Le JazzFest’ Chiroubles, c’est un de ces rendez-vous dont on se souvient autant pour la musique que pour le lieu. Les 19 et 20 septembre, ce village de 400 habitants dans les pentes du Beaujolais troque le silence de ses vignes pour une bande-son façon Nouvelle-Orléans, gospel en écho dans l’église et artistes qui peignent en direct au milieu des notes.
Pour sa troisième édition, le JazzFest’ Chiroubles ne se contente pas de « poser » un festival sur un décor : il transforme réellement le village, ses vignerons, ses places et ses paysages en matière vivante du projet.


Un village du Beaujolais qui devient scène à ciel ouvert
Perché sur les hauteurs, Chiroubles voit ses ruelles et ses points de vue se muer en petites scènes à taille humaine. Sur la place, les cuivres façon Nouvelle-Orléans installent une ambiance de fanfare festive et débridée, comme si un bout de Louisiane avait atterri au milieu des ceps.
Un peu plus loin, l’église du village devient salle de concert intimiste, portée par la puissance du gospel. Les voix résonnent dans la pierre, pendant que dehors on continue d’entendre les échos des fanfares et des conversations autour d’un verre de vin.
Ce jeu de va-et-vient entre les lieux fait partie de l’ADN du JazzFest’ Chiroubles : tu ne te contentes pas d’assister à une série de concerts, tu te balades, tu découvres des recoins du village au fil des sets, et tu passes en quelques mètres d’une ambiance à l’autre.


Un festival pensé par un enfant du pays
Derrière le JazzFest’ Chiroubles, on retrouve Olivier Depardon, compositeur pour Arte, Canal+ et France Télévisions… et originaire du coin. Sa conviction est simple : plutôt que de plaquer une programmation sur un territoire, faire du territoire lui-même la matière du festival.
Concrètement, cela veut dire que le vin de Chiroubles, les lieux emblématiques du village et les producteurs locaux ne sont pas de simples “extras”, mais des éléments de la partition. Dégustations, rencontres et moments de musique s’entremêlent pour raconter une histoire commune : celle d’un Beaujolais qui improvise entre jazz, vignes et montagnes.
Ce retour au pays donne au festival une couleur particulière. On sent derrière l’affiche le désir de proposer une culture exigeante en plein milieu rural, sans la déconnecter des gens qui y vivent ni des paysages qui l’entourent.


Entre New Orleans, gospel et live painting
Côté scène, cette troisième édition du JazzFest’ Chiroubles aligne une affiche taillée pour les amateurs de groove et de belles voix. Le New Orleans Syndicate apporte ses cuivres et ses rythmes enjoués, parfaits pour faire vibrer la place du village comme un mini French Quarter.
Le projet « Nomades » du pianiste Alfio Origlio vient ajouter une touche plus contemplative et voyageuse, tandis que les Amazing Singers font monter la température avec un gospel puissant, taillé pour remplir l’église de frissons.
Particularité du festival : le live painting. Pendant que les musiciens jouent, des artistes plasticiens improvisent eux aussi, mais avec des pinceaux. Toiles, couleurs et gestes répondent aux solos et aux harmonies, créant des images uniques nées de l’instant.
Musique, vin, paysage, peinture : le JazzFest’ Chiroubles profite de ses deux jours de septembre pour faire dialoguer toutes ces matières. De quoi donner envie de prendre la route du Beaujolais pour vivre, au moins une fois, cette drôle de métamorphose d’un village en terrain de jeu jazz.
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