En décembre dernier nous avons pu nous entretenir avec Nicolas Delestrade, bassiste et manager du groupe de metalcore Novelists FR. On a pu discuter du nouvel album du groupe, qui paraît aujourd’hui : C’est La Vie. On a donc pu parler de l’album lui-même et de la tournée à venir.

Pozzo Live : Votre nouvel album, C’est La Vie, sort le 24 janvier. Est-ce que tu peux nous raconter sa genèse ?

Nicolas Delestrade : En gros on est sortis du cycle de Noir. On avait fait un concept sur Noir, et on s’était dit “OK on est très contents de l’avoir fait mais on a pas envie de refaire ça”. Sur cet album là on voulais plus faire vraiment 10 morceaux sans vraiment de lien entre chaque. Vraiment on voulait faire 10 bons morceaux et les mettre dans un recueil, dans un album. On ne voulait plus que sur cet album il y ait d’histoire de concept, car on avait trouvé que les gens avaient eu du mal à s’y mettre. Noir c’est un album dans le quel il faut vraiment s’immerger pour l’aimer. Et on voulait un album où chaque morceau avait du sens séparément. Et du coup on s’est dit “OK on va faire un album assez vite alors !” Et je ne sais pas comment on a fait, mais on a mis 28 mois au final ! On a vraiment bossé comme des chiens dessus, on a bossé plus dessus que sur n’importe quoi qu’on ait fait avec Novelists avant, c’est le travail le plus long et le plus dur qu’on ait eu à faire depuis le début.

(Vous pourrez retrouver notre review de cet excellent album par ici !)

PL : On entend vraiment bien tout le travail derrière ! Et on sent que vous avez pas mal appris des groupes avec lesquels vous avez tourné comme While She Sleeps. Et vous rajoutez aussi beaucoup de prog dans le mélange. Quelles ont été vos inspirations pour l’album ?

Nicolas : Je pense ne pas me tromper en disant que ouais, While She Sleeps ont été une inspiration. Même si ça ne s’entend pas tellement parce qu’en fait on est un gorupe très différent de While She Sleeps, donc je trouve que l’inspiration n’est pas évidente. A part ça, je parle au nom de Flo qui écrit les morceaux, mais je pense qu’il essaye de s’inspirer mais il a du mal en fait. La plupart du temps il se pose avec son ordi et il fait ce qu’il a en tête. Et justement il a essayé d’écouter beaucoup de musique différente pour éviter de tourner en rond. While She Sleeps c’est un nom que je l’ai entendu prononcer donc ça a sûrement été une inspiration, ouais.

PL : Est-ce qu’il y a un morceau qui a été plus dur à mettre en place que les autres ?

Nicolas : Ouais, le seul morceau dont on n’est pas complètement satisfaits dans cet album, c’est le morceau qui s’appelle Rain. Pour te dire toute l’histoire, on était sensés avoir deux invités sur le morceau, et au final c’est tombé à l’eau et ça a pris beaucoup de temps. A la dernière minute, heureusement, le mec de Nubia qui est maintenant en feat sur le morceau nous a un peu sauvé la mise, mais du coup, le morceau avait plutôt été écrit pour les autres guests, et je pense aussi qu’on regrette la structure du morceau. On aurait aimé faire revenir quelques riffs… Il y a un autre morceau, Deep Blue, qui a aussi été plus long. Tu as des morceaux où le refrain va être une évidence, où on le pose, c’est bon et c’est bouclé. Il y en a d’autres où on a besoin de revenir plusieurs fois, et celui-là a été plus difficile que les autres.

PL : Votre troisième single, C’est La Vie est sorti aujourd’hui, et en commentaires on voit que tout le monde se demande qui est la chanteuse qui vous accompagne !

Nicolas : Alors cette chanteuse elle s’appelle Camille Contreras. En fait on l’a découverte alors qu’elle était pas censée apparaître sur l’album. On l’a découverte via un groupe avec le guitariste de Landmvrks qui est un très bon pote à nous, qui s’appelle Bliss Sigh, un groupe de folk avec juste une guitare et une voix. Et on adorait sa voix. Tu parlais typiquement de While She Sleeps, et s’il y a quelque chose qui m’a influencé chez eux c’est que j’ai toujours adoré que While She Sleeps dans l’album d’avant ils utilisaient pour quelques morceaux une voix féminine pour donner du relief aux lignes de voix. Et j’avais trouvé ça vraiment cool, et j’ai appelé Camille et j’ai dit “est-ce que ça t’intéresserait de venir au studio 3-4 jours ?” On harmonise tous les passages qui s’y prêtent, on harmonise avec sa voix pour avoir cet espèce de côté duo. Moi j’adore ce que ça donne ! Du coup elle est venue au studio, elle est venue deux jours où on a tout enregistré, et à la fin elle chante si bien, et on était si frustrés de pas avoir un passage avec juste sa voix où elle pouvait vraiment briller, qu’on a viré un couplet où Matteo chantait pour qu’elle ait son moment à elle. On voulait juste vraiment qu’elle ait son moment, ce qui n’était pas du tout prévu ! Et en fait c’est un de nos passages préférés de l’album. Parfois on ne prévoit pas les choses et elles se passent très bien !

