The Meffs reviennent la bave aux lèvres avec « Business », un deuxième album qui ne te laisse littéralement pas le temps de respirer. En onze titres, le duo punk d’Essex condense colère politique, tension du quotidien et énergie de live dans un disque pensé pour te plaquer contre le mur du premier au dernier riff.

Travail, guerre, politique, santé : ici, tout est affaire de « business », tout est matière à coups de guitare tranchants et de batteries qui cognent sec. Et si tu aimes le punk sans filtre, il va être difficile de passer à côté de ce nouveau chapitre de The Meffs.

Un duo d’Essex qui ne lâche jamais l’affaire

Formé autour de Lily (guitare, chant) et Lewis (batterie, chœurs), The Meffs ont passé 2025 à courir les scènes plutôt qu’à lever le pied. On les a vus en première partie de groupes emblématiques comme The Sex Pistols ou The Undertones, mais aussi sur les grosses scènes de Glastonbury, 2000trees et Download Festival, tout en remplissant leurs propres dates au Royaume-Uni et en Europe.

Entre deux tournées, le duo a tout de même trouvé le temps d’écrire et d’enregistrer « Business », sans calmer la cadence. Leur réputation de groupe « à voir absolument en live » imprègne chaque morceau : ça va vite, c’est brut, et la production de Dan Weller garde ce grain crade et nerveux qui fait toute la différence.

Ils restent fidèles à leur approche DIY, engagée aux côtés des petites salles via leur soutien au Music Venue Trust et aux lieux de concerts indépendants. Aujourd’hui en tournée avec Stiff Little Fingers, The Meffs confirment qu’ils ne sont pas qu’un buzz de festival, mais un vrai groupe de route qui vit pour la scène.

« Business » : un punk moderne, frontal et politique

« Business » porte bien son nom : l’album attaque de front le monde tel qu’il est, sans slogans creux. Le duo le résume en une ligne : le business, c’est tout ce qui régit nos vies, de nos jobs à nos angoisses, en passant par les guerres et les jeux de pouvoir. Résultat : un disque à la fois en colère et vulnérable, qui veut parler « pour nous tous ».

Côté son, The Meffs visent le classique instantané du punk moderne. Les fans retrouveront l’énergie des concerts sur des titres déjà plébiscités comme « So Modern (Keep Up) », capturé ici avec toute sa crasse et son urgence. La chanson-titre, « Business », s’en prend directement aux dérives et aux galères de l’industrie musicale actuelle, sans fioritures.

L’album ne lève jamais vraiment le pied : « Love To Lose » fonctionne comme un pur morceau de hype, pensé pour tout retourner en salle, tandis que « Fight » condense plusieurs minutes d’adrénaline en… trente secondes à peine. À l’inverse, « Disorder (Wake Up) » regarde le monde droit dans les yeux, et « Like Gravity » joue davantage la carte de l’introspection et de l’auto-dérision.

Un disque taillé pour être joué fort

Sur « Business », The Meffs refusent clairement de se laisser enfermer dans une seule case punk. Oui, ça va vite, ça hurle, ça cogne, mais l’album se permet aussi des nuances de ton, entre constat social, colère froide et fragilité assumée. L’ensemble reste ultra-compact, sans remplissage, avec cette impression que chaque seconde doit compter.

Le duo garde en tête la scène à chaque mesure : on imagine sans peine les refrains scandés, les pogos sur « Fight » ou « Love To Lose », et les poings levés sur « Disorder (Wake Up) ». C’est un disque qui réclame le volume au maximum, plus proche d’un set de club surchauffé que d’un projet poli à consommer en fond sonore.

« Business » marque ainsi une étape logique mais solide pour The Meffs : un album plus politique, plus affirmé, qui étend encore le cercle de celles et ceux qui se reconnaîtront dans leur rage lucide. Si tu cherches un shot de punk contemporain, direct et sans langue de bois, tu viens probablement de trouver ton prochain disque en boucle.


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