A Hope In Hell

par All Good Things

8
sur 10

Le collectif d’auteurs All Good Things, devenu groupe de rock, sort son premier album dans sa configuration définitive, A Hope in Hell, après avoir signé chez Better Noise Music.

C’est un parcours atypique qu’a eu All Good Things. A l’origine du projet on trouve le collectif de producteurs et auteurs Wizard of Oz, composé de Liz Hooper et Andrew Bojanic. Le duo a officié pendant plusieurs années en sous-marin derrière des noms prestigieux de la pop et du rock, comme Avril Lavigne, Britney Spears ou encore Halestorm, pour ensuite se reconcentrer sur des productions plus rock à destination du cinéma, de la télévision ou des jeux vidéos. S’associant pour l’occasion au chanteur et guitariste Dan Murphy, ils se sont fait un nom dans beaucoup de productions grand public, comme Bones, Criminal Minds, le jeu Mortal Kombat ou encore les événements de catch de la WWE.

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Sous la pression des fans qui voulaient entendre plus de son, le collectif sort un premier album Machines en 2017 après deux compilations Battle Rock et Battle Rock 2 de leurs meilleurs titres. Avant finalement de signer chez Better Noise Records et de produire A Hope in Hell, accompagnés du guitariste Miles Franco et du batteur Tim Spier.

A Hope in Hell, un son efficace

Ce qui frappe d’entrée à la première écoute de l’album, c’est son efficacité. Le ton est donné dès le titre d’ouverture Kingdom : des rythmiques de guitare bien lourdes et appuyées, quelques synthés discrets, des screams, des ruptures de rythme, des refrains tenus et faciles à retenir… On est dans le registre metalcore de stade. Ca donne envie de bouger, et le titre suivant Hold On nous garde dans l’ambiance. Sur beaucoup de chansons on se surprend à headbanger gentiment, et on s’imagine bien lever le poing et scander des “Oy ! Oy ! Oy !” avec la foule en délire, à défaut d’avoir appris les paroles.

Le titre suivant est le premier single de l’album, et c’est également une reprise d’un titre de l’album précédent Machines : For the Glory, le titre aux 100 millions de vues sur YouTube, revisité pour l’occasion avec Johnny 3 Tears et Charly Scene de Hollywood Undead. Une reprise qui n’apporte pas grand chose de nouveau, si ce n’est probablement le coup marketing et l’occasion de sortir de l’image licence music pour être adoubé dans la scène metalcore. 2 autres featurings sont présents sur l’album. Do It Now est accompagné par le rappeur de LA Hyro The Hero, tandis que The Comeback reçoit un coup de main de Craig Mabbitt de Escape the Fate. Si ça ne scream pas la scène numetal / metalcore, on ne voit pas ce qui pourrait aider plus.

Tout l’album est une petite bombe dans un ton qu’on prévoit dramatique : moitié Hans Zimmer, moitié numetal, moitié rock commercial – comment ça, 3 moitiés ça ne marche pas ? Il y a une grosse appétence pour les mélodies qui restent. Sirens en est le parfait exemple, taillé pour être crié dans les stades et repris en chœur. Undefeated et Lights Out suivent la même recette, et ça marche : ce sont mes 3 petits coups de cœur sur l’album. D’ailleurs, en parlant de numetal, Do It Now est sans doute celui qui en porte le plus les marques, collaboration de rappeur oblige.

Deuxième emprunt à l’album précédent, Machines nous est livré là quasiment à l’identique. Il s’intègre bien à l’ensemble, mais on se demande bien ce qu’il vient faire là, tant le groupe nous livre un contenu homogène et percutant.

Les plages s’enchaîne, et chaque titre est comme une autre vague qui vient délivrer sa puissance dans la face de l’auditeur. Pas trop le temps de respirer : Push Me Down et son ouverture indie qui apporte une touche d’originalité arrive déjà, et les déferlantes s’enchaînent jusqu’à The Comeback, 2e single de l’album dont le clip porte l’esthétique d’un Battlefield post-apocalyptique. Peut-être une référence à ces clips home-made par les fans bercés aux mélodies du groupe dans leurs jeux, qui l’ont poussé à se constituer et à tourner. Comme le raconte Hooper, “l’évolution du group a été entièrement dirigée par les fans qui nous ont sorti des studios. Ce sont vraiment eux qui ont dicté qui nous sommes, ce sur quoi nous écrivons, quel est notre son“.

S’il fallait donner une thématique générale à l’album, ce serait la survie dans un monde post-apocalyptique et le dépassement de soi. Rien que de bien normal pour un groupe qui a passé son temps à écrire des BOs de jeux et des musiques pour des événements. On imagine bien un Undefeated ou un End of the World utilisés dans des compétitions pour célébrer les vainqueurs. En attendant, A Hope in Hell, plage éponyme, arrive déjà et vient clôturer l’album avec un sentiment de mission accomplie.

A Hope in Hell, un manque d’originalité ?

Ce qui fait la force de A Hope in Hell est aussi sa faiblesse. A faire ce que désirent les fans, on ne développe pas son originalité, et c’est ce qui se passe pour cet album. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : c’est efficace, bien exécuté, entraînant, on a envie de l’écouter une deuxième fois. Mais l’ambiance générale donne dans ce “metalcore pop” dérivé du numetal, que des groupes comme Hollywood Undead ou Bullet for my Valentine ont développé et popularisé, et qui est repris depuis par des groupes émergents, comme Blind Channel (lire notre interview ici). Rien de bien nouveau sous le soleil, le groupe fait ce qu’il sait faire et le fait bien, mais sans prendre de risques.

On aurait aimé qu’il sorte un peu plus de sa zone de confort et développe un son plus personnel, qui avec son efficacité redoutable pourrait en faire un groupe majeur du genre. Souhaitons leur bonne route et espérons que les albums suivants soient un peu plus novateurs. En attendant, je retourne en prendre un coup !

L’album sort le 20 août chez Better Noise Music.

Tracklist :

  1. Kingdom 4:32
  2. Hold On 4:17
  3. For The Glory (feat. Hollywood Undead) 4:41
  4. Sirens 3:55
  5. Do It Now (feat. Hyro The Hero) 4:45
  6. Push Me Down 4:06
  7. Machines 4:44
  8. Undefeated 4:51
  9. Lights Out 4:10
  10. The Comeback (feat. Craig Mabbitt of Escape the Fate) 4:16
  11. Four Letter Words 3:47
  12. End Of The World 4:14
  13. A Hope In Hell

Ca vous a plu ? Alors allez jeter un oeil du côté de nos reviews et nos interviews !

A Hope In Hell

par All Good Things

8
sur 10

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