PL : D’ailleurs tu as pu jeter un coup d’œil aux retours sur le single ?

Nicolas : Ouais on s’y attendait. On a sorti le truc on s’est dit que ça serait très clivant comme morceau. Tu vas avoir les gens qui nous connaissent bien qui savent qu’on a toujours au des ballades, qu’on a toujours eu cet aspect-là dans le groupe. Je pense que tous les vrais fans, les die-hard qui écoutent tous nos disques, ces gens-là ont l’air d’avoir tous aimé le morceau. Par contre on savait que les gens qui ne nous connaissent pas énormément, qui écoutent juste un morceau par ci par là, qui ont écouté Echoes, ou Under Different Welkins, ce genre de choses, on savait que ces gens-là allaient râler. Tu décides de sortir un morceau différent et tu as toujours plein de gens qui disent “ah ils ont en train de changer, ils sont devenus mous” alors que c’est un morceau, quoi. Toi t’as écouté l’album entier, tu sais que ça représente pas du tout le reste de l’album !

PL : Effectivement !

Nicolas : Mais tu auras toujours ces gens-là, on en était conscients. C’est désagréable mais du coup il faut être capable de se dire que ces gens-là ne sont pas les gens qui importent. Nous ce qui importe pour nous ce sont les vrais fans qui comprennent ce qu’on fait. Qui comprennent qu’on a différentes personnalités, différentes identités et qu’on y tient en fait. T’as des mecs qui disent “c’est en train de devenir soft alors qu’avant c’était un groupe vénère”. Pour moi on a jamais été un groupe vénère ! On est un groupe qui a écrit des chansons vénères et des chansons douces. On a toujours fait de tout et on a toujours voulu éviter de se mettre des barrières, donc là c’est complètement cohérent avec ce qu’on a toujours fait. C’est juste les gens qui connaissent pas très bien notre carrière, ou nos choix depuis le début du groupe qui ne comprennent pas qu’on prenne ces décisions.

PL : Au fur et à mesure j’ai remarqué que les gens donnaient des retours de plus en plus positifs, donc au fil des écoutes je pense que ça va être de plus en plus positif !

Nicolas : De toute manière je pense que quand tu écoutes Novelists, soit tu écoutes un morceau vénère et a priori c’est facile de se mettre dedans et tu le kiffes dès le début, et tu mets une grosse baffe aux fans. Soit tu décides d’écouter des morceaux un peu plus genre Headrush, un peu plus complexes, qui te mettent dans une atmosphère spéciale. Et ces morceaux-là tu peux pas les écouter juste une fois et dire que tu as adoré. C’est des morceaux qui doivent grandir et qui en suite font partie d’un moment de ta vie. Nous en tout cas c’est comme ça qu’on le ressent et qu’on l’écrit. Ce morceau il faut qu’il prenne le temps d’évoluer en toi et qu’il fasse partie intégrante de ce moment-là où tu as découvert ce morceau et où tu l’as écouté pendant quelques semaines ou quelques années tu vois, donc ouais effectivement je pense que ce sera un morceau qui va mettre du temps à être apprécié, mais nous ce qu’on voit c’est que sur les statistiques des écoutes, les morceaux qu’on a jamais sortis en single et qui ont bien marchés ce sont toujours des ballades genre Monochrome… Toutes les ballades ! Les gens ont toujours un intérêt particulier pour ces chansons-là alors qu’on les a jamais sorties en single ! Du coup on s’est dit “allez, cette fois on en sort un en single” !

PL : Sur l’album j’aime particulièrement Human Condition et Somebody Else, tu peux nous en parler un peu ?

Nicolas : Ouais, Somebody Else c’est ma préférée de l’album ! Elle est tout ce qu’est Novelists. Si on devait dire ce qu’est Novelists en un morceau, pour moi, c’est Somebody Else. Il y a des riffs riches, qui sont pas juste techniques, on a mis des refrains que je trouve très efficaces, elle est un peu progressive, il y a un solo… Tu vois, pour moi elle reprend tout ce qu’on sait faire. Human Condition c’est un morceau qu’on a directement pensé pour le featuring d’Aaron Marshall qui est dessus. C’est un morceau que je n’aimais pas particulièrement au début. Je l’aimais bien mais ce n’était pas forcément mon préféré. Et en fait à force de bosser dessus, les voix ont commencé à vraiment me plaire et le solo d’Aaron Marshall est vraiment juste génial ! On est vraiment fans du groupes Intervals, et pour nous c’est génial de l’avoir en feat ! Et du coup ouais ça devient de plus en plus un morceau que j’apprécie énormément !

