard. Le Hadra Trance Festival reste un festival engagé et le monde extérieur finit toujours par se rappeler à nous.

C’est probablement pour ça que le Hadra Trance Festival est devenu notre petit rituel de fin d’été. Pendant quelques jours, on a l’impression de vivre dans une société parallèle, portée par des valeurs de partage, de bienveillance et de solidarité. Une parenthèse qui montre, à son échelle, qu’une autre façon de vivre ensemble est possible, même si elle ne dure que quelques jours.

Et juste avant la rentrée, ça fait quand même beaucoup de bien !

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