Daughter From Hell

par Gracie Abrams

8
sur 10

Gracie Abrams ne chôme pas ! Après avoir sorti The Secret of Us en juin 2024 et enchainé une tournée mondiale en 2025, la jeune chanteuse revient déjà avec Daughter From Hell, son troisième album, sorti le vendredi 17 juillet.

L’album s’ouvre sur Hit The Wall, le premier single sorti deux mois auparavant. Si le coup de cœur n’est peut être pas immédiat, on en vient finalement à aimer ce titre sensible de plus en plus au fil des écoutes. Sur ce morceau, Gracie Abrams remet en question son passé, son comportement, ses habitudes, ses relations… On poursuit sur Death Wish ! Lors de sa dernière tournée, Gracie Abrams avait révélé ce titre inédit lors d’un concert, et avait sorti sa version live au piano quelques jours après. Sa version studio est quelque peu surprenante lors de la première écoute, puisqu’on délaisse le piano pour une guitare (la production d’Aaron Dessner sur cet album n’y est peut être pas pour rien!). Si cela nécessite un léger temps d’adaptation, on se fait vite à cette version qui est un de meilleurs titres de l’album! Gracie Abrams revient sur une relation passée et le comportement manipulateur qu’elle a subi et sur lequel elle fermait les yeux sans se rendre compte.

On poursuit sur The Knife – le premier de l’album, car la thématique des couteaux reviendra dans les paroles de nombreux titres ! Le refrain chantonnant et le piano nous font presque oublier la tristesse et presque violence des paroles. Ici, Gracie Abrams décrit le cercle vicieux de savoir qu’une personne est néfaste dans notre vie… mais de continuer de s’y accrocher comme on tiendrait un couteau, parce que nous sommes tout simplement habitué à cette douleur. « And you just ruined my life, knowing that I’ll be further from fine. I’ll be burning this down but keeping your knife. This won’t be the last time« .

daughter from hell

Gracie Abrams a présenté Daughter From Hell comme un projet qui parlerait aux personnes ayant des relations compliquées avec leur mère. Avec le title-track, on s’attendait donc à un morceau sur les difficultés rencontrées ou causées par une « fille de l’enfer ». Au lieu de ça, Daughter From Hell est une lettre d’amour à sa maman, une déclaration de toute la fierté qu’elle ressent pour elle. « With both of your hands, you held up our house. And down to  my bones, I hope that I make you proud » / « I want to say how much I owe you. I’ve loved your shoulder. Daughter from hell, but I came around. I’ll try to become you now« . Le riff de guitare électrique en fond de cette déclaration intensifie les émotions qui sont là où on ne les attendait pas ! Et si on pourrait parfois reprocher à Gracie Abrams la ressemblance de sonorités entre tous ses morceaux, Daughter From Hell s’en démarque sans effort. Arrive ensuite le second single et probablement meilleur titre de l’album : Look At My Life ! Ici Gracie fait ce qu’elle fait de mieux : une poésie et texte poignant, sur un rythme qui nous entraine. La chanteuse explique la difficulté ressentie lorsque l’on a accompli tout ce dont on rêvait… et qu’on ne se sent toujours pas bien, toujours « incomplet ». « Got what I wanted, it doesn’t sit right. / But oh well look at my life, bet you can »t tell, but it’s kind of a bad time. A new spiral every night, bawlin’ my eyes out, no, but I’m so fine« . Un ressenti sans doute aisément partagé par toute une génération ! Et sans nul doute un morceau qui sera un moment clé de la prochaine tournée, qui porte d’ailleurs le titre de cette chanson.

