Et si la solitude que tu traînes devenait un morceau de darkwave hypnotique ? C’est exactement ce que réussit Lowsunday avec son nouveau single “Someone To Talk To”, extrait du très sombre “Low Sunday Ghost Machine – Black EP” sorti chez Projekt Records. Le duo américain transforme le manque de connexion en mélodie glacée, mais étrangement apaisante.
Un morceau sur la confiance brisée, entre ombre et sérénité
Sur “Someone To Talk To”, Lowsunday s’attaque à un sujet brutalement simple : le moment où tu crois enfin avoir trouvé un allié, et où tu découvres que c’est ta première blessure. La phrase “when you said you had my back, it was your first attack” résume ce basculement sans détour.
La chanson suit quelqu’un qui cherche juste une présence, puis se perd dans la dépendance affective et les signaux brouillés. Peu à peu, la façade se fissure, la confiance s’effondre, mais l’attachement reste. Cette contradiction nourrit tout le morceau et lui donne ce sentiment de calme étrange, comme une lucidité qui arrive trop tard.
Musicalement, le duo enveloppe ce chaos émotionnel dans un cocon de guitares en couches, de synthés austères et de feedback turbulent. On pense autant à Joy Division qu’aux textures shoegaze des années 90, mais avec une production qui garde les choses claires et tranchantes. C’est sombre, oui, mais jamais étouffant.
Des pionniers darkwave qui reviennent de loin
Si tu découvres seulement Lowsunday, leur trajectoire mérite un arrêt. Le groupe naît en 1994 sous le nom Low Sunday Ghost Machine, bien avant le revival post-punk et darkwave que l’on connaît aujourd’hui. Ils mêlent déjà guitares shoegaze, froideur synthétique et romantisme noir.
Puis, c’est le long silence : presque vingt-cinq ans de pause avant leur retour en 2025, cette fois comme duo. On retrouve Shane Sahene au chant, aux guitares, synthés, basse et batterie, épaulé par Bobby Spell à la basse, aux guitares et à la batterie. Ce come-back s’accompagne de nouvelles éditions de leurs albums cultes des années 90, “Low Sunday Ghost Machine” et “Elesgiem”, à nouveau mis en avant par Projekt Records.
En fin 2025, ils reviennent avec le “Low Sunday Ghost Machine – White EP”, salué jusqu’à se classer deuxième des meilleurs EPs de l’année pour Post-Punk.com. Le “Black EP” qui porte “Someone To Talk To” agit comme son versant plus obscur, plus frontal, et seulement leur deuxième sortie de nouveaux titres depuis 1999. Autant dire que chaque morceau compte.
“Black EP” : une nuit noire où l’on a encore envie de danser
Autour de “Someone To Talk To”, le “Low Sunday Ghost Machine – Black EP” aligne cinq titres taillés pour les cœurs sombres mais mélodiques. On y retrouve aussi “You’re So Wired”, “Shattered”, “This Is Not Heaven” et “Don’t Want To Dream Again”, qui jouent avec les mêmes contrastes entre énergie post-punk et spleen dreampop.
Le duo décrit ce single comme une plongée dans des zones “plus sombres, plus abstraites”. L’image des figurines à tête d’œil qui apparaissent renvoie à cette naïveté moderne : tout voir, mais ne rien comprendre vraiment, aimer “à vue” et ignorer que certains ne cherchent pas à être aimés. Pourtant, Lowsunday explique que le jouer leur procure une vraie forme de joie, comme flotter dans un océan calme en pleine nuit.
Le morceau prend encore un autre relief avec le clip signé Jer Herring. Les images accentuent la froideur délicate du temps présent, entre détachement, solitude urbaine et conversations qui ne connectent jamais vraiment. Lowsunday continue ainsi de relier trois décennies de darkwave et de shoegaze à un présent où la solitude se vit autant sur écran qu’en face à face.
Si tu cherches une bande-son pour ces moments où tu te sens entouré mais seul, Lowsunday vient d’en livrer une version particulièrement troublante avec “Someone To Talk To”. À écouter de nuit, de préférence, casque vissé sur les oreilles.

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