PL : Tu es aussi manager du groupe, est-ce que tu aurais des conseils pour manager un groupe ?

Nicolas : J’y ai réfléchi hier parce qu’on m’a posé la question hier, et je me suis dit qu’à chaque fois que quelqu’un répondait à cette question, les gens disent “ouais, fais-toi confiance, fais confiance en ton intuition”. Et en fait je trouve que c’est un peu une réponse débile parce que ça sous-entend que si tu te fais confiance, tout va toujours marcher. Alors qu’en fait ce que les gens devraient dire, et ce que moi j’ai envie de dire maintenant quand on me pose cette question, c’est “fais-toi confiance, fais confiance en ton intuition, gère ton propre groupe, et en fait ton intuition elle va être mauvaise, beaucoup beaucoup de fois, surtout au début. Et en fait c’est le fait de te tromper qui fait que tu vas apprendre”. Mois ça fait 10 ans que je fais ça maintenant et j’ai fait erreur sur erreur sur erreur et ce qui me permet aujourd’hui d’en faire un petit peu moins et de savoir un petit peu plus vers quoi je me dirige. Je pense que c’est ça : “fais-toi confiance, aies confiance en ton intuition, pas parce que ça va être des succès, il va y avoir plein d’erreurs parce que c’est important qu’il y ait ces erreurs-là”. Il faut apprendre de ces erreurs-là en fait.

PL : Vous avez aussi tourné en Asie récemment, ça se passe comment dans ces moments-là ? Comment ça s’organise, avec la barrière de la langue etc. ?

Nicolas : En fait quand tu tournes en Asie, tu es vraiment pris en charge de A à Z. Tu vois on est arrivés au Japon, on tournait avec un groupe qui s’appelait Earthists, et le mec avait tout booké, donc on est arrivés, ils sont venus nous chercher à l’aéroport, ils ont posé nos affaires dans un van. Nous on a posé nos valises dans le van, on était conduits de tel endroit à tel endroit. Là pour le coup j’avais rien programmé à part les billets d’avion. Mais c’est des pays où tu peux pas programmer ça toi-même parce que comme tu le dis, personne ne parle anglais, il faut connaître la culture. Nous du coup on a posé nos culs et on était drivés de A à Z. Ensuite la Chine, pareil, on est arrivés, un mec de l’agence qui nous faisait tourner nous attendait à l’aéroport, il y avait un petit papier avec écrit Novelists, et ce mec il nous a pas lâchés du début à la fin de la tournée ! Ce qu’on faisait c’était le suivre.

PL : Ça doit être sympa de se laisser un peu guider comme ça !

Nicolas : Ouais ! Ouais surtout pour moi qui ai l’habitude de toujours justement leader ce genre de choses, tu vois, tout ce que j’avais à me dire c’est “OK je vais switcher mon cerveau sur off et suivre la personne” et c’est super agréable, c’est clair !

PL : Est-ce qu’il y aura une tournée de prévue après les dates de Chateauroux en février ?

Nicolas : Ouais, y a une tournée headline en mai qu’on va annoncer au mois de janvier je pense. On va essayer de faire pas mal de dates en France. Ensuite on va retourner en Asie, on va retourner aux US et on va sûrement retourner en Europe encore à la fin de l’année.

PL : Qu’est-ce qu’on peut attendre sur cette tournée ?

Nicolas : On a vraiment envie d’upgrader notre concert. On ne veut plus que ce soit juste de la musique, on a envie, vraiment, d’apporter une partie visuelle. Du coup le but sur cette tournée c’est d’investir beaucoup dans des lights et de faire vraiment un show visuel, que les gens sortent du truc en ayant vécu une expérience autre que juste de la musique.

PL : Quel groupe ou artiste tu aimerais qu’on interviewe ensuite ?

Nicolas : Les Landmvrks !

PL : Ce serait cool ! Tu les manages aussi, non ?

Nicolas : Ouais je pense qu’ils vont pas tarder à bosser, enfin ils ont déjà pas mal bossé sur un nouvel album, ça va pas tarder à devenir un petit peu sérieux. On se contactera pour ça !

PL : Enfin, qu’est-ce qui t’inspire en ce moment ?

Nicolas : Le mec qui en ce moment m’inspire particulièrement, c’est un mec qui s’appelle Dan Lancaster, qui est le mec que j’idolâtre depuis quelques années maintenant. Si je borne pas la question sur la musique, on va entrer sur de la philo pendant 4 heures !

Un grand merci à Nicolas Delestrade et à HIM Media pour cette interview !

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