Movements revient avec un nouvel album, Happier Now, qui confirme la place des Californiens parmi les piliers du post-hardcore moderne. Sorti via Fearless Records, ce quatrième long format joue avec les tensions, les montées lentes et les explosions émotionnelles taillées pour les salles moites comme pour l’écoute au casque.

Le groupe de Southern California continue d’affiner sa formule : riffs mathy et dissonants, mélodies ultra travaillées, et ce sens du récit intime qui parle d’angoisses sociales, de rechutes et de petites victoires intérieures.

“Happier Now” : un nouveau chapitre sans renier les débuts

Avec Happier Now, Movements retrouve le producteur Will Yip, déjà derrière leurs précédents projets et habitué des grosses références du genre (Turnstile, Title Fight, Circa Survive). Objectif du groupe : reconnecter avec les premières couleurs de leur son tout en assumant les directions plus récentes, notamment depuis l’album RUCKUS! en 2023.

Le groupe explique avoir d’abord tâtonné avant de trouver le bon cap, jusqu’à ce que deux morceaux émergent comme boussole du disque : “Dissolve Me” et “Back In My Ways”. Ces titres ont servi de repères sonores pour le reste de la composition, comme si le groupe avait posé d’emblée les deux pôles de l’album : l’urgence nerveuse d’un côté, la mélancolie rampante de l’autre.

Happier Now sonne comme un moment charnière : assez mûr pour regarder en arrière, assez électrique pour continuer à bousculer les kids dans les pits. En parallèle, Movements retrouve la route des grands rendez-vous de la scène alternative américaine, jusqu’à remonter sur la Warped Tour, là où beaucoup les ont découverts.

“Dissolve Me” : anxiété sociale, riffs anguleux et refrain accrocheur

Premier morceau écrit pour l’album, “Dissolve Me” s’est imposé comme le single évident. Le titre aligne riffs tendus et anguleux, presque math-rock, sur lesquels viennent se poser des harmonies vocales lumineuses. Un contraste qui résume bien l’ADN de Movements : la nervosité du post-hardcore enrobée de mélodie ultra efficace.

Le chanteur Patrick Miranda décrit le morceau comme une confession sur ses comportements sociaux et la difficulté à gérer les interactions les plus banales au quotidien. Ces sensations qui s’accumulent, qui finissent par devenir paralysantes, jusqu’à donner envie “de se cogner la tête contre un mur”. Plutôt que d’exploser, le groupe canalise ces frustrations dans un morceau taillé pour faire sauter la fosse tout en parlant aux anxieux du fond de la salle.

“Dissolve Me” concentre aussi la progression sonore du groupe : plus affûté, plus assuré, mais toujours accroché à cette vulnérabilité qui avait séduit dès les débuts. Si tu dois commencer quelque part sur Happier Now, c’est par là.

“Back In My Ways” : la face sombre qui prend son temps

À l’autre extrémité du spectre, “Back In My Ways” joue la carte du slow burn. Le morceau démarre presque en retenue, avec des riffs fins, métalliques, et un chant posé, comme si le groupe retenait le déluge pour plus tard. Tout au long du titre, la tension grimpe sans jamais se relâcher vraiment… jusqu’au dernier tiers.

C’est là que tout lâche : les guitares se déchaînent, la voix se fissure, et le morceau bascule dans un torrent d’émotion typiquement post-hardcore. “Back In My Ways” va chercher les racines plus sombres et “tristes” de Movements, celles qui avaient marqué leurs premières sorties.

Miranda avoue d’ailleurs avoir d’abord rejeté ce titre, par peur de retomber dans ce côté plus plombé de leur musique. Mais le morceau a fini par s’imposer, lentement, jusqu’à devenir l’un de ses favoris du disque. Un peu comme ces chansons qui ne claquent pas dès la première écoute, mais qu’on garde pour les moments où ça ne va pas fort.

Avec Happier Now, Movements ne réinvente pas son histoire, il la prolonge en la rendant plus nette, plus assumée. Si tu suis la scène post-hardcore ou que tu cherches un album où ça parle vrai tout en cognant fort, ce disque mérite clairement une place dans ta playlist du moment.


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