Bleona a grandi en faisant la queue pour du pain dans l’Albanie communiste, avant de poser en couverture de Vogue, de défiler sur les tapis rouges des Grammy Awards et de signer un EP produit par Timbaland. Aujourd’hui, elle veut transformer cette trajectoire improbable en mission assumée : faire voyager la musique albanaise dans le monde entier.
Star dans son pays dès l’adolescence, exilée à Hollywood pour conquérir la pop anglophone, la chanteuse est en train de recoller toutes les pièces de son histoire. Et ce qu’elle prépare ressemble à un vrai tournant dans la carrière de Bleona.
De l’Albanie communiste aux clubs de Los Angeles
Née et élevée en Albanie, en plein régime communiste, Bleona garde le souvenir très concret des files d’attente pour le pain. Quelques années plus tard, c’est devant des foules de 100 000 personnes qu’elle chantera, portée par des millions de disques vendus et un statut de superstar nationale.
Cette première vie de popstar, elle l’a ensuite mise en jeu en partant à Los Angeles pour se frotter au marché anglo-saxon. À Hollywood, Bleona décroche un numéro 1 au classement Dance Club Songs de Billboard, apparaît dans la téléréalité « Euros of Hollywood », tourne au cinéma aux côtés de Nicolas Cage et Aaron Eckhart, et se rapproche d’un certain Timbaland.
Pendant que son image circule dans les clubs et à la télé américaine, une autre partie de son histoire disparaît petit à petit des radars : celle qui l’a rendue célèbre en Albanie. Un choix radical, qu’elle est en train de renverser.
Une popstar qui efface puis réécrit sa propre histoire
En arrivant à Los Angeles, Bleona a pris une décision rare pour une artiste déjà installée : retirer volontairement une grande partie de son catalogue albanais des plateformes. Clips à 50–60 millions de vues compris. En quelques clics, une bonne partie de sa carrière devenait presque introuvable en ligne.
Cette « amnésie » digitale, Bleona est aujourd’hui en train de la réparer. La chanteuse réenregistre et réinvente 20 de ses anciens titres pour deux nouveaux albums visuels. L’idée : redonner vie à ces morceaux qui l’ont construite, mais avec le regard et les moyens d’une artiste passée par Hollywood.
Parallèlement, Bleona ne lâche pas sa trajectoire internationale. Elle prépare un nouvel EP en anglais produit par Timbaland, histoire de continuer à jouer dans la cour de la pop globale tout en ramenant avec elle ses racines balkaniques. Deux mondes qu’elle ne veut plus opposer, mais faire dialoguer.
Vogue, Balmain, Timbaland : un moment charnière
Si tu n’as entendu parler de Bleona que récemment, ce n’est pas un hasard. La chanteuse vit un vrai « moment » dans sa carrière. Dernièrement, elle a enchaîné une apparition remarquée sur le tapis rouge des Grammy Awards, une présence à la soirée Vanity Fair des Oscars et une couverture pour Vogue México – Vogue Belleza.
Ce n’est pas tout : à l’automne, Bleona devient le visage d’une campagne mondiale Balmain Beauty. Dans la foulée, une nouvelle couverture de Vogue est annoncée, cette fois pour le numéro mode de septembre en Europe centrale.
Alors que les chanteuses d’origine albanaise (Dua Lipa, Rita Ora, Bebe Rexha…) dominent une partie de la pop actuelle, Bleona veut apporter autre chose : non seulement s’imposer à l’international, mais aussi globaliser la musique albanaise elle-même. En réouvrant son propre passé, elle entend prouver qu’une carrière ne se résume pas à une seule langue ni à un seul marché. Et si la prochaine vague pop venait, encore une fois, des Balkans ?


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