Si la plupart de ses chansons sont remplies des peines de cœur de Gracie Abrams, avec Good Reason, elle se remet en question, tout comme dans Hit The Wall, prenant sa part de responsabilité et acceptant qu’elle a, aussi, pu faire du mal à quelqu’un en le quittant sans avoir une « bonne raison ». Les paroles sont poétiques, mais la mélodie monotone rend le titre presque un petit peu trop long… mais vite oublié avec Men Like You ! Du même acabit que Daughter From HellMen Like You nous surprend par son message. En effet, le titre ne parle pas du tout des hommes ! Au contraire, ici, la chanteuse évoque ses comparses féminines, celles qui savent manipuler et retourner le monde pour se faire aimer, et face à qui on se retrouve toujours dans l’ombre.

La balade Sober casse le rythme créée et nous renvoie au style de son tout premier album, Good Riddance. Gracie Abrams nous chuchote presque les paroles à l’oreille ! Le morceau, bien que très calme, est très joli, mais souffrira peut être de sa place sur l’album. En effet, situé juste avant la déchirante mais sublime Broke My Heart, Sober perd peut être en efficacité. Gracie Abrams collabore une fois de plus avec sa meilleure amie de toujours : la chanteuse Audrey Hobert. Elles avaient déjà collaboré ensemble, notamment pour le viral That’s So True. Les deux artistes se rejoignent pour collaborer sur l’entrainante et catchy Minibar ! Celle-ci reste en tête, et on adore ! Un morceau clairement écrit pour les introvertis, merci Gracie !

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Elle en profitera également pour composer un morceau avec son partenaire, Paul Mescal, sur Imaginary Friend. Le contraste avec Minibar et son air festif est très net. On pourrait imaginer ici une balade d’amour, mais le fait qu’elle écrive le morceau avec son bien-aimé n’empêche pas la chanteuse de rester sur un morceau très mélancolique. Si la souffrance, les ruptures et peines de cœur donnent nettement plus d’inspiration et de matériel à exploiter, avec Afflictions, Gracie Abrams écrit sa balade d’amour de l’album. Ses chansons d’amour sont rares. Celle-ci nous rappelle la douceur de Packing It Up sur l’album précédent, et c’est un titre qui fait du bien ! On poursuit ensuit avec Humming et sa guitare pleine de douceur. On se laisse rapidement convaincre par la petite cadence de la chanson, dans laquelle Gracie Abrams chante ce qui pourrait probablement être l’hymne de tous les musiciens et chanteurs : « No way to make sense of it, that’s why I’m making sound« .

L’album se clôture sur What If It’s Right et Cold Goodbyes. La première, en duo avec Marcus Mumford a sans nul doute été enregistré à la même période que Badlands. Si l’efficacité du rassemblement des voix de Gracie et Marcus n’est plus à prouver, c’est toutefois un bonheur de les retrouver tous deux en duo sur une nouvelle collaboration !

Ce qu’il faut retenir de Daughter From Hell :

Pour son troisième album, Gracie Abrams s’est alliée à Aaron Dessner dont l’influence est perceptible tout au fil de l’album. Daughter From Hell nous ramène à la douceur de Good Riddance, avec des balades presque susurrées, tout en gardant l’efficacité pop de The Secret Of Us. L’album est quelque peu « en dents de scie », oscillant tantôt entre la pop dansante et les mélodies beaucoup plus plates. Mais si le rythme de l’album semble un peu instable, cela ne détériore en rien la qualité de l’œuvre. Graice Abrams nous offre un opus plus ouvert, vulnérable et à fleur de peau. Nous avons déjà hâte de découvrir ces nouveaux titres lors de la tournée Look At My Life Tour qui passera par Paris les 8, 9 et 12 avril 2027 ! Si vous avez adoré l’album, ne tardez pas à prendre vos places !

TRACKLIST
  1. Hit The Wall
  2. Death Wish
  3. The Knife
  4. Daughter From Hell
  5. Look at My Life
  6. Good Reason
  7. Men Like You
  8. Sober
  9. Broke My Heart
  10. Mews
  11. Minibar
  12. Imaginary Friend
  13. Afflictions
  14. Humming
  15. What If It’s Right?
  16. Cold Goodbyes

Daughter From Hell

par Gracie Abrams

8
sur 10

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