Le 17 avril dernier sortait  On The Widow’s Walk  , le septième album de Jake Smith aussi connu sous le nom de The White Buffalo, en collaboration avec le fils du légendaire Waylon Jennings.
Pozzo-Live s’est entretenu avec lui au téléphone afin d’en savoir plus sur lui et son nouveau bébé.

 

Pozzo-Live : Comment allez-vous ? Comment se passe votre confinement et comment vous vous occupez ?

The White Buffalo : Je vais bien, je garde le moral.. C’est une période folle ! Je pense que c’est peut-être l’occasion pour moi de rester productif en me faisant entendre, de faire beaucoup d’interviews.. Je me force à m’occuper et à trouver des manières créatives de faire des nouvelles choses, garder le contact avec mes fans… Donc ça se passe bien.
C’est une période particulière, il y a constamment des gens qui essayent d’ouvrir leur propre business et de relancer l’économie et j’espère que la situation ne va pas s’empirer et qu’il n’y aura pas de seconde vague mais nous ne savons pas…

 

Pozzo-Live : Est-ce que vous pouvez vous présenter et présenter votre musique en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

The White Buffalo : Oh… (rires) ma musique n’est pas si facile à décrire parce que je ne suis pas vraiment un genre, je ne me mets pas dans une case. Ce que je veux dire c’est que ma musique est organique, 100% jouée par des humains, enfin il n’y a pas vraiment d’effets, à part peut-être une petite distorsion de la guitare ici et là…
J’essaye de garder ça le plus humain possible et en ce qui concerne le genre, c’est difficile à expliquer, il n’y a pas vraiment de genre mais c’est un mélange : il y a du rock, il y a de la pop, il y a du punk, il y a du blues, il y a des ballades… J’essaye de garder tout cela ouvert ainsi que du côté des thèmes abordés : il y a des chansons déchirantes, des chansons d’amour, des chansons sombres, des chansons sur l’avenir, sur la peur de la technologie… je suis très ouvert. C’est plus que quelques mots là non ? Désolé (rires)
En tant que musicien et compositeur j’aime penser que je crée mon propre petit monde, et c’est sûrement grâce à ma voix, peut-être les paroles, ou plutôt un mélange des deux.

 

Pozzo-Live : Avez-vous aimé faire les bandes originales de films ou de séries comme Sons of Anarchy ? Est-ce qu’on aura l’occasion de vous entendre bientôt dans d’autres projets télévisés ?

The White Buffalo : Je pense que c’est aussi une période spéciale et que tout cela a mis en suspens la sortie des films.. Je ne sais pas si beaucoup de ces personnes travaillent ou pas…
En tous cas cela a été une énorme partie de ma construction, de ma carrière et de ma création, surtout au niveau mondial.
Cela n’a pas été la seule raison mais la principale qui m’a permis de diffuser ma musique. Vous savez, nous ne sommes pas suffisamment branchés pour passer à la radio ou à participer à des émissions de télévision, nous sommes un groupe humble et discret et ces placements télévisés ont aidé à partager notre musique et à attirer les gens vers elle donc j’en suis très reconnaissant.
Il n’y a rien de prévu pour l’instant sur quoi que ce soit, mais je pense que même si je n’écris pas avec cela à l’esprit, les chansons de cet album sont déjà en quelques sortes des petits films.

 

Pozzo-Live : Ce nouvel album est plus sombre que les précédents, est-ce qu’il reflète votre état d’esprit ? 

The White Buffalo : J’étais je pense dans un espace un peu plus sombre, il y a eu quelques changements dans ma vie, j’ai des hauts et des bas comme tout le monde ou du moins la plupart des gens, des moments où on peut remettre en question sa propre estime de soi ou ses objectifs… J’en étais là quand j’ai commencé mais écrire des chansons est réconfortant pour moi, donc quand je suis créatif, même si ce sont des chansons et des thèmes plus sombres, je me sens beaucoup mieux.
Mon approche de l’écriture c’est plutôt d’attendre que les choses arrivent et parfois ce n’est pas le cas, parfois c’est plutôt « Vous devez avoir fait ça d’ici quelques jours » et il semble que je fonctionne bien sous cette pression, mais la créativité nous joue des tours : parfois il suffit de se taire et de s’ouvrir, parfois vous êtes calme mais rien ne vient, mais parfois il est difficile de se taire… C’est assez effrayant mais heureusement il y a ce petit éclat de créativité prolifique et j’espère que cela va continuer.

