Lowsunday revient hanter les nuits solitaires avec Someone To Talk To, morceau phare de son Low Sunday Ghost Machine – Black EP, où darkwave et shoegaze se mêlent pour raconter une histoire de cœur brisé, de dépendance affective et d’isolement moderne.

Dans une brume de guitares noyées de reverb et de synthés glacés, le duo américain transforme la solitude en rêve noir, à la fois fragile, hypnotique et étrangement apaisant.

Un slow-burn sombre pour ceux qui se sentent seuls

Someone To Talk To suit une trajectoire émotionnelle que beaucoup reconnaîtront : chercher désespérément un lien, s’accrocher à la première main tendue… puis découvrir que la personne en face n’est pas celle qu’on croyait. La chanson explore ce moment gênant et douloureux où l’on réalise que l’attention reçue n’était pas forcément de la bienveillance.

Les paroles racontent une relation minée par la tromperie, la trahison et une dépendance émotionnelle qui s’accroche malgré tout. Lowsunday insiste sur cette contradiction : on peut continuer à aimer, à répéter “je t’aime”, alors même que la confiance est déjà en miettes. La phrase “when you said you had my back, it was your first attack” condense à elle seule tout le malaise du morceau.

Musicalement, le titre se love dans une atmosphère crépusculaire : tempos mesurés, guitares qui se dissolvent dans le feedback, synthés austères et chant habité. On est quelque part entre Joy Division, The Chameleons et une rêverie dreampop plus moderne, avec ce sentiment d’être à la fois très loin des autres et dangereusement proche de ses propres failles.

Le Black EP, versant sombre d’un retour attendu

Derrière ce single se cache une histoire de longue haleine. Né en 1994 sous le nom complet Low Sunday Ghost Machine, Lowsunday a mêlé darkwave et shoegaze bien avant le retour massif de ces sons. Après 1999, silence radio pendant près de 25 ans, jusqu’à une résurgence en 2025 et une série de remasters de leurs albums cultes Low Sunday Ghost Machine et Elesgiem.

Aujourd’hui réduit à un duo, Shane Sahene et Bobby Spell signent un vrai retour créatif avec deux EP complémentaires : d’abord le White EP, plus lumineux, puis ce Black EP, nettement plus ténébreux. Ce nouveau volet se présente comme leur statement le plus tranchant : guitares superposées, rythmiques tendues, synthés froids et sens du refrain accrocheur.

Aperçu avec les singles This Is Not Heaven et You’re So Wired, le disque déploie un tracklisting court mais dense :

  • You’re So Wired
  • Shattered
  • Someone To Talk To
  • This Is Not Heaven
  • Don’t Want To Dream Again

Entre post-punk, alternative rock, darkwave et dreampop, Lowsunday signe un disque qui sonne aussi bien comme la continuité des années 90 que comme une réponse à l’époque actuelle, saturée d’isolement et de faux liens.

Une beauté froide, entre clips, vinyles limités et héritage shoegaze

Autour de Someone To Talk To, le groupe soigne aussi l’image. Le clip joue sur la métaphore de figurines à tête d’œil, symboles de naïveté et d’amour “à vue” : on pense avec ses yeux plutôt qu’avec sa tête, on aime ce qu’on croit voir, sans voir ce qui se cache derrière. Le résultat colle parfaitement au thème du morceau : détachement, distance, malentendus et solitude qui s’infiltre partout.

Le Black EP est disponible sur les plateformes de streaming, ainsi qu’en vinyle limité (200 exemplaires) et en édition 7″ via leur label de toujours, Projekt Records. De quoi ravir les amateurs de beaux objets, autant que les fans de sonorités sombres et enveloppantes.

En parallèle, l’héritage de Lowsunday continue de se faufiler dans l’histoire du shoegaze : le groupe figure récemment sur le coffret 4 CD We Are The Beautiful, qui retrace deux décennies du genre. Mais c’est surtout dans le présent que leur musique frappe à nouveau : avec ces deux EP, Lowsunday prouve qu’on peut disparaître pendant des années et revenir avec une vision plus nette que jamais, prête à accompagner nos nuits blanches et nos cœurs cabossés.


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