Black Sea Of Trees revient avec un deuxième album, Cult of the Sun, concept prog metal dense et habité où un soleil tout-puissant finit par se transformer en trou noir engloutissant le monde. Entre spiritualité dévoyée, violence sacrée et fin de toute chose, le groupe australien pousse très loin l’idée de l’album-récit.
Si tu aimes les grandes fresques à la OPETH, CULT OF LUNA, RUSSIAN CIRCLES ou KARNIVOOL, mais avec une vraie histoire à suivre du premier au dernier riff, ce disque risque de te happer longtemps.
Un roi élu par le soleil, promis à l’extinction
Cult of the Sun s’inspire de la vie et de la chute d’Akhenaton, pharaon hérétique fasciné par le culte solaire. On y suit un protagoniste choisi par un dieu-soleil pour renverser un ancien royaume et imposer une révolution spirituelle.
Porté par la promesse d’un pouvoir total sur la terre et le ciel, ce messie de métal grimpe les marches de la domination dans un mélange de dévotion et de violence. Mais plus l’album avance, plus les certitudes se fissurent : visions, rêves prophétiques et signes cosmiques annoncent une fin inévitable, jusqu’à ce que le soleil lui-même se mue en trou noir qui avale le temps, la matière, l’existence.
Le disque suit cette trajectoire : ascension sacrée, désillusion brutale, puis anéantissement complet. Le tout au service d’un questionnement obsédant sur la foi, le pouvoir et la façon dont on se piège soi-même dans ses propres cultes.


Desert metal, folk sombre et trous noirs sonores
Dès l’ouverture avec « A Red Dawn », Black Sea Of Trees installe une tension lente, presque paralysante, avant de tout faire exploser. Le pacte avec le dieu-soleil se signe dans les ruines de temples et de croyances, sur un crescendo violent qui renvoie autant aux guerres de religion qu’aux luttes intérieures pour briser ses propres limites.
« Servant to the Sun » embraye sur une structure plus directe, martiale, taillée pour faire hocher les têtes. Rythmes de marche, refrains expansifs, moment suspendu quasi hypnotique au milieu, puis un final en voix autoritaire qui colle parfaitement à la certitude messianique du personnage.
Au milieu du voyage, « Prophecy » casse le flux avec une parenthèse folk sombre : guitares acoustiques, spoken word dans une langue ancienne, et une prophétie qui résume toute l’arc narratif, jusque dans les hiéroglyphes de la pochette.
Plus loin, « Visions of a Crimson Moon » étire le temps avec de longues montées et descentes, riffs cycliques et presque dissonants qui évoquent la gravité d’un astre monstrueux. Le héros y rêve d’un serpent cosmique, d’un royaume réduit à l’os, sous un ciel régné par un trou noir – une vision qui sème un doute irréversible.
Un final cosmique et sans consolation
Sur la fin, le disque se resserre autour de la chute. « Omen » adopte une écriture plus immédiate mais chargée de motifs orientalisants et de guitare façon flamenco, pour annoncer le moment où le dieu-soleil révèle son vrai visage : non pas la lumière, mais la mort, la peur, l’effondrement de tout sens.
Le morceau-titre « Cult of the Sun » plonge dans le chaos intérieur, alternant riffs et tempos comme des accès de panique. Le protagoniste s’y découvre à la fois victime et auteur de la dérive, conscient d’avoir bâti lui-même le culte qui le dévore.
« Field of Reeds » offre un faux répit acoustique, presque nu, qui convoque le paradis égyptien pour mieux le refuser. Les cordes qui se désaccordent en fin de morceau évoquent littéralement l’effilochage de la matière et du temps.
Enfin, « Eclipse » ferme le rideau sur une longue marche répétitive, saturée de guitares qui se tordent comme si l’album lui-même était aspiré. Les dernières paroles acceptent l’extinction sans dieux ni après, avant de laisser place au son réel d’un trou noir capté par la NASA… puis au silence. En bonus, « The Dark Distance » prolonge encore ce vertige d’inévitabilité et de futilité, pour celles et ceux qui voudront rester un peu plus longtemps dans l’ombre de ce soleil noir signé Black Sea Of Trees.
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