Après deux d’attente, le Kave Fest s’est émancipé du jardin privatif de Chatou pour prendre ses quartiers dans le magnifique du château de Gisors. Changement de décor donc, et d’échelle, pour ce festival dont la cinquième édition s’annonçait à juste titre prometteuse.

Kave Fest jour 1 : on se met dans le bain

La première journée démarre gentiment avec le groupe de hard rock Harchqui débarde sur scène avec un look digne de Steel Panther. Le jeune quatuor ne se laisse pas démoraliser par l’absence du public. Il est en effet encore tôt.  Le public est plus affairé au stand de nourriture et au bar, qu’autour de la scène . Ils parviennent, tout de même, à nous surprendre avec un titre rock jazzy dont j’ai oublié le titre, et a nous conquérir avec une reprise de « Maniac ».

Harsh

La troupe viking présente pour animer le Kave fest vient ensuite faire le show dans le pit, le temps de laisser le deuxième groupe Balls out s’installer.

Balls out propose un hard rock énergique qui parvient à faire head-banger un public de plus en plus réceptif. Pat, bassiste et chanteur du groupe, tente d’accrocher le public  avec une punch line maladroite mais plutôt drôle « D’habitude j’écris des chansons qui parlent de cul, là ça parle de nichon alors les filles, vous savez ce qui vous reste à faire« …. mais l’ambiance n’est pas assez électrique pour que l’appel du pied soit entendu.

Balls Out

Mais c’est avec Red mourning que l’ambiance du festival prend véritablement. D’ailleurs,  le chanteur remercie les festivaliers pour ce premier mosh pit qui se forme. En effet, le petit public déjà présent tape dans les mains et pogote tranquillement, au rythme stoner des chansons..

Red Mourning

J’écoute ensuite Prométhéan d’une oreille pendant que mon photographe m’a lâchement abandonné pour une sieste. Il est temps pour moi de préparer l’interview de dernière minute que Det Var a gentiment accepté de nous accorder.

Changement d’ambiance, Det Var, s’installe enfin ! J’avais eu l’occasion de les rencontrer cet hiver à l’occasion de la sortie de leur EP. J’avoue que j’étais donc très impatiente et curieuse de les voir le défendre  sur scène.

Det Var

C’est six musiciens et chanteurs qui accompagnent Thomas et Johan sur scène. Les costumes et le décor nous plongent d’amblée dans l’ambiance nordique de leur univers musical. Les percussions sont puissantes, les voix graves des chanteurs vibrent et résonnent. Elles s’accordent en outre à merveille avec la voix lyrique de la chanteuse.  Par ailleurs, la complicité entre Thomas et Johan se lit sur scène dans leurs échanges de regard et de sourires. Ils semblent prendre plaisir à jouer pour le public du Kave Fest qui est conquis et scande « Det Var!, Det Var! » à la fin du set qu’on aurait aimé plus long. Un fan-club est né ? Le seul bémol de leur prestation à mon sens est l’absence de communication avec le public entre les chansons.

C’est ensuite au tour de Scarlean d’entrer sur scène. Pozzo Live les avait interviewés il y a 3 ans, on est heureux de pouvoir les voir sur scène. Ils développent leur djent (mon photographe m’a appris un mot !) devant un public qui s’est un peu clairsemé. Il faut dire que c’est un grand écart que nous fait faire la production du festival !

Scarlean

Je manque le set de Fractal Universe, le temps d’interviewer Det Var et de manger. Je reviens à temps pour le show de Tyr.

Les têtes d’affiche du samedi

Tyr

Malgré plus d’une heure de balances et un changement de running order, le public est chaud-bouillant et le chanteur de Tyr en profite pour le faire chanter en choeur. C’est alors que deux guerriers viking armurés viennent livrer batailles devant la scène, au son des chanson épiques du groupe. Ils entament ensuite un pogo avec les plus courageux des métalleux.

Des vikings se battent pendant Tyr

Pris par l’ambiance, certaines personnes dans le public se mettent même à ramer comme à bord d’un Landskip viking ! Le seul groupe non-francophone du week-end finit son set sur ses deux classiques : « By the sword in my hand » et « Hold the heathen hammer high », qui rencontrent un franc écho auprès du public.

