Avec « Factoid Happiness », le musicien islandais Kaktus Einarsson revient avec un troisième album qui pose une question simple en apparence : qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux, à l’heure des algorithmes et des réseaux sociaux ? Entre indie pop, électronique et éclats post-punk, il transforme ce doute en disque dense et intime.

Un artiste de Reykjavík qui refuse les cases

Né et élevé à Reykjavík, Kaktus Einarsson a commencé très tôt dans des formations électroniques expérimentales avant de se faire repérer comme leader du groupe Fufanu.

En solo, il s’est imposé comme un songwriter qui aime brouiller les lignes. Son premier album « Kick the Ladder » (2021) marie instrumentation classique et textures électroniques. Il enchaîne ensuite avec « Lobster Coda » en 2024, enrichi de collaborations avec Nanna (Of Monsters and Men) et Damon Albarn.

Avec « Factoid Happiness », attendu le 18 septembre chez One Little Independent Records, il pousse encore plus loin ce mélange entre mélodies luxuriantes, production inventive et textes très personnels.

« Factoids », algorithmes et faux bonheurs

Le point de départ de l’album, c’est ce titre, resté longtemps dans son carnet : « Factoid Happiness ».

Kaktus Einarsson décortique ces « factoids » qui rythment nos vies : des idées qui semblent vraies sans l’être forcément. Les réseaux sociaux, les médias de masse, les algorithmes qui choisissent ce que l’on voit et ce que l’on croit… Tout ce système façonne aussi notre vision du bonheur.

Lui s’interroge : où nous dit-on de chercher ce bonheur ? Dans quel produit, quelle image, quelle émotion préfabriquée ? Il pointe ce flux constant de fragments d’informations sortis de leur contexte, que l’on finit par prendre pour des certitudes.

Il nuance pourtant le propos. L’amour, par exemple, est aussi un « factoid » : impossible de le prouver, on choisit d’y croire. Le même mécanisme peut donc sauver ou égarer, et c’est cette ambiguïté qui traverse les textes des dix titres de l’album.

Un album riche, des invités de poids, et la famille comme boussole

Musicalement, « Factoid Happiness » se révèle particulièrement généreux. On y croise des ballades au piano très intimistes, une indie rock chaleureuse, des grooves teintés de funk et de disco, le tout baigné dans des textures électroniques soignées.

Le disque reflète le parcours atypique de Kaktus Einarsson, capable de passer de l’underground le plus expérimental à une pop sophistiquée qui reste accessible.

Il s’entoure aussi de belles collaborations : John Grant, RAKEL, Thibault Gomez et Jessica Winter viennent prêter leurs voix et leurs couleurs à ce voyage. Parmi les morceaux déjà mis en avant, on retrouve notamment « Glycerine », « Borrowed Dreams » ou encore « Follow ».

Au cœur de tout cela, une idée forte : dans un monde saturé d’infos, de divisions et de distractions, ce qui nous tient encore debout, c’est la famille au sens large. Famille biologique, choisie, amoureuse ou amicale : ces liens discrets que l’on garde coûte que coûte. C’est là que Kaktus Einarsson, derrière ses questionnements, semble trouver son propre « happiness ».


Toutes nos autres actus par ici.

Reste branché avec Pozzo Live

Tu veux encore plus de lives, d’interviews, de découvertes et de pépites musicales ? Rejoins-nous sur nos réseaux sociaux :

On y partage ce qu’on ne peut pas toujours mettre dans les articles : backstages, reels, photos de concerts, et plein d’autres trucs cools.

Vous allez aimer !