Un vendredi de Graspop 2026 entre fatigue, découvertes et nostalgie

Après une première journée passée à courir entre les scènes et à lutter contre une chaleur particulièrement coriace, le vendredi du Graspop 2026 commence avec une question assez simple : est-ce qu’on va tenir quatre jours à ce rythme ?

La réponse est probablement non. Mais ça ne va évidemment pas nous empêcher de recommencer.

Pour cette deuxième journée du Graspop Metal Meeting 2026, la programmation nous oblige une nouvelle fois à jongler entre les différentes scènes. Black metal, punk, metalcore, rock alternatif et metal progressif. Le programme du vendredi est particulièrement éclectique.

Metal Dome en mode Queer

On démarre la journée avec TX2 sous le Metal Dome. Le groupe américain porté par Evan Thomas doit réveiller les foules qui serait encore assoupi.
Après une ouverture sur du Limp Bizkit le groupe prend rapidement possession de la scène. Les musiciens font le show, Evan danse dans tous les sens. Il demande un circle pit au début de Vendetta qui es joyeusement suivi. La tente n’est pas encore vraiment pleine, mais de la foule éparse remplie globalement l’espace. Evan et son guitariste Cam descendent dans la foule pour jouer au milieu du circle pit.
Les messages du groupes sont forts et clairs, défendre les opprimés de la communauté LGBT. Comme usuellement, une personne de la foule lance un drapeau trans au chanteur au début de Hostage, que celui-ci agite de droite à gauche. Le chanteur est étonnamment apprêté, avec notamment des genouillères dans son outfit. Vu les glissades qu’il enchaine on comprend ce choix vestimentaire.

TX2 © (Dorien Goetschalckx)

Ensuite direction la Marquee avec Old Man’s Child.

Old Man’s Child et Trivum

Les racines du black metal au Graspop 2026

Le groupe norvégien mené par Galder propose une entrée en matière assez différente de celle de la veille.
Old Man’s Child appartient à une génération essentielle du black metal scandinave. Le projet s’est construit autour d’un black metal mélodique et agressif, avec cette atmosphère froide qui rappelle immédiatement les grandes heures de la scène norvégienne.
Surtout, le groupe joue pour la première fois au Graspop.

Après Wolves in the Throne Room la veille, cette nouvelle plongée dans le black metal permet de mesurer les différences entre deux approches du genre. Là où les Américains privilégient les longues atmosphères et l’immersion, Old Man’s Child assume une approche plus directe et incisive.
Et ça fonctionne. La Marquee offre encore une fois un cadre idéal pour ce type de concert. L’ambiance y est plus concentrée. On est loin de l’immensité des grandes scènes et, justement, cette proximité renforce l’impression d’être dans une véritable bulle.

Dans le même temps les américains de Trivium performe sur la North stage. Nous avions vus le groupe en co-tête d’affiche de Bullet For My Valentine l’an dernier pour une tournée anniversaire. Le plus rapide set d’aujourd’hui se concentre sur leurs hits avec un sacré enchainement. Par ailleurs, pour rajouter un peu de chaleur à cette journée, des pyrotechnies seront lancées dès la première chanson et seront utilisées tout au long du set.

Les Sex Pistols avec Frank Carter

Le punk refuse de prendre sa retraite

Un peu plus tard, changement radical d’ambiance. Direction la South Stage pour retrouver les Sex Pistols avec Frank Carter.
Sur le papier, l’association peut surprendre. D’un côté, les Sex Pistols représentent l’un des groupes les plus importants de l’histoire du punk britannique. De l’autre, Frank Carter appartient à une génération beaucoup plus récente. Pourtant, le choix paraît finalement assez évident.

Sex Pistols and Frank Carter (© Rudy De Doncker)

Depuis ses années avec Gallows jusqu’à Frank Carter & The Rattlesnakes, le chanteur a toujours cultivé une présence scénique particulièrement intense. Il possède donc exactement ce qu’il faut pour reprendre ces morceaux sans donner l’impression d’assister à une simple reconstitution historique.
Never Mind the Bollocks appartient à une époque qui semble aujourd’hui très éloignée. Pourtant, les morceaux n’ont rien perdu de leur capacité à provoquer une réaction immédiate. On assiste à une rencontre entre plusieurs générations du punk.

We Came As Romans

Le metalcore prend le relais

Le groupe américain arrive avec un metalcore mélodique particulièrement représentatif de la scène des années 2010. Ici encore, le contraste avec le concert précédent est assez amusant. C’est aussi ce qui rend la programmation du Graspop 2026 intéressante.
Les demandes de mosh pit arrivent dès le deuxième morceau. Pour le titre Cold Like War le chanteur tente quelque chose d’innovant. Il demande au public de faire un circle pit autour de la structure contenant la régie. Le résultat est quelque peu brouillon, mais très joyeux cependant. Les slameurs sont également de sortie, et le chanteur David Stephens nous prouve qu’il peut alterner en un chant clair très aigu et des screams bien plus profonds.

