Florescence

par Maisie Peters

8.5
sur 10

Il y a deux mois, Maisie Peters était de passage à la Cigale dans le cadre de son « Before the Bloom Tour« . L’idée étant de revisiter toutes ses ères précédentes avant d’accueillir son troisième album, Florescence, le vendredi 22 mai. L’album a malheureusement vu sa sortie repoussée d’une semaine, mais nous avons enfin pu le découvrir !

L’album s’ouvre sur Mary Janes et le thème est posé d’entrée : la vie n’est pas un long fleuve tranquille, Maisie Peters n’est pas parfaite… mais elle est amoureuse, alors est-ce que tout le reste a finalement de l’importance? « I’m not the coolest or the greatest in the club, who gives a fuck when I’m in love?« . C’est un début d’album plutôt mielleux, mais bien que ce premier morceau ne soit pas le plus marquant, il fait une introduction parfaite pour Florescence, aussi bien dans les thèmes abordés que dans la mélodie. Il est rapidement suivi par Audrey Hepburn. Lors de son concert à la Cigale, Maisie Peters expliquait au public que cette chanson venait s’opposer au premier morceau qu’elle avait écrit : Place We Were Made. Dans ce dernier, elle décrivait sa jeunesse, ses sorties, tout ce qu’elle rêvait de vivre, et les endroits où elle rêvait d’aller. Après avoir parcouru le monde, vécu tout ce qu’elle voulait vivre, dans Audrey Hepburn, elle décrit le bonheur de rentrer chez elle, se retrouver, vivre dans le calme et se contenter d’un quotidien paisible avec la personne qu’elle aime « So take me back to the country, to the hills and to the spires, I hate the after parties, I want forests, I want fires« . Si la chanson n’est pas un coup de cœur immédiat à la première écoute, elle le devient facilement en connaissant l’interprétation que la chanteuse lui donne. Et surtout, elle apporte une douceur qui fait beaucoup de bien ! 

L’album se poursuit avec Say My Name In Your Sleep. Ce dernier morceau est réalisé avec Marcus Mumford de Mumford & Sons, dont on sent l’influence country / folk dès les premières notes. Ici, on troque les morceaux de rupture que l’on pouvait trouver sur The Good Witch contre une version plus apaisée, plus mature. Au lieu d’être en colèrea après une rupture, ici, Maisie Peters analyse une relation passée avec recul et réflexion, en étant capable de se réjouir pour la personne qu’elle a connu par le passé…. en espérant toutefois que celle ci exprime des regrets. « You’re happy now, I’m happy for you, but I hope you say my name in your sleep« . L’influence de Marcus Mumford, très présente dans la rythmique du morceau, le rend dynamique malgré sa douceur. Après trois morceaux très calmes, le côté pop que l’on connait à Maisie Peters se réveille doucement avec Old Fashioned. Maisie Peters détaille tous les mauvais côtés de son ancienne relation. Le rythme monte crescendo au fil du morceau, le rendant plus marquant que ses trois prédécesseurs lorsque l’on découvre l’album.

florescence

Dommage, le rythme qui vient de se créer est quelque peu cassé par Houses. Ce titre est sans nul doute le plus oubliable de Florescence, souffrant peut être de son placement dans la tracklist. On oublie vite cette déception pour revenir sur un morceau plus rythmé, Kingmaker, premier featuring de l’album. Le titre est enregistré en duo avec Julia Michaels. Cette collaboration se présente comme une évidence ! Les voix des deux chanteuses sont similaires et s’assemblent à merveille. Dans ce morceau, elles évoquent les relations toxiques où les hommes brillent et se présentent en héros alors que les femmes, qui ont tout fait pour le mener à cela, restent en arrière plan sans être célébrées pour leurs mérites. « I put in everything, I called in every favour. But give a man one sword, he thinks that’s he’s a saviour. Guess I walked so you could run, all the way from me. Now you say you’re self-made, guess your memory’s fuzzy« . Ce titre catchy relance le rythme de Florescence, et est sans doute l’un des meilleurs de l’album. On poursuit sur Vampire Time, découverte en exclusivité lors du concert à La Cigale. Ici, on laisse de côté les relations passées, les ex, et la mélancolie. Dans le premier morceau, Maisie raconte que plus rien ne compte puisqu’elle est amoureuse. Avec Vampire Time, elle raconte comment elle a rencontré son petit ami actuel. La chanson est mielleuse, mais douce avec un petit air country qui reste en tête. Et la niaiserie fonctionne, car le refrain « I have to know what you’re doing tonight, and what you’re doing tomorrow, and the rest of your life? » reste vite en tête ! 

