On l’avait découvert à la Maroquinerie, adoré au Trianon, c’est aux Trois Baudets que Victorien avait donné rendez-vous au public parisien pour trois concerts intimistes, entièrement en acoustique. 

Sab

En première partie, c’est Sab qui prend place sur scène, assise au piano. C’est entièrement seule qu’elle nous interprète tout d’abord Heureux Heureux, dernier single de son premier album Plus peur de rien. Elle nous explique ensuite avoir écouté son ‘elle’ enfant : “j’ai écouté la petite Sab, j’ai pris un train pour me mener jusqu’à vous et c’est un peu comme si je m’étais arrêtée sur un quai pour me demander quelle était la destination”. 

C’est ensuite Quai du départ qu’elle entonne, début de ce voyage musical. Pour Dernier degré, elle nous raconte avoir écrit et composé un morceau pour raconter des fêtes peut-être un peu trop longues, ou du moins une mauvaise façon de la faire. Elle entonne ensuite Partir, avant de demander au public d’allumer les flashs de leurs téléphones.

Sab nous explique avoir fait la première partie du groupe Feu! Chatterton et avoir adoré voir le public faire ce geste exact sur la chanson suivante. Puisque le public des Trois Baudets s’exécute aussitôt, sans même attendre le début du morceau, c’est en riant un peu qu’elle nous confie qu’il faudra faire avec “si c’est pourri… tant pis !”. Pas de panique, cependant, puisque Les yeux miroirs conquit la salle toute entière. 

On se bat est, selon Sab, la chanson issue d’un amour malheureux qui l’a profondément marquée. Après celle-ci vient la dernière chanson de cette première partie. La jeune chanteuse en profite pour remercier Victorien et le public, avant d’entonner On n’a jamais su jouer, qui conclut parfaitement ce voyage au fil de ses titres. 

Victorien en toute simplicité

Comme il nous y a habitués, c’est une mise en scène très simple que nous dévoile ici Victorien. Un canapé, une table à côté, un piano droit surplombé d’une lampe. Au fond, on a un peu l’impression de se retrouver chez lui, dans son salon, et c’est tout à fait ce à quoi l’on pouvait s’attendre pour ce genre de concert très intimiste. Tandis que la scène est encore plongée dans le noir, c’est la voix du jeune chanteur qui résonne dans la salle : “J’ai beaucoup réfléchi à cette entrée, à savoir si je faisais quelque chose de grand ou pas. Je suis plutôt discret, c’est bizarre pour quelqu’un qui paie le loyer en étant sur scène.” 

Il se présente ensuite – comme si chaque spectateur n’était pas justement venu le voir – et nous annonce que ce soir, il s’apprête à nous raconter sa vie, en partant du début. Il apparaît alors, assis sur le canapé, guitare en main, et c’est avec Comme un enfant qu’il entame ce concert. 

Une fois ce premier morceau terminé, il salue son public, puis nous explique son idée : transformer ce concert en un voyage au fil de sa vie. En effet, comme il le dit si bien ; “vous connaissez mes chansons, mais je ne vous les ai jamais racontées.” Il avoue s’être récemment rendu chez ses grands-parents et y avoir retrouvé des cartons contenant de nombreux souvenirs rangés précieusement en grandissant. La chanson qui suit – tout à fait inédite, qu’il interprète avec Armand, son pianiste – raconte ce moment, ces cartons que l’on retrouve et ces souvenirs que l’on revit.

Puisqu’il vient de nous parler de la maison de ses grands-parents, Victorien en profite pour raconter le décès de son grand-père, qu’il adorait. Il confie n’avoir étrangement pas été touché au moment de le perdre, mais avoir été rattrapé par ses sentiments deux ans plus tard, et d’en avoir fait une chanson : Chez mon grand-père. 

La vie de son grand-père évoquée, il nous confie son admiration pour la relation qu’il avait tissée avec sa grand-mère, leur capacité à réparer beaucoup de choses “notamment leur relation”. Il explique avoir trouvé cela beau, et en avoir fait une chanson, qu’il entame alors : Les vieux cons. 

Dérouler le fil de sa vie

Comme s’il tenait une pelote de laine, Victorien déroule le fil de sa vie. Il nous confie son désamour du lycée, où il n’a apparemment pas beaucoup mis les pieds, mais qui lui a permis de faire de nombreuses rencontres. Il fait alors un constat. La vie est faite ainsi : toutes ces personnes qui l’entouraient à l’époque, il les a un jour vues pour la dernière fois. C’est ainsi qu’est née la chanson suivante, inédite, avec laquelle il se demande ce qu’il se passerait s’il les voyait tous à nouveau. 

