Soft Science revient avec Sand, un cinquième album où les guitares montent en intensité sans faire disparaître la brume dream pop qui a fait la réputation du groupe californien. Dix titres qui parlent de cœur qui se fissure, de cycles qui se répètent, mais aussi de cette petite lumière qui refuse de s’éteindre.

Porté par une indie pop atmosphérique qui flirte avec le shoegaze, Sand alterne entre moments d’euphorie et passages plus troubles, comme si Soft Science nous faisait marcher sur une plage où chaque vague peut tout emporter… ou tout remettre à neuf.

Un disque entre brume et urgence

Originaire du nord de la Californie, Soft Science a peaufiné au fil des années un mélange de dream pop, post-punk, shoegaze et darkwave. Avec Sand, le groupe pousse le curseur un peu plus loin : plus de bruit, plus de tension, mais toujours ce sens de la mélodie immédiate.

Ici, les chansons avancent sans traîner, même quand elles parlent de ruptures et de doutes. Plutôt que de traiter le chagrin comme une fin, le groupe s’intéresse à ce qu’il se passe après : ce qui change, ce qui tient encore, et si deux personnes peuvent vraiment se retrouver.

Les guitares (souvent en 12 cordes), les nappes de synthés et les rythmiques droites dessinent un son à la fois ample et intime. Les fans d’Alvvays, Lush, The Sundays ou The Primitives devraient se sentir en terrain familier, avec cette touche plus nerveuse qui évite à la musique de se dissoudre dans la seule nostalgie.

Spinning, Fade, Understand… des cycles qui tournent en boucle

Trois singles donnent la température de Sand. Spinning ouvre sur la frustration de ces discussions qui tournent en rond, ces schémas qui se répètent jusqu’à l’épuisement. Guitares scintillantes, tempo pressant : on sent la boucle qui se resserre.

Avec Understand, Soft Science laisse entrer davantage de lumière. Le morceau, porté par une énergie pop très 90s, regarde le temps comme un allié, celui qui permet parfois de recoller les morceaux. C’est sans doute l’un des titres les plus immédiatement accrocheurs du disque.

Fade ralentit un peu le pas, tout en conservant un battement four-on-the-floor qui maintient la tension. Voix vaporeuse, paroles sur la mémoire qui s’estompe, les liens qui se transforment : le morceau joue la carte de l’intime, tout en restant étonnamment vaste dans son arrangement.

Tout au long de l’album, les textes reviennent sur cette sensation de tourner en rond – “spinning, circling, repeating” – mais laissent filtrer des phrases comme “there is hope for us”, “we find a way” ou “let in the light”, comme autant de petites résistances à la fatalité.

Une immersion complète dans l’univers de Sand

Composé par Katie Haley (chant, percussions), Matt et Ross Levine (guitares, backing vocals, synthés), Becky Cale (basse, voix) et Tony Cale (batterie), avec les textures électroniques de Hans Munz sur plusieurs titres, Soft Science fonctionne ici comme un vrai bloc : voix éthérée, guitares en couches successives, basse mélodique, batterie qui pousse constamment vers l’avant.

Voici la tracklist complète de Sand :

  • Spinning
  • Go
  • Fade
  • Without
  • Sand
  • Everything
  • Thread
  • Understand
  • Hope
  • Sway

Sur ces dix morceaux, le groupe explore la façon dont l’amour, la mémoire et même l’identité bougent sous nos pieds. Entre “Hope” et “Sway”, on se retrouve balloté entre lassitude et envie d’y croire encore, porté par des refrains qui s’incrustent doucement dans la tête.

Cinquième album après Highs and Lows, Detour, Maps et Lines, Sand ressemble à la version la plus concentrée de ce que Soft Science sait faire : des chansons brumeuses mais directes, où les pop hooks se frottent à des “vagues soniques” plus rugueuses. Un disque à mettre dans les oreilles si tu cherches un dream pop plus musclé, mais toujours fichu pour toucher en plein cœur.


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