The Absence of Presence

par Kansas

9.5
sur 10

Kansas s’est imposé depuis de nombreuses années comme l’un des pionniers du rock progressif, de la même façon que certains Genesis, Yes ou encore King Crimson. Avec un premier album éponyme en 1974 et 15 albums studio au compteur, le groupe est de retour avec The Absence of Presence, disponible dans les bacs le 17 juillet 2020 sous le label Inside Out (la sortie initiale était prévue pour le 26 juin).

Pour beaucoup, la mention de Kansas n’évoquera que la bande son de la série Supernatural qui affichait le désormais culte Carry On Wayward Son. The Absence of Presence est une bonne occasion de palier cela, puisque je vous l’annonce tout net : l’album est excellent !

Mais commençons tout d’abord par parler de l’artwork. Le groupe nous a toujours habitué à des designs très détaillés, mais celui-ci est de loin le plus attirant jamais proposé. Très coloré et mettant en scène un homme totalement bleu avec des cheveux en cascade entouré de gouttelettes d’eau. Serait-ce là un Yacuruna tout droit issu des légendes amazoniennes ? Ce qui est certain c’est que ce personnage au premier plan contraste parfaitement avec le paysage verdoyant qui s’offre derrière, pour un rendu haut en couleurs !

Le cœur du sujet maintenant, c’est-à-dire le contenu de l’album !

Après une pause de 16 ans, le groupe avait reformé ses rangs en 2016 pour la sortie de son très bon album The Prelude Implicit, en embauchant Ronnie Platt au micro et Zak Rizvi à la guitare. Petit nouveau au clavier, Tom Brislin est arrivé en 2018 et rempli à merveille son rôle. De la formation d’origine, seuls restent Phil Ehart (batterie) et Rich Williams (guitare). Pour autant, Kansas conserve les éléments typiques qui ont fait son charme et sa réussite : des solos aériens et un violon omniprésent dispensé par David Ragsdale. Néanmoins, les autres instruments ne sont pas en reste puisque chacun d’entre eux est parfaitement audible, que ce soit la basse de Billy Greer ou le clavier de Tom Brislin. À propos de clavier, les sonorités utilisées sont très calquées sur un piano plus que sur un synthétiseur contrairement à des groupes comme Deep Purple ou Dream Theater avant l’arrivée de Jordan Rudess (excepté sur Animals on the Roof). Cela a pour effet de renforcer l’aspect « pur » et « parfait » de leurs musiques (The Absence of Presence, Memories down the Line, Never, The Song the River Sang).

Avec Throwing Mountains, le premier single de The Absence of Presence, Kansas s’aventure légèrement sur le terrain du metal. Pour la première fois le groupe propose des riffs bien plus agressifs qu’à son habitude et réussi son pari puisque ce titre est sans aucun doute l’un des meilleurs de l’album. Mais Throwing Mountains n’est pas le seul titre à proposer des riffs rapides : The Absence of Presence en est la preuve avec son solo virtuose.

L’album ouvre donc sur plusieurs innovations très réussies qui auront le mérite d’attiser la curiosité des fans de la première heure tout en accrochant sans aucun doute les petits nouveaux. En milieu d’album, retour sur des constructions plus classiques de ce qu’a pu faire Kansas par le passé, mais avec un petit je-ne-sais-quoi. Certainement grâce à la production d’enregistrement parfaite. En effet, la musique sur The Absence of Presence est remise au goût du jour, épurée. Certains puristes d’une musique plus « vraie », nostalgique du temps où l’on enregistrait dans le garage crieront au scandale. Mais n’est-ce pas l’une des caractéristiques du rock et du metal progressif que de chercher sans arrêt à atteindre la perfection ? Le débat reste ouvert.

Le groupe n’abandonne pas pour autant ses origines et propose toujours des ballades rock grâce à la magnifique voix de Ronnie Platt (Jets Overhead, Memories down the Line, Circus of Illusion, Never). Comme il était coutume autrefois, David Ragsdal vient lui aussi prêter sa voix pour un chant en chœur si caractéristique du groupe (Jets Overhead, The Song the River Sang).

À l’écoute de The Absence of Presence, une question se pose : et si cet album n’était que la première partie d’une nouvelle œuvre ? Deux titres peuvent laisser penser à cela : Propulsion 1, et The Song the River Sang. En effet, le premier est un titre instrumental de 2 minutes faisant penser à une sorte d’intro à un morceau plus long, un peu à la façon du célèbre Soldier Side de System of a Down. De plus, pourquoi avoir mis le chiffre 1 en titre ? Le second, clôt l’album d’une bien étrange façon : après un final très dissonant le titre s’arrête brutalement laissant l’auditeur quelque peu stupéfait.

Pour conclure, Kansas parvient à un retour en force grâce à un excellent album. Entre innovation et classique, The Absence of Presence démontre que les pionniers du rock progressif américain ont encore beaucoup à transmettre.

Vous pouvez bien évidemment commander l’album sur le site officiel du groupe ou vous le procurer dans tous les magasins de musique.

Vous pouvez retrouver toutes nos interviews ici. Pour nos chroniques, ça se passe .

Tracklist :

1. The Absence of Presence
2. Throwing Mountains
3. Jets Overhead
4. Propulsion 1
5. Memories Down the Line
6. Circus of Illusion
7. Animals on the Roof
8. Never
9. The Song the River Sang

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