Lola Sauvageot revient avec Les Cigognes, un single en apesanteur qui parle d’amour toxique, de désir de maternité impossible et de cette seconde précise où l’on comprend qu’il faut partir. Un morceau en tension, prolongé par un clip animé à l’encre de Chine qui ressemble à un petit film de métamorphose.

Entre douceur et vertige, Lola Sauvageot signe un titre qui prend son temps, monte en intensité et finit par tout emporter dans une envolée psychédélique.

Un titre entre emprise, rupture et désir d’enfant

Les Cigognes s’ouvre comme un murmure et avance sur un fil : celui d’une relation où l’emprise a tout verrouillé. Les paroles fouillent dans la confusion identitaire, dans ces histoires d’amour qui grignotent peu à peu la peau, le cœur et l’estime de soi. Jusqu’à cette question qui claque : « quels mots pour me défaire de ta peau ? ».

Au milieu de cette relation impossible, un autre poids se fait sentir : celui d’un désir de maternité qui ne peut pas se réaliser. Le morceau capte ce moment suspendu où l’on sait qu’il faut s’en aller mais où l’on ignore encore comment faire. Rien de spectaculaire, juste cette prise de conscience qui change tout.

Musicalement, la chanson s’installe sur une ligne de basse aérienne et mouvante, des guitares qui se répondent et s’enlacent, avec en arrière-plan des effluves de thérémine qui ajoutent une légère étrangeté. Peu à peu, tout se dilate, les textures s’épaississent et Les Cigognes glisse vers une fin psychédélique, immersive, presque hypnotique.

Les cigognes, oiseaux de fuite et de renaissance

Au centre de l’univers de Les Cigognes, il y a évidemment ces oiseaux du passage. Chez Lola Sauvageot, la cigogne n’est pas simplement liée à l’image de la naissance : c’est surtout un symbole de fuite, de voyage et de liberté rêvée.

Leur vol dessine un double mouvement : l’espoir d’un envol salvateur, et la douleur de ce qui reste bloqué au sol. Elles passent au-dessus du paysage comme une promesse de renaissance, mais aussi comme le rappel d’une liberté encore inaccessible. Pendant que le cœur reste « sur la terre », l’esprit, lui, cherche déjà l’air.

Cette image irrigue tout le morceau, comme si les cigognes devenaient les témoins silencieuses de ce basculement intime. Elles regardent, passent, s’éloignent, laissant derrière elles l’idée qu’une métamorphose est possible, même si elle n’a pas encore eu lieu.

Un clip animé à l’encre de Chine, entre chat, escargot et papillon

Pour accompagner Les Cigognes, Lola Sauvageot dévoile un clip animé réalisé par Clothilde Evide. On y retrouve la chanteuse, aux côtés de son chat Ringo, à la fenêtre. Tous les deux regardent passer les cigognes et rêvent d’une vie au-delà des murs, quelque part là-haut, dans le sillage des oiseaux migrateurs.

Un escargot partage leur quotidien. Un jour, il se transforme en papillon. Ce petit miracle devient le déclic : inspirés par cette métamorphose, Lola, Ringo et le papillon se décident à quitter leur cadre et à rejoindre, eux aussi, le grand voyage des cigognes.

La particularité du clip tient autant à son récit qu’à sa fabrication. Tourné sur fond vert en studio, il a ensuite été intégralement animé à la main, image par image, à 12 images par seconde, à l’encre de Chine sur papier. Clothilde Evide puise notamment dans l’esthétique surréaliste de Man Ray (Les Mains Libres) et dans les dessins de Jean Cocteau, pour créer un noir et blanc sensible, presque onirique.

Résultat : un morceau en tension, un court-métrage animé tout en délicatesse, et une même envie d’envol qui traverse le tout. De quoi donner envie de suivre de près le prochain voyage de Lola Sauvageot.


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