On rame pour Tyr !

Bukowski nous propose un show dynamique et énergique. Mathieu, très à l’aise sur scène et avec le public, lance une petite vanne sur la chemise à fleurs qu’il a adoptée ce soir. « J’avais envie d’emmener de la couleur et de la gaité au milieu de tous ces gens qui s’habillent en noir« . Peu de blabla, beaucoup d’impact : Bukowski ne se ménage pas et nous en envoie plein la figure.

Le show se poursuit jusqu’à un moment plus émouvant, où Mathieu dédicace « sans tomber dans le pathos » le titre « Crossroad » à Julien, son frère, décédé au mois d’octobre dernier. Il lance un « See you in hell, brother forever » et enchaine sur le titre.

Bukowski

Ce moment d’émotion ne ternit pas l’ambiance. Le bassiste descend ensuite au milieu du public, où un circle pit se forme autour de lui, à la demande de Mathieu.

La fraicheur, la fatigue et le gros retard de la programmation (plus d’une heure !) ont eu raison de moi. Je dois donc partir à regret avant d’avoir pu voir Novelists. Le set de Volkor X a, quant à lui, été annulé par l’organisation.

Vous l’aurez compris : Det Var et Bukowski sont mes coups de cœur du jour !

Jour 2 : Women on stage!

La deuxième journée du Kave Fest démarre avec Bad Situation. Le groupe a remplacé au dernier moment Silverstage. Alors que les festivaliers s’installent autour du bar, le chanteur les invite à s’approcher de la scène. Son charisme finit par opérer et l’ambiance peut démarrer. Il faut dire qu’ouvrir la journée en étant deux sur scène relève d’une performance périlleuse ! Mais Bad Situation relève le défi avec succès et nous met dans l’ambiance avec un rock bien sympathique.

Bad Situation

Le show se poursuit avec le groupes Jades. Ce groupe entièrement féminin nous propose un hard rock groovy qui me met de bonne humeur et me donne envie de bouger. Et puis ça fait plaisir de voir ENFIN des filles sur scène ! Le casting 100% masculin de la première journée m’avait un peu frustrée à ce niveau. En fin de show, Linsdsay s’offre un bain de foule pour sa dernière date sur scène. En effet la bassiste et chanteuse des Jades a annoncé la semaine d’avant sur les réseaux sociaux qu’elle quitte le groupe.

Jades

Aujourd’hui, c’est Monolyth qui  fait décoller l’ambiance. Rien d’étonnant a priori, le groupe trash/death mélodique est déjà connu du public. Les musiciens se donnent sur scène, et prennent un plaisir évident à jouer ensemble. Je suis contente : encore une nana sur scène ! Et cette bassiste envoie du pâté, ne rechignant pas sur les mimiques et le jeu de scène. Ce plaisir est communicatif, et les premiers mosh pit de la journée se forment !

Monolyth

Je décide entre deux groupes d’aller tester le body painting et je reviens au milieu du set de Out of my eyes. Je trouve sur scène un groupe cagoulé en train de d’agresser un faux agent de sécurité sur scène. La transition du painting kawaï au hardcore est un peu violente pour moi, mais on peu reconnaître que le groupe maîtrise son sujet. Le public de plus en plus nombreux qui s’agite devant a l’air conquis.

Xaon entre ensuite en scène. Le chanteur est charismatique, la barbe et le jolie costume doivent y être pour quelque chose. Tous les costumes sont d’ailleurs magnifique. Le death mélodique n’est pas trop mon truc, mais ça marche, le public est à fond. Mention spéciale au Tigrou qui s’en donne à cœur joie. Et encore une fille à la basse, ça devient presque un thème !

Acyl, le groupe de métal ethnique au sonorité orientale, très attendu par les festivaliers, s’installe enfin sur scène. C’est pour moi le groupe qui aura le plus apporté une ambiance festive et chaleureuse à ce festival. Les sonorités chaudes des instruments traditionnels, et les chœurs tribaux que Acyl marie à merveilles avec un son métal et un growl puissant, donnent une couleur atypique à leur musique. Le charisme et le charme d’Amine font mouche à chaque fois qu’il invite les festivaliers à danser et taper dans les mains. Ses musiciens jouent d’ailleurs eux aussi le jeu, et nous enchantent avec leurs chorégraphies orientales. Il ne manquait plus que le clin d’ œil qu’Amine jette aux métalleuses du 1er rang, pour que je tombe sous le charme, voilà chose faite!