Retrouvez notre interview du bassiste Andy Glass

We Came As Romans (© Eline Dresselaerts)

Breaking Benjamin

Puis vient Breaking Benjamin sur la North Stage.
Le groupe américain navigue depuis longtemps entre rock alternatif, post-grunge et metal. Leur musique mise davantage sur les mélodies et les ambiances. Après plusieurs concerts très physiques, cette approche fait du bien.

Breaking Benjamin (©Tim Tronckoe)

Le groupe fait sa toute première tournée européenne depuis sa création [en 1998 et premier album en 2002 !]. Il alterne entre festivals et concert en tête d’affiche et s’arrête aujourd’hui au Graspop 2026 ce vendredi 19 juin. Pour une partie du public, cette apparition constitue donc aussi une découverte.
Mais il semble également que bon nombre de fans se sont amassés pour enfin voir l’un des groupes iconiques de sa génération.
C’est simple dès l’ouverture I Will Not Bow, c’est un enchainement de hits. Une musique issue du jeu vidéo Halo introduit fatalement l’extraordinaire Blow Me Away. Il y a quelques nouveautés comme Something Wicked, bien accueillit. Mais bien entendu les inoubliables Dance With the Devil et The Diary of Jane font chanter le public à gorge déployée.

Alter Bridge et Leprous

La soirée avance et Alter Bridge arrive sur la South Stage. La bande de Myles Kennedy et Mark Tremonti vient faire sonner leur messe. Le groupe est déjà bien habitué des grandes scènes et c’est déjà son cinquième passage au Graspop. Le combo américain enchaine leurs titres les plus connus, Addicted to Pain voit des slameurs arriver. Puis Fortress est illustré en fond de scène par le visuel de la pochette de l’album du même nom.
Metalingus est toujours un plaisir écouter. Les notes mélodiques durent un peu sur Blackbird avant la conclusion du set sur Isolation.

Alter Bridge (© Rudy De Doncker)

En cours de route c’est au tour de Leprous d’arriver sur le Metal Dome. Le groupe norvégien évolue dans un univers difficile à résumer. Metal progressif, rock expérimental, mélodies atmosphériques. Leprous refuse assez largement de rester dans une seule case. Et c’est justement ce qui fait son intérêt.

Après les riffs directs de We Came As Romans et l’approche plus accessible de Breaking Benjamin, Leprous demande davantage d’attention. Les morceaux prennent leur temps. Les ambiances évoluent. La voix d’Einar Solberg passe d’une grande fragilité à une puissance beaucoup plus impressionnante.
Le Metal Dome permet aussi de retrouver une atmosphère plus intimiste. Après avoir passé des heures devant les grandes scènes, on retrouve quelque chose de plus concentré.

Leprous (© David Johnson)

Volbeat en conclusion

Minuit sonne et Volbeat débarque sur la South Stage pour terminer cette chaude journée. Michael Poulsen débarque avec une casquette et un polo Verstappen. La setlist est longue et l’on est prêt à donner de la voix. D’ailleurs tout le public fait de même sur Lola Montez.
Une grande avancée de scène est présente ce soir. Une guitare acoustique y est d’ailleurs installé pour Sad Man’s Tongue où Poulsen vient y chanter avec le public avant de finir sur sa guitare électrique. By a Monster’s Hand propose un morceau très énergique et vraiment très heavy.

Volbeat (© Dorien Goetschalckx)

L’ambiance sait se reposer avec For Evigt où le chanteur demande les lumières des téléphones. Egalement le retour de la guitare acoustique arrive pour le morceau au titre bien trop long : In the Barn of the Goat Giving Birth to Satan’s Spawn in a Dying World of Doom
The Devil Rages On voit les trois musiciens descendre sur l’avancée de scène pour jouer de front. Et c’est un circle pit spontané qui apparait sur le classique Still Counting.

Un vendredi du Graspop 2026 qui traverse plusieurs générations

Ce vendredi de Graspop 2026 aura finalement ressemblé à une petite histoire de la musique alternative.

Old Man’s Child nous ramène aux grandes heures du black metal scandinave. Les Sex Pistols replongent dans le punk de la fin des années 1970. We Came As Romans représente la génération metalcore des années 2010. Breaking Benjamin navigue entre rock et metal. Puis Leprous pousse la musique lourde vers quelque chose de beaucoup plus expérimental.

Difficile de faire plus éclectique.

C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants du Graspop Metal Meeting. Tu peux venir pour un groupe précis et finir par traverser plusieurs décennies de musique en une seule journée.

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