“Derrière chaque chose magnifique, il y a une sorte de douleur.” Bob Dylan

 

Pozzo-Live : Pourquoi avoir choisi “The Widow’s Walk” comme nom de l’album ?

 

The White Buffalo : Au départ, lorsque j’écrivais, j’avais eu l’idée de faire un autre concept-album, et je voulais utiliser cette « promenade de la veuve » (the widow’s walk) comme point de départ. J’allais faire un peu comme j’avais fait avec mon album « Shadows, Greys and Evil Ways » où il y avait cette histoire linéaire entre un homme et une femme, mais cette fois-ci l’histoire aurait été basée sur une femme et un homme qui était pêcheur ou marin…
Je pensais que cela aurait été un bon tremplin pour avoir des chansons d’amour, une romance, mais aussi la mort, les drames.. Et puis les autres chansons ont commencé à arriver et ne faisaient pas vraiment partie de cette construction donc j’ai abandonné l’idée.
Cela faisait un moment que je n’avais pas sorti d’album et je ne voulais pas me limiter à cette idée de concept-album, finalement j’ai décidé que j’allais nommer mon nouvel album « On the Widow’s Walk » à cause de cette idée initiale que j’avais eue.

 

Pozzo-Live : Pourquoi avoir choisi de sortir “The Rapture” en premier ? Elle est assez différente des autres…

The White Buffalo : Je pense que c’est un choix du label, je n’ai pas pris cette décision, et j’en ai été surpris en fait (rires)
Je ne sais pas quelle en était la raison, mais c’est certainement parce que c’est la chanson la plus sombre de l’album, elle décrit la nature primitive des humains à chasser, tuer, c’est vrai que c’est assez sombre (rires)
Parmi mes chansons et albums il y a toujours une chanson avec une sorte de déchaînement meurtrier, j’aime bien explorer ces zones plus sombres. The Rapture en fait partie.
J’ai été surpris qu’ils choisissent cette chanson, mais c’est un bon choix.

 

Pozzo-Live : Quelles ont été vos influences pour cet album et pour votre musique de manière générale ?

The White Buffalo : Je ne sais pas. Je ne sais pas si je suis directement influencé par quelque chose, mais les choses que j’apprécie et que je m’efforce d’être sont les chanteurs et les auteurs-compositeurs qui peuvent chanter et vous toucher avec des choses et vous faire penser à quelque chose. Cela a toujours été un but, essayer de prendre chaque moment et de lui donner un but, de faire ressentir des émotions aux auditeurs.
Mon bassiste dit que nous sommes « une machine d’émotions » et cela a beaucoup de sens pour moi. C’est de la musique mais j’essaye d’attirer l’auditeur et de lui faire ressentir quelque chose que j’ai créé, c’est ça mon inspiration, mon objectif du moins.
Mais sinon Townes Van Zandt, Bob Dylan, Elliot Smith ou Keith Morris, sont des artistes que je respecte et j’aspire à être aussi bon et digne qu’eux.

 

Pozzo-Live : Comment s’est passée votre collaboration avec Shooter Jennings ?