Acyl

6:33 : mon coup de cœur du festival! L’énergie et le jeu scénique de Rorschach, emprunts d’une joyeuse folie, sont absolument incroyables. S’il me fait penser parfois au Joker, il n’éclipse en rien ses acolytes sur scène. Leur chanteuse notamment (chouette, encore une fille !) adoucit la folie du chanteur par un côté glam/pin-up. La musique est aussi déjantée que leur jeu scénique. Le groupe alterne entre des sons rock’n roll très jazzy, des touches d’électro et un son métal. Leur groove fait mouche auprès du public du Kave Fest qui est déchainé. Et auprès de moi ! Je m’étais pourtant promise de ne pas passer au merch cette fois-ci…

6:33

J’écoute ensuite d’une oreille la chanteuse de  Aephenamer (ouiiiii… vous savez maintenant) passer avec virtuosité du chant lyrique au growl en quelques fractions de seconde, car il est temps pour moi d’aller manger.

Les têtes d’affiches du dimanche

Landmvrks était aussi attendu de pied ferme par les festivaliers et par l’équipe de bénévoles venue les voir. Le public est chaud, et l’ambiance ne fait que monter en puissance au fil des chansons. J’y perds d’ailleurs mon photographe qui préfère aller faire des bonds dans la fosse que son travail. Le public enchaine plusieurs circle pit, wall of death et des slams à foison.

Landmvrk quant à eux déchainent sur scène toute l’énergie de leur jeunesse. L’équipe a su tenir compte de ses erreurs de la veille, et le show a pris un peu d’avance. Florent propose donc au public de choisir l’avant-dernier titre. Celui-ci opte pour « Visage« . « Pour ceux qui ne la connaisse pas, elle est un peu différente, mais comme vous avez l’air ouverts je pense que ça va vous plaire. » prévient Florent. Le titre a effectivement des sonorités plus rap que le reste du set au style metalcore.

Landmvrks

Je n’accroche pas du tout sur le style du dernier groupe Hypno5e. La fatigue et la perspective du trajet retour peut-être ? Après deux chansons, je remballe mes affaires (et mon photographe), satisfaite d’un week-end riche en découvertes.

Les plus et les moins du Kave Fest

La taille moyenne de ce festival est agréable. L’ambiance est chaleureuse , festive et familiale. Parfaite à ce titre pour y initier vos enfants : j’y amènerai mes métalleux en herbe l’an prochain.

Le cadre verdoyant du Château de Gisors participe à l’ambiance du festival. A l’arrivée on passe devant un campement viking posé à côté du merch. La troupe proposait du lancer de buches, du tir à la corde entre les sets des artistes. Trop éloigné de la scène musicale, le camp mériterait, à mon avis, d’être étoffé par une ou deux troupes de reconstitution supplémentaire pour apporter un véritable plus au Kave Fest. Mais mention spéciale aux vikings qui ont mis l’ambiance dans le pit !

Les vikings mettent l’ambiance

Quelques artisans étaient également présent. Un forgeron, créateur de lampes (très jolies) qui n’a pas eu le droit pour des raisons de sécurité d’allumer sa forge…dommage ça aurait ajouté à l’ambiance. On trouvait aussi un créateur de bijou très original, fabriqué à partir de médiators. De ce côté aussi, on espère que le Kave Fest pourra  étoffer son marché médiéval pour les prochaines éditions.

Etaient également présents un stand de tatouage et un stand de body painting qui a rencontré du succès ! Je l’ai testé également, pour 8 euros j’ai pu me faire bodypainter l’emblème de mon surnom.

Coté pratique, le parking est à coté, le nombre de toilettes était dimensionné pour la taille de l’événement. En revanche, je n’ai pas testé le camping. Coté alimentation , il y avait du choix. C’était abordable mais pas d’une qualité gustative extraordinaire. L’équipe de bénévoles était efficace et très sympa.

Bref, avec un rapport qualité/prix au top, je vous recommande ce festival pour l’année prochaine.