Hollywood Undead était présent au Graspop 2026. Nous avons eu l’opportunité d’interviewer George « Johnny 3 Tears » Ragan et Jorel « J-Dog » Decker. Jordon « Charlie Scene » Terrell s’est également joint à l’interview en cours de route. Retour sur un sympathique échange.
Pozzo Live : Comment ça va ? Tout le monde va bien malgré cette chaleur de folie ?
J-Dog : Oui, mec. Il fait chaud. Vraiment très chaud. Hier, on a joué un concert où il faisait environ 43°C sur scène. C’était encore pire qu’ici. Donc finalement, ce n’est pas si terrible aujourd’hui.
Pozzo Live : Vous êtes actuellement en tournée des festivals. Est-ce plus stressant de ne pas avoir uniquement votre propre public devant vous, ou au contraire est-ce plus détendu ?
Johnny : C’est très fun. C’est différent. On a suffisamment de fans pour ne jamais avoir l’impression d’être là par erreur ou de se demander ce qu’on fait ici. Il y a toujours beaucoup de gens qui nous connaissent, et en plus on joue devant un nouveau public. Cet aspect-là est vraiment cool.
Mais jouer ses propres concerts reste ce qu’il y a de plus agréable, parce que tout le monde est là spécifiquement pour toi. C’est juste différent.
Pozzo Live : Votre dernier album est sorti en 2022, puis plusieurs singles sont arrivés depuis, dont All My Friends récemment. Écrivez-vous au fil du temps, ou avez-vous déjà assez de matériel pour un nouvel album ?
Johnny : C’est plutôt étalé dans le temps. On écrit constamment. Ça ne s’arrête jamais vraiment.
J-Dog : On a probablement une vingtaine de morceaux actuellement qui ne sortiront même pas. Je pense qu’on va faire un nouvel album. En attendant, on sort des singles, mais les chansons publiées ne figureront pas dessus. Elles existent simplement pour être partagées.
Johnny : Le prochain album sera composé entièrement de nouveaux morceaux originaux.
Pozzo Live : Comment vous organisez-vous pour l’écriture, et surtout pour savoir qui chante quoi ?
Johnny : On se bat.
J-Dog : Oui, on se met des gants de boxe et on règle ça comme ça !
(rires)
Johnny : Honnêtement, ça se fait assez naturellement. En général, on sait déjà qui conviendra à telle ou telle partie. On écrit tous les refrains ensemble, ainsi que les grandes lignes mélodiques. Ensuite chacun connaît les qualités des autres et sait généralement qui sonnera le mieux sur tel passage.
Pozzo Live : Johnny, il y a deux ans vous avez enregistré un morceau avec TX2. Ils étaient au festival hier et disaient beaucoup de bien de vous. Est-ce important pour vous d’aider les jeunes artistes ?
Johnny : Oui, bien sûr. Toute personne qui essaye de réussir dans cette industrie mérite du soutien lorsqu’on est en mesure de l’aider. C’est extrêmement difficile de percer. Les chances qu’un groupe y arrive sont très faibles. Quand on peut donner un coup de main, il faut le faire.
Nous-mêmes avons bénéficié de ce genre de soutien. Par exemple, Avenged Sevenfold nous a beaucoup aidés à nos débuts. C’est précieux parce qu’on admire ces personnes et qu’on peut apprendre d’elles ou recevoir leurs conseils. Donc oui, je trouve que c’est toujours une bonne chose.
Pozzo Live : On imagine que vous êtes content de voir les Dodgers en tête actuellement ?
Johnny : En réalité … pas vraiment. Bien sûr, ils gagnent, mais ils gagnent surtout parce qu’ils dépensent plus d’argent que tout le monde. Et ça, je n’aime pas trop. Ce n’est pas naturel. Dans la plupart des sports, il existe un plafond salarial.
Les Dodgers dépensent tellement qu’ils peuvent simplement recruter les meilleurs joueurs. Du coup il n’y a plus vraiment de fidélité. Alors oui, je suis heureux qu’ils gagnent, mais ce n’est pas la sensation que j’espérais avoir.
Pozzo Live : Ça ressemble un peu à certaines équipes de football qui achètent toutes les stars.
Johnny : Exactement. Ils ne forment pas les joueurs depuis leur jeunesse jusqu’au plus haut niveau. Ils signent simplement les plus gros chèques. Et si quelqu’un en propose un encore plus gros, les joueurs partent ailleurs.
Donc ce n’est pas vraiment organique. Mais bon, c’est toujours mieux que lorsqu’ils perdaient constamment, ce qui a été le cas pendant longtemps.
Pozzo Live : Y a-t-il un endroit où vous n’avez jamais joué et où vous rêveriez d’aller ?
Johnny : Nous n’avons jamais joué en Irlande. Nous avions pourtant une date prévue là-bas, mais nous avons dû l’annuler pour autre chose.
On parlait justement de l’Afrique du Sud. J’adorerais y jouer. J’aimerais aussi aller en Turquie, à Istanbul. Il existe beaucoup d’endroits où les groupes ne vont pas forcément souvent. On sait qu’on a des fans là-bas, mais on n’y passe jamais.
J-Dog : La Croatie.
