Sepultura s’apprête à tirer le rideau, mais pas question de partir en silence. Alors que la tournée d’adieu “Celebrating Life Through Death” retrace plus de quarante ans de riffs et de sueur, le groupe balance un dernier cadeau : un EP inédit, “The Cloud of Unknowing”, attendu pour le 24 avril 2026 chez Nuclear Blast. Tu t’en doutes, ce n’est pas une simple sortie de fin de carrière, c’est un vrai statement, une dernière décharge d’énergie brute pensée pour rester dans les mémoires.

Avec cet EP, un dernier cri avant le silence

Après plus de quatre décennies, 14 disques d’or et des passages dans plus de 80 pays, Sepultura aurait pu se contenter de feuilleter son propre best of. Pourtant, au lieu de s’asseoir sur sa légende, le groupe a préféré capturer un ultime moment de création. Et ce moment, c’est cet EP de quatre titres, enregistré à Miami dans les mythiques Criteria Studios, un lieu où traîne encore l’aura de sessions historiques tous styles confondus.

L’étincelle, elle arrive en 2024 avec l’arrivée derrière les fûts de Greyson Nekrutman, tout juste 23 ans et déjà une frappe de vétéran. Très vite, ce nouveau line-up fait le tour de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Amérique latine avec une setlist couvrant toute l’ère Sepultura. Et au fil des balances, des impros, des jams entre deux dates, les idées s’enchaînent. Andreas Kisser a encore des riffs en stock, Greyson dégoupille des plans jazzy, Derrick Green pose sa voix sur des ambiances inattendues. Forcément, à un moment, la question arrive : pourquoi ne pas immortaliser ça avant la fin ?

Du coup, le groupe se pose dix jours en studio avec le fidèle Stanley Soares à la production. Pas de pression, pas de date de sortie au départ, pas même de titres de morceaux. Seulement des idées qui fusent, des morceaux qui se construisent au feeling, presque comme un dernier bœuf géant mais totalement assumé. Le résultat, c’est un EP spontané, honnête, où l’on sent un groupe en fin de parcours, certes, mais loin d’être rincé. Au contraire, cette dernière incarnation respire encore la curiosité et la liberté.

Quatre titres, un adieu et beaucoup de tripes

Sur “The Cloud of Unknowing”, Sepultura condense tout ce qui a fait sa force, tout en se permettant quelques surprises. D’abord, tu prends “All Souls Rising”, un morceau qui tape droit devant, avec cette puissance directe que les fans connaissent par cœur, puis qui s’ouvre vers des passages orchestraux. Ce n’est pas juste un bourre-pif, c’est une montée en tension, presque cinématographique. Les paroles, elles, s’inspirent d’un livre de Madison Smartt Bell sur la révolte d’esclaves à Haïti à la fin du XVIIIe siècle. Mais Derrick Green élargit le propos et parle surtout de ce qui peut changer quand on dépasse les frontières de la race, de la religion, de la politique. Dit autrement, c’est un morceau sur la manière dont on peut se relever ensemble, mais aussi sur les batailles qu’on mène à l’intérieur de soi.

Ensuite, l’EP se fait plus introspectif. “Beyond the Dream” se pose comme une power ballad, avec des voix claires qui contrastent avec la rage habituelle du groupe. On entend un Sepultura réfléchi, presque contemplatif, sans pour autant perdre cette tension qui ne les a jamais quittés. Puis “The Place” débarque et ralentit le tempo. Là, les textes plongent dans le parcours des personnes exilées, arrivant dans un pays pour chercher un refuge, avant de se perdre dans une fausse sécurité nourrie de propagande. Progressivement, la déception se transforme en colère, puis en rejet de soi, avant cette prise de conscience où l’on sort de la haine pour rejoindre ceux qui partagent les mêmes idées. La structure du morceau suit ce chemin, en avançant lentement, en se densifiant, comme un orage intérieur.

Tout au long de cet EP, les influences plus jazzy de Greyson se glissent par touches et bousculent le cadre. Ce mélange donne une dimension nouvelle au son du groupe, comme un clin d’œil à ce que Sepultura aurait pu devenir s’il continuait encore dix ans. Pourtant, loin du simple exercice de style, “The Cloud of Unknowing” sonne comme une œuvre profondément humaine, sans filtre, sans calcul.

Un dernier EP à garder en mémoire

Au final, “The Cloud of Unknowing” ressemble à un adieu sans pathos, mais plein de lucidité. Tu sens un groupe qui sait que le rideau va tomber, mais qui préfère sortir avec une création fraîche plutôt qu’avec un simple rappel nostalgique. Avec cet EP, le quatuor signe une dernière déclaration d’intention : toujours engagé, toujours curieux, toujours prêt à prendre des risques, même au moment de quitter la scène.

Ce disque, tu ne vas pas seulement l’écouter pour cocher une case de plus dans la discographie. Tu vas y retrouver des échos de toutes les périodes du groupe, de la brutalité des débuts à la richesse plus moderne, en passant par cette conscience sociale qui a souvent alimenté leurs textes. En même temps, tu vas y entendre un Sepultura libre, débarrassé des contraintes, qui joue comme s’il était revenu au local de répète, mais avec quarante ans d’histoire dans les mains.

Quand le silence retombera après la dernière note de “The Cloud of Unknowing”, il y aura forcément un pincement au cœur. Toutefois, si tu aimes voir les grands groupes sortir par la grande porte, tu seras servi. Une ultime salve, courte mais intense, qui rappelle pourquoi Sepultura restera, longtemps encore, l’un des noms les plus respectés du metal brésilien et mondial.


Toutes nos autres actus par ici.

Reste branché avec Pozzo Live

Tu veux encore plus de lives, d’interviews, de découvertes et de pépites musicales ? Rejoins-nous sur nos réseaux sociaux :

On y partage ce qu’on ne peut pas toujours mettre dans les articles : backstages, reels, photos de concerts, et plein d’autres trucs cools.

Envie d’aller voir l’artiste en live ou d’acheter son vinyle ?

On t’a mis les meilleurs liens juste là (et oui, ça soutient Pozzo Live ) :

Tu ne payes pas plus cher, mais ça nous aide à continuer les interviews, les photos en fosse, les reports, et tout le reste ❤️

Vous allez aimer !