On continue sur l’enchainement pop qui est si bien lancé avec My Regards. Ce dernier est LE morceau pop de l’album, qui aurait même pu être le premier single pour lancer Florescence. On s’étonne même que celui-ci n’ait pas généré une quelconque trend sur les réseaux sociaux, tant son rythme infectieux est dansant et efficace ! Maisie Peters l’a dit elle-même, les paroles de ce titre ne sont pas à prendre au premier degré. Ici, la chanteuse britannique écrit sur sa relation actuelle du point de vue d’une fille présomptueuse, un poil jalouse, et vantarde : consciente qu’elle a le meilleur petit ami possible, personne ne doit l’approcher ! « God bless all of those other eyes, they can look but they can’t ever touch / Tell the rest of the world that he’s with me, the only air that he’ll breathe is my perfume. Send the boys and the girls of the city : best of luck, my regards, from his bedroom« . On sent que Maisie Peters s’est beaucoup amusée, autant dans la mélodie, dans le texte et dans la danse créée dans le clip qui va rester mythique lors de ses concerts. On retrouve ici toute la pop sur laquelle on a craqué avec The Good Witch. Le morceau n’est pas représentatif de ses talents poétiques, mais c’est une réussite absolue.

L’ambiance pop, amoureuse et heureuse s’en va très rapidement dès le début de You You You, que l’on a découvert comme premier single. Maisie Peters remet le couvert sur ce qu’elle fait de mieux : écrire sur une rupture difficile à dépasser, parce qu’elle voit la personne dans chaque endroit, chaque activité du quotidien, tout en étant capable de se rendre compte de la négativité que cela lui apportait. « I eat about you, so I weigh less than when we met / I sleep about you, dream of you two having sex/ I breathe about you, yeah, your name lives in my chest. My lips around you, you’re my constant cigarette« . Sur le ton d’une balade folk, elle écrit sans doute l’un de ses plus jolis textes et en fait sans doute le plus beau morceau de l’album. Après avoir collaboré à la mélodie de Say My Name In Your Sleep, ici, Marcus Mumford vient poser sa voix unique sur If You Let Me pour un second duo tout aussi réussi que Kingmaker. Sa voix et celle de Maisie s’accompagnent merveilleusement bien dans cette balade aux airs country où on essaie, une fois de plus, de se remettre d’une relation passée pour aller de l’avant. « I’ll be all right if you let me stay up all night to forget you« . On ne retrouve pas les accélérations ou montées en puissance qui sont si caractéristiques du style de Mumford & Sons, mais on prend tout autant de plaisir à écouter ce titre. 

On poursuit sur une ambiance similaire avec Flat Earther. Une fois de plus, la chanteuse analyse une relation passée dans laquelle elle s’est perdue en voulant croire toutes les promesses qui lui étaient faites, et se retrouve finalement face à la réalité : elle a cru seulement en ce qu’elle voulait croire, s’est fait des idées, et s’en rend compte. La chanson reste calme tout au long, excepté pour le moment clé de la chanson : un bridge qui n’a rien à enlever aux spécialistes du domaine telles que Taylor Swift ou Gracie Abrams. Bien que les « I – I – I » en boucle du refrain puissent paraître répétitifs, la mélodie nous emporte et la balade est magnifique. 