The White Buffalo : Je ne peux rien dire de mal à son sujet. Il est super cool, il a une très bonne oreille et un excellent esprit musical. J’étais dans une période sombre et j’avais des idées de chansons mais rien de ce que je ressentais n’avait vraiment de valeur, donc je me suis assis et j’ai joué. Il m’a dit « C’est super, tu dois continuer et tu sais déjà ce que tu fais alors fais-le », donc j’ai continué et il m’a vraiment inspiré pour les finir, c’est incroyable cette lumière créative ! Je n’ai jamais été touché comme ça par quelqu’un d’autre qui a fait ça pour moi.
Ensuite, en studio, il a été tout simplement génial, c’est très facile de travailler avec lui, il a de grandes idées, de superbes arrangements… c’était très simple. Et son jeu au piano est incroyable, il a donné à l’album une sensation différente des autres parce que le piano est un instrument tellement important !
Et pour que le groupe soit impliqué pendant tout ce temps, parfois le batteur venait pendant 2 jours puis repartait, de même pour le bassiste, c’était plus simple, nous étions seuls en studio, on a tout fait en 6 jours comme ça, c’était une semaine très intense c’était rapide, mais il est super, je l’apprécie beaucoup.

 

Pozzo-Live : Avez-vous prévu d’autres collaborations ?

The White Buffalo : Je ne sais pas si je suis ouvert à ça, j’ai essayé dans le passé mais ça ne marche jamais parce que… je ne pense pas que ça ne tourne pas, c’est moi, je ne sais pas trop comment travailler comme ça, j’ai toujours été indépendant et j’ai toujours travaillé seul.
Mais en ce qui concerne la production, l’écriture ou le chant, je suis vraiment ouvert à ce genre de choses mais il n’y a rien en cours pour le moment. Je me concentre juste sur la sortie de l’album.
Mais oui, quelqu’un que je respecte et qui a un style ou une philosophie similaire pourquoi pas, je suis ouvert.

 

Pozzo-Live : Le portrait de vous en pochette colle très bien avec le style de l’album, il a été réalisé par un artiste que vous connaissez ?

The White Buffalo : Oui, c’est un jeune anglais qui s’appelle Jack Browning qui avait peint un portrait de moi il y a longtemps. Il était venu à mon concert à Londres et me l’avait offert en coulisses.
Quand j’ai eu l’idée de faire un portait avec une sorte de mer sombre et orageuse en arrière-plan, j’ai pensé à lui. Son portrait initial était un peu plus abstrait et celui que je voulais était plus vrai, quelque chose que l’on pourrait voir dans une ville portuaire, un bar de plongée ou quelque chose comme ça, assis là dans un coin, quelque chose avec des couleurs sombres et moroses.
Je lui ai donné mon idée, on a discuté, il y a eu certains ajustements mais je trouve qu’il a fait un excellent travail.

The White Buffalo On the Widow's Walk

The White Buffalo – On the Widow’s Walk

 

Pozzo-Live : Avez-vous prévu de venir jouer en France ou le public français est trop difficile à conquérir ?

The White Buffalo : (rires) Noooon, à vous de me dire ! Non, je ne sais pas, nous ne sommes jamais venus jouer en France, mais je ne sais pas pourquoi…
J’ai joué en France il y a des années, j’ai fait la première partie de quelqu’un mais ça doit faire 15 ans.. nous n’avons plus joué en France depuis. Je n’ai aucune idée de notre base de fans en France, si nous jouerions pour 200 personnes, pour 100 personnes, 1000 personnes… Mais nous devrions essayer, parce que je pense que si nous jouons, des gens viendraient.
Nous serions ravis de venir mais il n’y a rien de prévu pour le moment, évidemment c’est une période particulière et ne pas savoir est très étrange..

 

Pozzo-Live : Qu’écoutez-vous en ce moment ? Aimez-vous certains artistes français ?

The White Buffalo : Je ne connais pas vraiment d’artistes français, à part Edith Piaf.. J’écoute beaucoup de choses, beaucoup de paroles, des choses comme Electric Light Orchestra, Wings, Paul McCartney, ça ne va pas vous couper le souffle mais ça fait du bien, et cela égayera certainement votre journée.

 

Pozzo-Live : Quel artiste nous conseilleriez-vous d’interviewer ?

The White Buffalo : Presque tous mes idoles sont morts… Mais peut-être Keith Morris, cela pourrait être intéressant. C’est le chanteur du groupe de pop OFF. S’il accepte de vous parler (rires) je pense que ça pourrait être bien.

 

Un grand merci à Jake Smith pour son temps et sa patience. On The Widow’s Walk est disponible depuis le 17 avril.

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