L’été sera chaud et surtout au Motocultor pour cette année 2025 ! Records de chaleur et bonne musique : impossible de se plaindre pour cette édition de folie répartie sur ces quatre jours encadrant le 15 Aout.

Aller on arrive, on récupère le pass photo et on coooourt vers le tout premier concert de cette édition du Motocultor 2025, direction Dogma.

Dogma

La scénographie est riche de l’esthétique particulière de Dogma : grand fond de scène illustrant une de ces nonnes perverties avec le nom du groupe, grosse caisse avec leur symbole et bannières additionnelles : on est tout de suite dans le thème.

Le public est nombreux pour venir voir les nonnes de Dogma, le groupe 100% féminin semble attirer les foules de fans et de curieux. La popularité de Dogma a rapidement explosé, malgré seulement un album studio mais déjà de nombreuses tournées dans le monde.

 

Déjà plus de 30 degrés à 15 heures pour ce tout premier concert du Motocultor 2025 sous un soleil de plomb.

Le concert démarre avec beaucoup d’énergie, une prestation riche, les membres de Dogma interagissent énormément entre elles en occupant la scène et en se déplacent très facilement pour également entrer en contact avec le public. Le groupe nous balance un son pur heavy metal classique, mais avec des thèmes et des paroles très modernes sur la liberté d’expression et surtout sur l’affranchissement du dogme des institutions et religions.

 

Les morceaux s’enchaînent quasiment sans pauses, incluant également leur fameuse reprise Like A Prayer de Madonna, morceau s’incluant parfaitement dans cet univers transgressif et un brin provocateur. Malgré un horaire pas facile, le public est déjà en forme et au rendez-vous. J’entends que les refrains sont repris en choeur par les fans, surtout sur Father I Have sinned, un des méga-tubes de Dogma.

 

Gutalax

Attention, changement radical de style ! Après les messages libérateurs de Dogma, nous voici face au bulldozer du goregrind, tout droit venu de République Tchèque : Gutalax !

Le public est un poil changé : combinaisons blanches de chantier, masques, papier toilette, brosses à récurer et lunette de toilettes en guise de couvre-chef : le public connait les mœurs du groupe et est prêt à s’éclater. On notera l’attraction pré-concert de la corde à sauter recouverte de papier toilette en attendant le début du show devant la scène : c’est bon enfant.

 

Les photographes et la sécurité ont été prévenus : ça va décoiffer ! C’est le moment de s’échauffer afin de récupérer les slammers et les divers rouleaux de papier toilettes, bouées gonflables et autres joyeusetés qui vont voler au cours des 45 prochaines minutes.

Le concert démarre sur le thème de Ghostbusters avec le groupe déboulant sur scène vêtus de leurs classiques tenues blanches de chantier. Le chanteur Maty balance même un matelas gonflable de piscine dans le public qui scande le nom de Gutalax afin de les encourager.

 

Et là : ça ne rate pas, dès les premières secondes du concert, un slammer arrive… dans une poubelle qui termine dans les bras de la sécurité. A partir de ce moment c’est l’anarchie : rouleaux de papier toilette, ballons, mannequins gonflables, tout vole et tout y passe ! Le public est déchainé et une véritable tempête de poussière s’élève sous les remous des fans venus pour s’amuser au son du chant porcin de Maty.

 

Gutalax nous offre une petite pause avec un son enregistré qu’ils nous jouent pour célébrer les 15 ans de carrière du groupe avec Celebration de Kool & The Gang. Bon, niveau prestation scénique, on repassera mais le groupe n’a plus rien à prouver : ils sont là pour déclencher une hystérie collective de leur public et… Encore une fois c’est réussi !

TesseracT

Tesseract band sticker logo vinyl.

Ouf, là on attaque un groupe qui m’étais personnellement très cher dans mes longues années de prog métal, il s’agit des maîtres Britanniques du prog djent : TesseracT. Après les avoir vu plusieurs fois en live, il était intéressant de répéter l’expérience maintenant que la line-up du groupe est stable depuis presque 10 ans.

