Tough Love

par Nessa Barrett

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sur 10

A la suite de son EP Jesus loves a primadonna sorti le 20 mars dernier, Nessa Barrett nous offre un fabuleux cadeau en cette rentrée : son troisième album intitulé Tough Love. Sorti le 25 septembre, ce nouveau projet signe une toute nouvelle ère de sa carrière qu’on avait hâte de découvrir !

MAIS QUI EST NESSA BARRETT?

Janeisa Jaida Barrett, alias Nessa Barrett, avait 17 ans lorsqu’elle s’est faite repérer par Warner Records via Tiktok. Elle sort son tout premier single Pain en 2020.

Elle se retrouve rapidement au sommet  lorsque sort le hit  La Die Die Die en collaboration avec Jxdn en 2021.

Son succès grandit à la sortie de son premier album, Young forever, dans lequel figurent les singles Dying on the Inside, Die First (chanson dédiée à son meilleur ami décédé d’une overdose accidentelle) ou encore Madhouse.

Aftercare, son deuxième album, sort en novembre 2024. Il a d’ailleurs marqué un vrai tournant dans sa carrière, les mélodies électro-pop ont pris le dessus sur une ambiance plus douce et mélancolique des anciens projets. P*RNSTAR est même devenu un hit, propulsé notamment par Tiktok.

Cette année, la chanteuse ouvre pour The Neighbourhood dans les quatres coins du monde. Un rêve éveillé car elle a très souvent mentionné le groupe comme étant l’un de ses favoris. Elle a par ailleurs sorti un clip de la chanson Buffalo 66 en compagnie de Jesse Rutherford, chanteur de The Neighbourhood.

Et grande nouvelle ! Elle vient tout juste d’annoncer une tournée européenne pour 2027 !

SON UNIVERS MUSICAL

Nessa Barrett a, depuis le début de sa carrière, toujours abordé des sujets difficiles au sein de sa discographie. Ayant eu un passé complexe, les expériences et émotions de la chanteuse transparaissent vivement dans chaque chanson. L’amour, la souffrance, la mort et la fragilité de la santé mentale sont des thématiques récurrentes.

Ses différents albums nous embarquent dans une expérience sensorielle singulière et évolutive.

TOUGH LOVE

Son nouveau projet est sorti le 25 septembre dernier, on l’attendait avec impatience.

L’album est composé de 11 titres, pour une durée de 34 minutes. La chanteuse avait déjà sorti les singles Too Fast To Live, Too Young To Die et Bad Girls Never Die, qui ont rapidement conquis son public. Elle a également défendu Dracula sur scène durant la tournée de The Neighbourhood. Pas encore sortie en format digital à ce moment-là, l’écouter en live pour la première fois était un privilège qu’on a eu la chance de vivre le 8 septembre dernier à l’Accor Arena.

Dracula est une des chansons les plus énergiques de son album. Funfact : le début du refrain commence avec un sample de la rythmique d’Arabella, chanson du célèbre groupe Arctic Monkeys.

On entame l’écoute avec la chanson éponyme de ce troisième album. On embarque de suite dans une ambiance mêlant folk et pop. Moins d’électro, mais la mélodie est toujours aussi entraînante. Si l’on devait résumer cette chanson en une phrase, cela serait “es-tu prêt à vivre un amour intense et difficile ?”.

Puis vient Too Fast To Live, Too Young To Die, qui évoque également un amour risqué, dans lequel on s’aventure en sachant qu’on peut en souffrir in fine. La mélodie est enivrante, en l’écoutant on a envie de conduire à toute vitesse et de vivre intensément un amour dangereux qui nous consume, en se confrontant inévitablement à une fin tragique. Dracula est du même acabit. La chanteuse se dit prête à mourir pour cet homme, ce vampire qui est en train de la dévorer de l’intérieur. Mais elle reste, tant son amour pour lui est fort. Elle est prête à tout pour l’aimer.

