Twin Serpent revient pour retourner ton cerveau à coup de banjo saturé. Le gang norvégien lâche aujourd’hui « Hundromshelvete », deuxième extrait de son prochain album True Norwegian Blackgrass, prévu pour le 8 mai 2026 chez Svart Records. Si tu cherches un truc carré, lisse et bien peigné, tu peux faire demi‑tour. Ici, ça mélange country crasseuse, énergie punk et esthétique black metal lo‑fi, le tout avec un grand sourire tordu.
Hundromshelvete : la claque nordique
Avec « Hundromshelvete », Twin Serpent pousse tous les potards dans le rouge. Le morceau incarne à fond leur délire True Blackgrass : ça twang sec, ça cogne fort, et tu sens les guitares partir en orbite à la Mars Volta pendant que les voix se répondent comme deux prêcheurs possédés. Pourtant, tout démarre presque « gentiment », façon crust-country à la The Taxpayers, avant que les banjos et les solos stridents ne transforment le tout en tornade sous amphét’.
Le groupe décrit le titre comme un hommage au Nord de la Norvège, cette zone au fond du fjord où l’isolement te grimpe doucement au cerveau. D’ailleurs, la moitié du groupe vient de ce « Mordor » glacé, avec l’éternelle nuit d’hiver et les pensées qui tournent en rond. Logiquement, les paroles – en norvégien – parlent de dépression, d’anxiété et de parano complotiste, mais toujours avec ce clin d’œil tordu et quelques références à « Psycho Killer » qui font sourire autant qu’elles dérangent.
Même sans fosse ni pogo, tu sens la sueur dans chaque mesure. La batterie te poursuit comme si elle voulait te jeter hors de la salle, tandis que la fin crust-country explose en apothéose bien crade. Au passage, le titre lui‑même est un jeu de mots entre un petit bateau traditionnel du Nord et l’Enfer. Oui, ces gens ont de l’humour, mais un humour qui sent la fumée et le gasoil.
True Norwegian Blackgrass : train fantôme country punk
Si tu as raté leur premier disque Feels Like Heaven, North Of Hell (2022, Loyal Blood Records), il avait déjà été salué comme un ovni total, comparé à GY!BE ou Tom Waits. Avec True Norwegian Blackgrass, Twin Serpent promet de pousser tout ça encore plus loin. Le groupe parle d’un train‑beat lancé à vitesse de déraillement, entre riffs country, attitude punk et petites touches occultes cosmiques. Tu peux t’attendre à des textes qui tapent sur la résistance aux éoliennes, l’industrie du porno ou l’Amérique post‑Trump, toujours avec ce clin d’œil un peu gogol mais très lucide.
En plus, l’album a été enregistré à la maison, ou presque. Le quatuor a posé ses valises à Piir Studio, à cinq minutes à pied de leur quartier de Svartlamon, à Trondheim, pendant une semaine d’été étouffante. Le « wizard technician » Vebjørn Svanberg Numme a capté le groupe au plus brut, avec ce son qui donne l’impression que le set se joue dans une grange transformée en chapelle hérétique. Douze morceaux sortent de cette session : amour, trahison, trous noirs, et des licks country qui se crashent contre du rock’n’roll gras, le tout saturé de pur venin punk.
Le côté DIY est poussé jusque dans l’artwork. Hanna (basse, chant) et Tony (guitare, chœurs) ont signé la pochette, pensée comme un puzzle où chaque détail a sa raison d’être. Et comme si ça ne suffisait pas, il y a même un titre en finnois, clin d’œil aux racines de Timo Silvola, chanteur, banjoïste et maître de cérémonie de ce True Blackgrass complètement frappé.


Un outsider taillé pour les âmes tordues
Sous ses airs de blague de bar, Twin Serpent tient un vrai truc à part. Le groupe parle de « noisy but cute outsider band », et ça colle bien : tu passes d’harmonies vocales presque tendres à des banjos distordus qui hurlent comme des amplis au bord de l’implosion. Un jour, leur set peut fonctionner dans un bal de grange, le lendemain sur une affiche de festival punk, sans que personne ne trouve ça étrange. C’est exactement ce genre de zone grise que le True Blackgrass vient occuper.
Signé chez Svart Records pour ce deuxième album, le quatuor aligne une équipe soudée : Timo Silvola au chant, banjo et guitare acoustique, Hanna Fauske à la basse et au chant, Tony Gonzalez à la guitare électrique et aux chœurs, et Viktor Kristensen à la batterie et aux percussions. Ensemble, ils balancent une musique qui sent la sciure de bois, les nuits trop longues et les blagues bien noires racontées à 3 heures du matin.
Alors, si tu as envie d’un truc qui floute les frontières entre country, punk et noirceur norvégienne, tu peux foncer sur « Hundromshelvete » dès maintenant, puis cocher le 8 mai 2026 pour la sortie de True Norwegian Blackgrass. Ce genre de disque ne réconciliera peut‑être pas ta famille, mais il pourrait bien réconcilier en toi le kid punk et l’âme torturée qui rêvait secrètement de banjo.
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