 

Le chanteur Daniel Tompkins arrive tout maquillé de rouge et arborant une crinière blonde, enveloppé dans un grand manteau entouré de fumée sur le premier morceau Natural Disaster, premier titre de leur dernier album en date War of Being (2023). Ce morceau démarre très fort avant de s’apaiser au cours du dernier tiers, l’occasion de remarquer le soutien des deux choristes de chaque côté de la scène.

 

Le côté djent du groupe fonctionne toujours aussi bien, les musiciens sont très actifs sur scène et se baladent et interagissent entre eux au cours des morceaux (mention spéciale au bassiste pieds nus). Daniel Tompkins change de tenues au cours du concert, la température commence à descendre : ça aide !

Le soleil commence à descendre et la luminosité baisse, tout pour mettre en avant le travail de lumière mise en place par le groupe. On passe du rouge, au blanc, au bleu : le public est conquis par la performance sonore et visuelle. Le fond de scène diffuse des videos et des animations pour accompagner les passages instrumentaux et lyriques.

 

La setlist est riche, avec pas mal de morceaux récents mais également certains datant de leur premier album Concealing Fate (2010) : les fans de la première heure comme moi sont ravis !

En bref, TesseracT a su augmenter la qualité de ses prestations scéniques avec une qualité vocale et instrumentale toujours au top, un renfort de choristes et une scénographie élaborée.

 

Setlist

  1. Natural Disaster
  2. Of Mind – Nocturne
  3. King
  4. Smile
  5. The Arrow
  6. Legion
  7. War of Being
  8. Concealing Fate, Part 1: Acceptance
  9. Juno
  10. Concealing Fate, Part 3: The Impossible (Outro only)

Ne Obliviscaris

Après le prog Britannique, direction le prog Australien avec Ne Obliviscaris ! Il s’agit ici de voir ce que donne le remplacement de Xenoyr au poste de chanteur guttural qu’il occupait depuis 2003 (!!) par James Dorton (The Black Crown Initiate notamment).

 

On retourne sous la tente, où le public est TRES nombreux au point de déjà remplir l’espace devant la scène. Le nombre de fan est impressionnant, arborant fièrement les T-shirts à l’effigie du groupe. Un concert de Ne Obliviscaris est généralement toujours un moment de transe collective et celui-ci n’échappera pas à la règle.

Le concert débute par un morceau qui marche toujours aussi bien en live, joué depuis 2014 et qui permet au chanteur guttural de mettre tout le monde d’accord sur sa légitimité à performer ici devant nous : Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes.

 

La complicité des deux chanteurs est flagrante, malgré l’arrivée récente de James Dorton aux côté de Tim Charles qui lui est présent depuis les débuts du groupe. Ca rigole, ça se lance des regards qui valent mille mots, bref, l’alchimie est là et ça se ressent en bien au cours de ce concert : le groupe Australien semble bien se plaire sur le territoire Breton.

 

Tous les musiciens sont mis en avant au cours de ce concert de 50 minutes et nous avons même le droit à une intervention dans la langue de Molière de la part du guitariste soliste français Benjamin Baret entre deux morceaux, à laquelle public répond avec des applaudissements nourris.

Le final du concert sera comme attendu sur le tube de plus de 11 minutes de Ne Obliviscaris : And Plague Flowers the Kaleidoscope de l’album Portal of I (2012). Une apothéose de technicité instrumentale, vocale et d’endurance. 

 

Setlist

  1. Devour Me, Colossus (Part I): Blackholes
  2. Equus
  3. Suspyre
  4. And Plague Flowers the Kaleidoscope

Witchcraft

Place à la sorcellerie en ce début de soirée avec Witchcraft ! Le trio Suédois pourrait être classé dans une catégorie un peu particulière comme produisant du rock occulte, bercé dans les arts obscurs et les années 70/80 au niveau sonorité.