For you I bleed, for you I die – Dracula

Fetish est plus intime. La chanson commence par la mention de sa tentative de suicide il y a 7 ans. La notion de la mort est très récurrente au sein de sa discographie. L’ayant presque vécue, il s’agit d’un sujet très intime, et la chanteuse n’hésite pas à se livrer sur ses plus grands démons. Elle évoque sa renaissance en quelque sorte (“Suicide girl seven years ago, came back now I’m Marilyn Monroe”). Elle se confie également sur le fait qu’elle souffre du trouble de la personnalité borderline (“I’m not high baby it’s just bpd“), et utilise celui-ci dans cette chanson sous la forme d’un instrument de séduction : un fétiche.

L’amour ressenti à travers toutes ces chansons est d’une intensité telle que la souffrance en devient prédominante. La chanteuse évoque une relation presque toxique, où la violence psychologique et même physique (la mention d’un pistolet est très récurrente) est presque désirée. Only For You caractérise ces pulsions. Elle risquerait tout pour cette personne, quitte à s’infliger le pire.

Glamorous est encore plus brut. Par désir de devenir une star, elle raconte être passée par des moments horribles (nuits d’hôtel passées avec des hommes de 12 ans plus jeunes que son père), tout en assurant que peu lui importait, tant qu’elle se sentait  “glamour” à la fin. Comme si ce passage était obligatoire pour parvenir à la gloire et la célébrité.

Dans Bunny, elle prône son indépendance face à la possessivité des hommes qu’elle a rencontrés. Au contraire, elle s’élève au rang divin, insinuant qu’elle est intouchable, inaccessible. Comme si la souffrance engendrée par ces relations toxiques et intenses lui avait dérobé tout espoir de trouver le vrai amour, celui qui élève plutôt qu’il ne détruit.

Candy rejoint cette désillusion, en mentionnant sa naïveté face aux véritables intentions de ses précédents prétendants.

Silly little me, thinking love was more than sex work – Candy

“Love is such a sin” est une strophe qui contrarie ses aspirations divines, ce qui montre qu’elle prend conscience de sa méprise sur la réalité de ses relations amoureuses. 

Mais elle continue de souffrir en restant dans cette désillusion par intérêt. Ce qui laisse comprendre que l’amour n’a jamais été une option dans la tête de ses partenaires.

I’m not crying if I’m dancing

Pay me, baby, call me Candy – Candy

Coming Home Again revient sur des bases plus saines. Après être passée par des déceptions et souffrances terribles, elle décide de rentrer à la maison. De rentrer auprès de la personne qui n’était pas comme tous les autres. Mais elle ignore s’il l’attend encore. Mais l’espoir est de retour.

Nous revenons ensuite sur cette volonté de devenir célèbre avec God Gave Me Expensive Taste. Elle explique à ses parents qu’elle a toujours été attirée par les flashs et les caméras. “Dieu m’a donné des goûts de luxe” traduit explicitement ce désir brûlant de vivre dans l’opulence et la gloire.

Bad Girls Never Die conclut l’album avec brio. Tout y est : sa fragilité mais aussi son désir de rester jeune et insouciante et de tout faire pour parvenir à ses fins, quoiqu’il en coûte.

Ce projet traduit une soif intarissable de vivre, quitte à ce que ses désirs crus et fiévreux la consument.

La description de Tough Love qui figure sur le site officiel de la chanteuse résume très bien ses aspirations : “chaque chanson représente différentes formes d’amour, nous plongeant dans les parties les plus sombres et difficiles de celui-ci.”

MON RESSENTI

J’ai trouvé cet album grandiose, où le storytelling continue à chaque chanson. Nessa Barrett est une étoile montante de la musique qui va aller très loin. Son esthétique est sombre, crue et très mélancolique, mais aussi débordante d’amour et de passion. La chanteuse pose son cœur et ses peines sur la table à chaque titre. L’authenticité de ses paroles et la qualité de la production sont du miel pour mes oreilles et mon esprit.

On conclura cette chronique par une citation de la chanteuse à propos de ce projet :

It’s a vulnerable story for those who are tough to love and love that’s tough to find

(traduction : “C’est une histoire émouvante pour ceux qu’il est difficile d’aimer et pour l’amour qui se fait rare.”)

TRACKLIST :

Retrouvez Nessa Barrett en tournée dès 2027 !


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Tough Love

par Nessa Barrett

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