Thy Catafalque revient le 20 novembre 2026 avec XIII: Sárga erdő, un nouvel album pensé comme une traversée de forêt en vieux souvenirs. Toujours mené par Tamás Kátai, le projet avant-garde hongrois franchit un cap sonore majeur: pour la première fois, toutes les batteries ont été jouées, pas programmées.
Une treizième traversée dans la “forêt jaune”
Le titre Sárga erdő signifie “forêt jaune”. Pourtant, l’image ne reste pas figée. Les couleurs changent, comme ces souvenirs qui virent déjà à l’automne au moment où tu t’en rends compte.
Plutôt que de raconter une seule histoire, l’album suit un fil plus diffus. Piste après piste, on a le sentiment d’errer dans un paysage construit avec des fragments de temps, des choses à moitié rappelées, à moitié oubliées.
Cette approche colle parfaitement à l’ADN de Thy Catafalque. Depuis les débuts black metal à Makó en 1998 jusqu’aux derniers albums primés, le projet de Kátai refuse les frontières nettes. Ici encore, le metal sert surtout de point de départ vers autre chose.
Avec une durée totale d’un peu plus d’une heure et douze morceaux au compteur, XIII: Sárga erdő prend le temps de s’installer, sans chercher le concept-album forcé. L’unité se fait plutôt dans cette sensation de marche lente au milieu des arbres.


De black metal de chambre à export le plus singulier de Hongrie
Au départ, Thy Catafalque n’était qu’un duo de black metal qui ne comptait même pas monter sur scène. Le nom même, “catafalque”, annonçait une musique sombre et introspective, coincée dans la pénombre des studios.
Album après album, notamment avec Microcosmos puis Tűnő Idő Tárlat, le projet a pourtant débordé de son genre d’origine. La signature chez l’avant-garde label Epidemie Records en 2009 a offert un premier vrai public, et Róka Hasa Rádió a servi de déclic.
En 2011, Rengeteg, premier disque sorti chez Season of Mist, officialise la bascule: Thy Catafalque devient pleinement le terrain de jeu de Tamás Kátai, épaulé par une constellation de collaborateur·rices. Depuis, chaque album aligne parfois plus de vingt invité·es.
Cette liberté a mené à des disques toujours plus inclassables, du mélange de prog, d’électro et de jazz à l’exploration profonde des racines folk hongroises. Les prix Fonogram reçus pour Vadak et Alföld ont fini d’asseoir le groupe comme l’un des exports metal les plus singuliers du pays.
Ironie du sort, le projet “de studio” joue désormais sur les grandes scènes. Fekete Zaj, Hellfest, Rockstadt Extreme, Alcatraz, premières dates en Amérique latine, tournées européennes… la forêt imaginaire de Kátai se déploie désormais devant un vrai public.
Un vrai batteur, 34 invité·es et une forêt qui continue de tourner
Sur XIII: Sárga erdő, la nouveauté la plus tangible saute immédiatement aux oreilles: les rythmiques viennent d’un batteur en chair et en os, Árpád Szenti, et non plus de programmations. Ce détail change la respiration de l’album, qui gagne en grain organique et en mouvement.
Comme souvent chez Thy Catafalque, la liste des invité·es impressionne. Trente-quatre musicien·nes et chanteur·ses apparaissent, sans oublier un chœur masculin de vingt voix. Pourtant, le disque évite la démonstration gratuite.
Les textures folk et classiques, très présentes sur XII (sitar, kamancheh, cithare, cordes, vents…), reviennent ici avec plus de parcimonie. Elles sont choisies pour des instants précis, quand la chanson en a réellement besoin, plutôt que comme signature permanente.
L’album a été enregistré entre plusieurs lieux, avec un passage clé au studio Miracle Sound Szeged. Kátai reste à la production, épaulé par Gábor Vári aux manettes du son, déjà à l’œuvre sur le disque précédent.
Au bout du chemin, il reste cette image simple: tu entres dans une forêt jaune, tu la traverses sans guide et tu te retournes. Les couleurs ont changé, mais tu ne sais pas trop quand. C’est exactement là que XIII: Sárga erdő semble vouloir t’emmener.


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