Profiler revient cogner très fort avec “Shadow”, un clip officiel qui sent la sueur, la rage et les mauvais réflexes qu’on préfère d’habitude planquer au fond du crâne. Un titre brut, bardé de jurons, mais surtout traversé par une vraie question : que faire de cette petite voix intérieure qui sabote tout ?
Entre nu metal, grunge et rock alternatif, le groupe de Bristol continue de tracer son sillon abrasif, en s’adressant autant aux nostalgiques des années 90/2000 qu’à celles et ceux qui découvrent aujourd’hui cette énergie à fleur de peau.
Un “Shadow” qui parle à la part la plus moche de nous-mêmes
Dès les premières secondes, “Shadow” balance le ton : ça insulte, ça provoque, ça crache son malaise. Mais derrière le langage frontal, Profiler vise autre chose qu’un simple défouloir : ce “punk”, ce “freak show” et ce “motherfucker” qu’on entend dans le texte ressemblent surtout à un miroir déformant de soi-même.
Le morceau met en scène cette voix intérieure toxique, celle qui “parle bullshit mais ne délivre jamais”, qui alimente les démons, critique tout, nie la légitimité et pousse à la parano comme à l’auto-sabotage.
Fucked up little part of me
revient comme un mantra : ce n’est pas juste quelqu’un en face, c’est cette part de nous qu’on déteste mais qu’on nourrit quand même.
Et au milieu de ce chaos verbal, un aveu très simple arrive, presque désarmant : “All I really wanted was to feel like I’m enough”. Sous la carapace ultra agressive, Profiler met à nu un besoin de reconnaissance, d’empathie, de seconde chance. Le contraste entre la violence des images et la vulnérabilité du fond fait le vrai sel de “Shadow”.
Nu metal, grunge, alt-rock : une gifle pour fans de Deftones et Limp Bizkit
Musicalement, Profiler assume son héritage. Le groupe se revendique d’un “nu-metal-grunge-alt-rock” qui regarde droit dans les yeux la grande époque Seattle et l’explosion nu metal des années 2000. Si tu as grandi avec Deftones, Limp Bizkit, ou que tu t’es récemment plongé dans Spiritbox, Thornhill ou Loathe, tu es en terrain connu… mais avec un accent résolument actuel.
Guitares massives, rythmique lourde, variations entre passages scandés, flow presque rappé et envolées plus mélodiques : “Shadow” coche toutes les cases du banger prêt pour la scène. On imagine sans peine le titre en point d’orgue de set, repris en chœur, surtout sur les refrains plus introspectifs qui cassent la frénésie générale pour laisser passer un peu d’émotion.
Le clip, écrit par le groupe et réalisé par l’équipe proche qui accompagne Profiler, prolonge cette esthétique abrasive : tout est pensé pour coller au côté “freak show” et à la tension permanente entre rejet et fascination pour ce fameux “shadow”. On n’est pas dans le décor léché, mais dans quelque chose de physique, presque claustro, taillé pour la sueur des petites salles.
“Masquerading Self” : un EP pour ceux qui ont manqué le nu metal… ou qui en redemandent
“Shadow” est tiré de l’EP Masquerading Self, disponible en digital et en CD via le Bandcamp du groupe. Un projet sorti fin 2025, qui s’inscrit dans la continuité du premier album A Digital Nowhere et confirme l’envie de Profiler de porter haut ce “Nu-Metal reawakening” qu’il revendique.
Parti de Bristol comme un projet solo de Mike Evans, Profiler s’est structuré en véritable groupe avec Jay Evans à la guitare, Jacob Andrews à la batterie et Joe Johnson à la basse et au chant. Ensemble, ils ont façonné un son qui rend hommage aux pionniers tout en parlant clairement d’aujourd’hui : anxiété, sentiment d’illégitimité, besoin d’empathie plutôt que d’apathie, le tout emballé dans une production massive.
Si tu as l’impression d’être passé à côté de la vague nu metal de l’époque, ou si tu regrettes les énormes riffs sombres et les refrains à hurler, Profiler est clairement un nom à cocher. “Shadow” en est une porte d’entrée idéale : brut, direct, mais suffisamment habité pour donner envie de plonger ensuite dans tout Masquerading Self… et plus largement dans l’univers du groupe.
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