Victorien se confie ensuite sur une période compliquée de sa vie. Il prend à témoin ses parents, présents dans la salle, et raconte le mal être assez profond qui l’habitait. Il évoque alors une jeune femme qu’il a rencontrée sur les réseaux sociaux et dont il n’a un jour plus du tout eu de nouvelles. La chanson suivante raconte cette histoire, qu’il a modifiée, en se demandant  “Si on s’était rencontrés dans un bar, ça aurait donné quoi?” Et c’est bien évidemment La fille du bar, chanson désormais classée parmi les favorites de son public, qui suit ces paroles. 

Le fil de sa vie continue de défiler, avec le premier amour et les premières erreurs. Oublier d’acheter un cadeau pour la Saint-Valentin se transforme en une chanson – Les fleurs. Il raconte également les débuts de relation amoureuse, durant lequel tout se passe bien, avec Au début. Puis bien sûr, arrive le moment où les choses commencent à aller moins bien, et il nous confie alors Ce qu’il reste, titre inédit. 

Les Trois Baudets se remplissent d’émotions alors que Victorien s’assoit au bord de la scène, pour se confier sur sa famille. D’abord, son père, pour lequel il souhaitait écrire un texte empli de reproches. Balade à deux ne l’est pas réellement, puisqu’avec le temps – comme il nous l’explique – Victorien s’est rendu compte qu’être parent n’est pas si évident qu’il paraît, et que ses parents ont fait de leur mieux. 

Et puis, une petite surprise. Une chanson postée d’abord sur les réseaux sociaux et sortie depuis en single. Moitié les mêmes raconte ce lien particulier que le chanteur entretient avec sa grande soeur – demi-soeur, qu’il n’a jamais souhaité considérer ainsi. Il sera rejoint, durant morceau, par Apolline, celle dont il chante qu’ils sont “moitié les mêmes, la moitié du temps”. 

Tout s’accélère

Petit à petit, Victorien se dirige vers la partie actuelle de sa vie. Il y parvient d’abord avec Il faudra, qu’il entonne après avoir remercié son public de le suivre. Il fait ensuite référence à la “petite exposition” qui lui a permis de se faire connaître : la Star Academy, ce n’était “vraiment pas grand-chose, pas stressant du tout”. En sortant de l’émission, il explique s’être retrouvé plongé dans un tourbillon difficile à gérer, et avoir dû apprendre très vite à naviguer ce monde nouveau. Cette période compliquée lui a inspiré le titre Plus rien, à nouveau inédit. 

Victorien évoque les rencontres faites par et pour la musique et invite Achile à le rejoindre sur scène. Contrairement à leur habitude, ils n’entonnent pas Tous les matins, mais Je te ferai des signes, issue de l’album récemment sorti d’Achile.

Embrasse moi, Danse dans Paris et Tous les matins suivent bien rapidement, et le jeune chanteur ne remercie à nouveau le public des Trois Baudets pour sa présence sur cette date qui conclue réellement sa tournée.

Victorien évoque ensuite sa tendance à beaucoup penser à demain, peut être trop, et sa peur de la solitude. Quand je serai vieux résonne alors, embarquant le public dans cet avenir imaginaire. A la fin, Armand quitte la scène, en éteignant la lampe posée sur le piano. Victorien se retrouve alors à nouveau seul face à son public, à qui il propose “un petit kiff”. Chanter, danser, et “s’en foutre”, durant 5 ou 6 minutes, pour bien terminer le concert.

Seules chansons qui ne seront pas en acoustique, Le temps perdu et J’veux pas repartir concluent parfaitement ce concert hors du temps. Avant de sortir définitivement de scène, Victorien avoue avoir adoré ces dates en acoustique, notamment pouvoir discuter avec le public sans métronome dans les oreilles. Il termine en disant espérer pouvoir recommencer prochainement ce format… Et l’on avoue avoir également très envie que cela se produise !

Setlist
  1. Comme un enfant
  2. Chanson inédite
  3. Chez mon grand-père
  4. Les vieux cons
  5. Chanson inédite
  6. La fille du bar
  7. Les fleurs
  8. Au début
  9. Ce qu’il reste
  10. Balade à deux
  11. Moitié les mêmes
  12. Il faudra
  13. Plus rien
  14. Je te ferai des signes (en duo avec Achile)
  15. Embrasse moi
  16. Danse dans Paris
  17. Tous les matins
  18. Quand je serai vieux
  19. Le temps perdu
  20. J’veux pas repartir

Vous allez aimer !