Savanah revient avec “Teenager”, un nouveau single empreint de nostalgie, qui continue de dévoiler l’univers de son premier album à venir, Superlune. Un titre comme un cliché d’été qui ne finit jamais, où l’enfance s’éloigne doucement.
Après deux EP remarqués et des apparitions sur des scènes comme le Printemps de Bourges ou le Fnac Live Paris, l’autrice-compositrice poursuit ici son voyage dans les souvenirs de sa jeunesse à Romans-sur-Isère.


Un été suspendu entre enfance et adolescence
Avec “Teenager”, Savanah plonge dans cette zone floue où l’on n’est plus tout à fait enfant, pas encore vraiment adulte. Elle convoque des images de fins d’après-midi brûlantes, de silences un peu lourds et de mystères qu’on ne sait pas encore nommer.
Le morceau respire la tendresse et la mélancolie, sans jamais se vautrer dans le pathos. On y sent le regard d’une adulte qui revient sur ses fantômes, mais avec douceur, comme si chaque souvenir était passé à la lumière dorée d’un soleil couchant.
C’est aussi une nouvelle pièce dans le puzzle de Superlune, premier album très attendu de Savanah, construit autour de ces réminiscences d’enfance et d’adolescence à Romans-sur-Isère. “Teenager” en révèle la veine la plus intime, celle des hésitations, des envies d’ailleurs et des premiers grands vertiges.


Virgin Suicides, Lana Del Rey et la bedroom pop en filigrane
Musicalement, Savanah s’appuie sur des guitares profondes et une production ample aux accents bedroom pop, signée Osta et H-Burns. Le son reste feutré, mais jamais étriqué : ça respire, ça s’étire, ça laisse la place aux images mentales.
Les influences revendiquées se devinent très vite. On pense à The XX pour les atmosphères minimalistes et chargées à la fois, à l’Ultraviolence de Lana Del Rey pour ce mélange de romantisme noir et de cinéma mental. Le tout sans pastiche : Savanah pose sa voix et sa plume dans un décor qui lui ressemble.
L’univers de The Virgin Suicides plane clairement sur le morceau comme sur le clip : cette manière de filmer l’adolescence comme un rêve un peu brumeux, beau et inquiétant à la fois. “Teenager” joue avec cette sensation de réalité flottante, comme si tout pouvait basculer à tout moment, sans qu’on sache encore dans quel sens.
Un clip comme un adieu discret à la ville où l’on a grandi
Réalisé par Agathe Watremez et Isabelle Maurel, le clip de “Teenager” suit une jeune femme seule dans un stade désert, au cœur d’une petite ville. Fin d’été, gradins vides, lumière qui décline : le décor est simple, mais tout raconte déjà quelque chose.
Ce lieu figé entre passé et avenir devient le théâtre des rêves d’ados : partir, s’inventer une autre vie, imaginer qu’“ailleurs” sera forcément mieux. À travers les allers-retours entre le présent et les souvenirs de la protagoniste plus jeune, le clip met en scène ce moment précis où l’on regarde une dernière fois les endroits qui nous ont construits.
Entre mélancolie et désir d’évasion, Savanah capture cet instant suspendu où l’on se tient sur la ligne de départ, prêt à quitter la ville, l’enfance, les habitudes. “Teenager” ne crie rien, ne dramatise rien, mais laisse cette impression tenace d’avoir revu, l’espace de quelques minutes, les lieux qu’on a soi-même laissés derrière soi. Un beau point de passage avant la révélation complète de Superlune.
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