Johnny : L’Afghanistan.
J-Dog : Ou la maison de la mère de Charlie…
(rires)
Pozzo Live : Après vingt ans d’existence, qu’est-ce qui a le plus évolué selon vous ?
J-Dog : Franchement, après toutes ces années, je suis encore en train d’apprendre. Chaque fois que j’ai l’impression d’avoir compris quelque chose à la vie, je me rends compte que ce n’est pas le cas. Tout est toujours en construction.
Johnny : Mais il y a une chose qui continue de me surprendre : quand on fait des séances de dédicaces, des meet & greets ou simplement qu’on rencontre les gens, on voit à quel point ils tiennent à notre musique. Ça me surprend encore un peu aujourd’hui. Je pense que c’est probablement le plus grand changement et ce qui me marque le plus.
Quant au groupe lui-même, nous essayons toujours de nous améliorer. Nous ne sommes jamais du genre à nous reposer sur nos acquis.
Pozzo Live : Continuer à évoluer est donc l’essentiel ?
Johnny : Oui, complètement. Il le faut. Nous avons encore le sentiment d’avoir énormément de choses à accomplir. Vous évoluez ou vous disparaissez, mon ami.
Pozzo Live : Et pour vous personnellement, quelle est la prochaine étape que vous aimeriez atteindre ?
Johnny : Je veux simplement écrire la meilleure musique que nous ayons jamais écrite. C’est le défi à chaque fois. Peu importe qu’on réussisse ou qu’on échoue, ça doit toujours rester l’objectif. C’est vraiment ce vers quoi je veux tendre.
Pozzo Live : Remplir des stades toujours plus grands !
Johnny : Bien sûr, on veut toujours progresser. Mais nous jouons souvent dans des salles plus intimistes et je ne m’en lasse jamais.
Cette proximité avec le public… Je n’ai jamais rêvé de jouer devant 50 000 personnes. Honnêtement, ça ne me paraît même pas si amusant. Il y a une telle distance entre le groupe et les spectateurs.
On a déjà joué dans ce genre de grands stades en première partie d’autres groupes, avec la première rangée à plusieurs mètres de la scène. Personnellement, je préfère largement être tout près du public. C’est beaucoup plus réel. Alors oui, être payé davantage, j’imagine que c’est sympa. Mais en dehors de ça, qu’est-ce que ça change vraiment ?
[Ndlr : Jordon arrive en cours de route]
Johnny : Tiens la prochaine question est pour toi !
Pozzo Live : Il serait intéressant d’avoir son avis sur la précédente question. Après vingt ans d’existence, qu’est-ce qui a le plus évolué selon vous ?
Jordon : La gratitude et la reconnaissance. Nous les avons toujours eues, mais aujourd’hui encore davantage. Plus les années passent, plus nous réalisons la chance incroyable que nous avons de pouvoir faire ça depuis aussi longtemps.
Johnny : Vingt ans… c’est énorme. Huit ou neuf albums déjà. Rien que ça, c’est fou. Je pense qu’il est plus difficile de durer dans le temps que de devenir populaire au départ. Maintenir une carrière sur la durée est le véritable défi.
Évidemment, il y a eu des hauts et des bas. Mais vingt ans d’existence, c’est complètement dingue.
Jordon : Je n’aurais jamais imaginé que le groupe durerait aussi longtemps. Pas parce que nous nous serions forcément séparés, mais parce que notre projet était tellement différent de tout le reste qu’il aurait pu disparaître rapidement. Et pourtant, nous n’avons fait que progresser. C’est assez incroyable.
Pozzo Live : En dehors de la musique, avez-vous une passion qui vous permet de prendre du recul ?
Johnny : Je crois que nous en avons tous.
J-Dog: Personnellement, j’essaie simplement de devenir une meilleure personne. C’est mon objectif aujourd’hui. Être plus heureux, être quelqu’un de meilleur et être davantage présent pour ma famille.
Jordon : J’adore cuisiner. J’aime faire des barbecues. J’aime passer du temps en famille. J’aime simplement être un père.
Johnny : C’est aussi un excellent cuisinier. Le meilleur steak que j’ai jamais mangé.
J-Dog : C’est difficile d’obtenir un compliment de sa part, mais oui, c’était probablement le meilleur steak que j’ai mangé.
(rires)
Pozzo Live : Dernière question : quel groupe ou artiste conseilleriez-vous d’interviewer ?
Jordon : Papa Roach. Vous les avez déjà interviewés ?
Pozzo Live : Pas encore.
Jordon : Si vous avez l’occasion, foncez. Jacoby est probablement l’une des personnes les plus humbles et charismatiques que vous rencontrerez. Essayez aussi d’avoir Tony avec lui. Il fait peu de presse, mais c’est quelqu’un de vraiment génial. Vous ressortirez forcément de l’interview avec le sourire.
Johnny : Vous devriez aussi interviewer The Pretty Wild. Elles sont ici aujourd’hui et accepteront probablement.
Pozzo Live : C’est déjà fait, un peu plus tôt dans la journée
Johnny : Ah oui ? Et alors ? C’était sympa
Pozzo Live : Très chouette ! Très gentilles
Johnny : Cool !
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