florescence

Tout comme au milieu de l’album, le rythme se relance avec la pop pure de Questions. Cette dernière aurait eu sa place sans le moindre doute sur The Good Witch car on retrouve quelque peu la Maisie Peters de l’album précédent dans ce morceau, toujours dans une version plus mature. « Now if I saw you, I’d just walk right past you, wouldn’t even stop you, wouldn’t need to ask you : Do you think about me? Do you think about us? Do you miss my pretty, my funny, my touch? Is it driving you mad? Are you keeping it up? Does she look like me? Well, of course she does« . Les questions sont sans doute celles qu’elle aurait posé à l’époque de The Good Witch, mais elle ne veut désormais pas s’y rabaisser. Le refrain rythmé et mémorable fait de Questions l’un des morceaux les plus marquants de l’album et présente un potentiel énorme pour les futurs concerts ! L’ambiance est la même que le morceau précédent avec Girl’s Just Flying. Le morceau est très pop, avec un petit air plus country. Après avoir passé toutes les étapes de ses émotions suite à sa rupture : la colère, la souffrance,  puis la réflexion, Maisie Peters ressort dans ce morceau avec une version guérie d’elle-même. Sa place à la fin de l’album est parfaite : on garde le thème de la floraison et ici, la chanteuse semble éclore en une nouvelle personne. « I don’t miss you, it’s like freedom, so keep your reasons, turns out I don’t need them. You lost sleep please, I lost seasons, but it don’t matter, love don’t ever fall out even. I’m not bitter, I’m not dying, I forget about you and I’m not even trying. They played our song, I keep driving. Can’t __ the girl cause the girl’s not biting, can’t hurt the girl cause the girl stopped crying, can’t get to the girl, now the girl’s just flying« . 

Florescence s’achève sur deux balades. Tout d’abord : You Then, Me Now, puis Nothing Like Being In Love. On reste dans le thème général de l’album pour cette conclusion : l’analyse d’une relation passée, mais sur la voie de la guérison. Le morceau de cloture est très mélancolique et résume parfaitement le double tranchant de l’album. Maisie Peters compare tous les bons côtés de sa relation actuelle, tout l’amour qu’elle ressent et reçoit, à sa relation passée en se rendant compte que finalement, ce n’était pas de l’amour, car elle le connaît vraiment maintenant. La chanson n’est pas la plus exceptionnelle mais tout comme Mary Janes qui était une parfaite introduction, celle-ci est la conclusion parfaite de Florescence. Le rythme légèrement crescendo de la chanson évoque presque les étapes de floraison de l’image de la petite fleur que l’on suit depuis le début de l’opus, refermée par tous les aspects négatifs qu’elle voyait d’elle-même (Mary Janes) qui a fini finalement fini de s’épanouir grâce à l’amour quelle a rencontré et le chemin qu’elle a parcouru. 

Ce qu’il faut retenir de Florescence :

Avec ce troisième album, Maisie Peters nous offre un mélange parfait de tout ce qu’elle sait faire à merveille. Des textes poétiques et mélancoliques, des mélodies tantôt country et douces, tantôt remplies d’une pop pétillante et dansante. L’artiste a grandi, et muri, et Florescence signe vraiment une nouvelle ère de maturité et d’épanouissement. Après avoir découvert quelques titres dans l’ambiance intimiste de la Cigale en ce début d’année, nous avons hâte de voir ce que Maisie Peters nous réserve pour une prochaine tournée. En effet, les morceaux les plus pop de Florescence s’annoncent très prometteurs en live ! Quoi qu’il en soit, nous serons au rendez-vous. En attendant, nous allons profiter pleinement de cet album printanier !

TRACKLIST
  1. Mary Janes
  2. Audrey Hepburn
  3. Say My Name In Your Sleep
  4. Old Fashioned
  5. Houses
  6. Kingmaker (feat Julia Michaels)
  7. Vampire Time
  8. My Regards
  9. You You You
  10. If You Let Me (feat Marcus Mumford)
  11. Flat Earther
  12. Questions
  13. Girl’s Just Flying
  14. You Then, Me Now
  15. Nothing Like Being In Love

Florescence

par Maisie Peters

8.5
sur 10

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