Joe Hisaichi était à la Paris La Défense Arena samedi 6 et dimanche 7 avril pour deux concerts déjà annoncés comme mémorables. Après une série de concerts donnés à la Philarmonie de Paris en 2022, le compositeur génial, indissociable de l’œuvre de Hayao Miyazaki, revenait pour un ciné-concert mettant à l’honneur les titres phares de sa carrière.

Dès 19h, la foule se presse aux abords de la Paris La Défense Arena. Beaucoup sont venus en famille, écouter la musique de Joe Hisaichi et on croise de toutes les générations. Quelques-uns sont même venus costumés, on peut ainsi voir un jeune homme en tenue de Pikachu, une fillette déguisée en Chihiro, ou bien encore quelques personnes qui rendent honneur à Mononoke. A l’intérieur, l’arbre-monde de Totoro s’affiche en géant sur un écran positionné en fond de scène. D’autres planches issues des films de Miyazaki défilent lentement.

La magie opère

joe hisaichi La Défense Arena

A 20h30 précises, le Royal Philarmonic Orchestra de Londres se met en place. Le public retient son souffle, puis applaudit en masse lorsque Joe Hisaichi entre sur la scène de La Défense Arena, accompagné de son premier violon. Après un salut timide, le maître s’installe au piano, et les premières notes du thème de Nausicaa envahissent la salle. La magie opère quasi instantanément. C’est incroyable de voir la musique prendre vie devant soi et de la ressentir physiquement. Cet effet est magnifié par la présence d’une chorale d’enfants et d’adultes, dont les voix apportent de la puissance à la musique subtile de Joe Hisaichi.

Le concert est organisé en mouvements, mettant chacun à l’honneur un film différent. L’écran diffuse en alternance des extraits de film, et des plans détaillés des musiciens. Après Nausicaa, c’est la musique de Kiki, la petite sorcière qui emplit La Défense Arena. Joe Hisaichi a procédé à quelques arrangements pour mettre en avant la harpe. L’adaptation utilise à merveille toute la dynamique qu’offre un orchestre symphonique. Nous avons même droit à un solo du premier violon sur le thème de Heartbroken Kiki, qui touche le public complètement  immergé dans la musique.

Différents instruments à l’honneur

joe hisaichi la défense arena grace davindson

Mononoke prend le relais à grand coups épiques de tambours. Des frissons me parcourent alors que ce thème, écouté tant de fois à la maison, envahit la salle. La chorale une fois encore donne une autre dimension à la musique, notamment sur le thème du démon. Sur Le vent se lève, c’est la mandoline de Marie Burou qui est à l’honneur, accompagnée au piano par Joe Hisaichi lui-même. C’est d’ailleurs remarquable de le voir diriger l’orchestre tout en jouant lui-même ! Loin d’un Karajan gesticulant et transpirant, Hisaichi guide son orchestre avec douceur et retenue, dans une démonstration de précision et de finesse.

L’orchestre est accompagné ce soir de deux chanteuses. Dans la première partie du concert, la cantatrice Alexandra Marcellier, dans une magnifique robe de soie blanche, interprète d’abord le thème de Mononoke. La traduction qui s’affiche sur l’écran est l’occasion pour beaucoup (moi y compris) de découvrir le sens des paroles. Elle revient ensuite chanter l’aria de Ponyo. Je regrette un peu le choix de Joe Hisaichi d’utiliser une voix d’opéra, qui donne un air un peu pompeux à son œuvre. Mais on ne peut que tomber sous le charme de cette performance. Le public de La Défense Arena ne s’y trompe pas et l’applaudit copieusement. Grace Davidson prête pour sa part sa voix claire et enfantine au thème de Chihiro dans la deuxième partie du concert.

Des réinterprétations pleines de surprises

Joe Hisaichi La Défense Arena

Après l’entracte, le marching band de la Garde Républicaine vient se positionner au pied de la scène de La Défense Arena, pendant que le choeur d’enfants, seul sur cène, entame l’air du Château dans le ciel. Deux chefs d’orchestre militaires sont posés derrière le premier carré de la fosse de La Défense Arena, et relaient les instructions de Joe Hisaichi. La Garde les accompagnera pour quatre titres, avant de se retirer en marchant.

Accueillis par un clapping du public, huit musiciens de l’orchestre reviennent dans une formation minimaliste. Ils accompagnent Joe Hisaichi qui s’est réinstallé au piano pour interpréter le thème de Porco Rosso. Puis l’orchestre complet se réinstalle pour une réorchestration du thème du Château Ambulant. Le corps des cuivres fait une prestation impeccable, félicitée par le chef d’orchestre.

Un final époustouflant

Bercé par la féérie de ce concert, on ne voit pas le temps défiler. A peine le temps de savourer la poésie de Chihiro, que la fin du concert s’annonce avec le film le plus connu de Miyazaki: Mon voisin Totoro. Le thème du vent est chanté par le chœur, dont les pupitres se lèvent tour à tour. Alors que les deux chanteuses reprennent en duo Eh let’s go, le chœur les soutient en canon. La musique monte en puissance, et le concert s’achève par une explosion de confettis. Après deux minutes de standing ovation, l’orchestre se remet en place le temps de deux titres. Joe Hisaichi remercie son public par l’intermédiaire d’un message diffusé sur l’écran, tandis qu’une assistante de la Défense Arena a toutes les peines du monde à lui remettre un bouquet de fleurs.

Joe Hisaichi La Défense Arena bouquet

Set list

NAUSICAÄ DE LA VALLEE DU VENT

  • The Legend of the Wind
  • Nausicaä Requiem
  • The Battle between Mehve and Corvette
  • The Distant Days
  • The Bird Man

KIKI LA PETITE SORCIÈRE

  • A Town with an Ocean View
  • Heartbroken Kiki
  • Mother’s Broom

PRINCESSE MONONOKÉ

  • The Legend of Ashitaka
  • The Demon God
  • Princess Mononoke (Soprano : Alexandra Marcellier)

LE VENT SE LÈVE (Mandoline : Marie Burou)

  • A Journey (A Dream of Flight)
  • Nahoko (The Encounter)
  • A Journey (A Kingdom of Dreams)

PONYO SUR LA FALAISE

  • Deep Sea Pastures
  • Mother Sea (Soprano : Alexandra Marcellier)
  • Ponyo’s Sisters Lend a Hand – A Song for Mothers and the Sea
  • Ponyo on the Cliff by the Sea

LE CHATEAU DANS LE CIEL (Marching band : La Garde Républicaine)

  • Doves and the Boy
  • Carrying You
  • The Eternal Tree of Life

PORCO ROSSO

  • Bygone Days

LE CHÂTEAU AMBULANT

  • Symphonic Variation « Merry-Go-Round + Cave of Mind »

LE VOYAGE DE CHIHIRO

  • One Summer’s Day
  • Reprise (Chant : Grace Davidson)

MON VOISIN TOTORO

  • The Path of the Wind
  • Hey Let’s Go (Chant : Alexandra Marcellier & Grace Davidson)
  • My Neighbor Totoro (Chant : Alexandra Marcellier & Grace Davidson)

Rappel

  • PORCO ROSSO – Madness
  • PRINCESSE MONONOKÉ – Ashitaka and San

Merci beaucoup à uGO&Play de nous avoir invités à cette soirée très spéciale ! Si l’actualité musicale vous intéresse, n’hésitez pas à lire nos autres live reports ainsi que nos chroniques d’albums !

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