Slothrust revient le 18 septembre avec What They Grow in the Garden, un nouvel album d’alt-rock tendu et ambitieux où le duo pousse ses riffs, ses hooks et ses idées jusqu’à la rupture, quelque part entre grunge brut et grand théâtre dystopique.

Désormais réduit à deux membres mais plus libre que jamais, le groupe installé à Los Angeles promet son disque le plus vaste, le plus contrasté, et sans doute le plus frontal sur notre époque saturée d’écrans et de capitalisme anxiogène.

Un duo, un virage et un “théâtre dystopique”

Après ses débuts lo-fi sur Feels Your Pain (2012) et le virage plus poli de Parallel Timeline en 2021, Slothrust revient avec un premier album en tant que duo : la chanteuse-guitariste Leah Wellbaum et le batteur/multi-instrumentiste Will Gorin prennent seuls les commandes.

Co-produit avec Jordan Witzigreuter (The Ready Set), What They Grow in the Garden est annoncé comme un disque de “théâtre rock dystopique”. Les 12 titres y multiplient les changements de direction, avec des riffs plus lourds et des refrains plus accrocheurs, dans une veine qu’on nous décrit comme “un Queen plus grunge” ou “l’album que Muse n’a jamais sorti”.

Longtemps comparé à Nirvana, le groupe semble ici assumer pleinement un côté démesuré, presque opératique, sans renier ses racines brumeuses et abrasives. L’idée : prendre ce fond grunge et l’étirer vers quelque chose de plus cinématographique, plus théâtral.

Un album contre le “bleu des écrans”

Au cœur de ce nouveau disque, Slothrust s’attaque à un thème bien réel : le sentiment d’être pris au piège dans un système qui exploite nos failles, de nos feeds infinis à la pression du “toujours plus”. L’album ausculte le “hive mind”, cette pensée de ruche, et ce que cela fait à notre humanité.

Leah Wellbaum explique vouloir revisiter des lieux archétypaux comme “le jardin” ou “le lac” à travers une écriture allégorique et surréaliste. L’objectif est clair : donner envie de chercher ses vérités à l’intérieur de soi plutôt que dans la lumière bleutée du téléphone.

Entre la crise de l’industrie musicale, l’addiction au scrolling et l’épuisement d’un “late capitalism” à bout de souffle, les nouvelles chansons se présentent comme une forme de backlash contre la dépendance numérique. Pas de discours moralisateur, mais une idée forte : on ne peut pas totalement s’extraire du système, mais on peut reprendre un peu de contrôle, se libérer par petites brèches.

Entre grunge des débuts et grand final de stade

Musicalement, What They Grow in the Garden promet un large spectre. Slothrust n’hésite pas à replonger dans ses racines grunge avec un titre comme “The Lake”, qui rappelle la rugosité des premiers disques.

À l’autre extrême du tracklist, le morceau de clôture “Dystopian Cemetery” est annoncé comme une valse de stade aux harmonies empilées, portée par un piano massif signé du collaborateur de longue date Willy Beaman. Un final qui assume totalement le côté grandiloquent du projet.

Entre ces deux pôles, le duo cherche manifestement à prouver qu’il peut tout se permettre, du riff le plus sale à l’arrangement le plus large. Slothrust a beau avoir changé de forme, il n’a pas perdu son goût de la surprise. Reste à appuyer sur play le 18 septembre pour découvrir jusqu’où ce théâtre dystopique peut nous emmener… et si l’on ose vraiment lâcher son téléphone pendant l’écoute.


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