 

Un maître mot pour décrire ce concert : Sobriété. Le trio ne possède aucun décor hormis le fond de scène annonçant le groupe avec leur logo. La tombée du jour et des températures est idéale pour apprécier le style bien plus posé et ésotérique de Witchcraft. C’est assis dans l’herbe que l’on peut se laisser bercer au mieux par ces rythmes de doom/stoner.

 

Le chanteur guitariste et fondateur de Witchcraft Magnus Pelander blague avec nous en ce qui concerne sa méconnaissance de la langue de Molière : on lui pardonne avec plaisir ! Magnus est très souriant et semble heureux d’être là parmi nous. La bassiste Ida Elin Tannerdal semble très sérieuse et fermée au début du concert, avant de s’ouvrir au bout de quelques morceaux, à croire que l’énergie solaire de Magnus soit contagieuse.

Mais ne vous méprenez pas : le public est sage et discipliné pendant que les membres du groupe s’expriment mais ne manque pas à l’appel pour acclamer et applaudir chaudement Witchcraft entre les morceaux ! Obscur Rock ne rime en rien avec ennui : les envolées lyriques de Magnus, les riffs voir même les shreds de guitare n’ont rien de lassants ou de répétitifs, on headbang de manière modérée, mais tout de même !

 

I Prevail

I Prevail | Official Merch Store

La scène parait GIGANTESQUE avec cette scénographie sur plusieurs niveaux, mettant en hauteur le batteur et le claviériste/guitariste qui surplombent ainsi le public de la main stage pour cette première tête d’affiche de cette édition 2025. La scène est garnie d’écrans géants tapissant ces différents étages ainsi que le fond de scène. Le reste du décor est très métallique, y compris le pied de micro ressemblant à des maillons de chaine.
Nous avons été avertis : la pyrotechnie sera présente et intense !

 

Le duo de chants fonctionne toujours aussi bien : le chant crié de Eric Vanlerberghe est puissant et juste, tout comme la partie claire de Dylan Bowman qui remplace Brian Burkheiser depuis quelques mois à ce rôle.

Le concert comment très très fort. I Prevail possède un très grand nombre de machines de guerre en manière de tubes qui fonctionnent super bien en live. On en a la preuve avec les premiers morceaux qui sont également des succès monumentaux sur les plateformes de streaming, à savoir Bow Down et Body Bag !

 

Leur classique reprise de Taylor Swift Black Space nous sert d’entracte après un démarrage du concert à toute vitesse. N’oublions pas que cette cover leur a valu une popularité immense, au point de leur donner un disque de platine. Quel plaisir de voir les musiciens se balader sur cette énorme scène, jouant avec les effets de lumière entre luminosité éclatante des projecteurs et lance-flammes et les ténèbres accompagnant les morceaux plus sombres, mélancoliques.

 

Trois albums sont au cœur de la setlist de ce live, notamment TRUE POWER, leur dernier album en date (2022), TRAUMA, généralement le favoris des fans de la première heure et sans aucun doute des morceaux issus de leur prochain album à venir pour mi-septembre !

I Prevail nous propose également un Medley de tubes enchainés à toute vitesse qui enthousiasme le public avec tout simplement du Deftones, Alice in Chains et System of a Down ! Merci pour nous les nostalgiques de cette époque pour cette capsule temporelle.

 

Leur méga-tube Gasoline clôture cette première journée du Motocultor 2025 après un set marathon de 15 morceaux (!). Il est maintenant temps de retourner au parking afin de rattaquer très tôt le lendemain en début d’après-midi, sous une chaleur encore importante.

Setlist

  1. Bow Down
  2. Body Bag
  3. Self-Destruction
  4. There’s Fear in Letting Go
  5. Violent Nature
  6. Blank Space (Taylor Swift cover)
  7. Into Hell
  8. Bad Things
  9. Rain
  10. Judgement Day
  11. My Own Summer (Shove It) / Them Bones / Chop Suey! (Medley/Covers)
  12. Choke
  13. Visceral
  14. Hurricane
  15. Gasoline

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