A Whisp Of The Atlantic

par Soilwork

9
sur 10

Les suédois du groupe Soilwork nous gâtent en cette fin d’année 2020 d’un nouvel EP poétiquement intitulé A Whisp of the Atlantic. Un voyage aquatique et introspectif de 36 minutes, entre le calme et le chaos le plus complet.

Soilwork

Soilwork, ces piliers du death metal mélodique nous régalent depuis 1995 (26 ans déjà !) avec une multitude d’EP et un total de 11 albums studios. Le dernier en date, Verkligheten (2019) apparaissait dans mon top album 2019 malgré des chansons aux styles assez répétitifs, mais représentant bien la patte du groupe.

Ils nous reviennent ce 4 décembre avec l’EP A Whisp of the Atlantic, ayant pour thème l’aliénation, l’isolement et la catastrophe. Comme ils le décrivent eux-mêmes : “Si vous veniez d’un autre monde comme celui de l’Atlantide par exemple, comment vivriez-vous de découvrir notre monde tel qu’il est actuellement ? Comment pouvons-nous gérer le fait que notre planète soit devenue un endroit si différent à cause de la pandémie et que nous avons tous et toutes des choses qui nous manquent et que nous pourrons plus jamais profiter dans leur forme originelle ? Le monde dans lequel nous vivons est-il déjà un monde détruit, submergé, telles des ruines sur lesquelles nous pourrons un jour reconstruire un meilleur modèle ?”.

Soilwork - A Whisp of the Atlantic

Soilwork – A Whisp of the Atlantic

Cover Art

La pochette de cet EP A Whisp of the Atlantic représente bien les deux aspects de son titre : L’Atlantique, cette masse d’eau monstrueuse et déchainée qui bouillonne en s’élevant vers le ciel et les représentations d’êtres mythiques et mythologiques en arrière-plan très au-dessus de cette agitation, évoquant les chuchotements des êtres divins. Cette dualité entre calme et chaos sera omniprésente dans cet EP, telle une lutte entre bien et mal.

Les morceaux

Cet EP débute sur un véritable monstre : le titre éponyme dure plus de 16 minutes, un beau bébé digne des meilleurs albums de metal progressif (Leprous, Ne Obliviscaris, etc). Ce morceau est d’une diversité à faire pâlir les meilleurs compositeurs et le travail progressif le plus abouti de la part de Soilwork depuis de nombreuses années. On retrouve ici une nouvelle dualité entre les périodes calmes de mélodies au piano et les moments de purs chaos. Les deux personnalités de cette chanson se rejoignent à la perfection pour des passages vocaux et instrumentaux entrainants et hautement addictifs. Ajoutez à tout cela des passages jazzy grâce à des instruments à vents, des riffs et solos de guitare démentiels et un final à l’image du début de cette chanson, sur de douces notes de piano afin de fermer le cercle à la manière d’un Ourobouros.

Le reste de cet EP est d’une diversité sans nom, oubliez ce que vous venez d’entendre et préparez-vous à être mangés à 4 autres sauces !

Pour les amateurs de sons lourds sans trop de fioritures des années 80’s, les pistes Death Diviner et The Nothingness and the Devil sont faites pour vous. The Nothingness and the Devil va vous offrir des guitares en double twin, des blasts bien lourds et du chant death. Death Diviner mélangera voix claire et death au-dessus de riffs de guitare répétés à l’infini et de slides façon Redneck. Malgré ce chaos et cette accélération par rapport au premier morceau, Soilwork nous laisse respirer avec des mélodies ralenties et douces avant d’enchainer sur la suite. On retrouve ces motifs instrumentaux par exemple chez Insomnium (Shadow of the Dying Sun).

Pour les deux derniers morceaux Feverish et Desperado, les synthétiseurs sont de sortie afin d’ajouter une couche supplémentaire au travail des musiciens et du chanteur Björn Strid. Par rapport aux autres morceaux, Desperado est bien plus courte mais c’est celle-ci qui gagne le prix de la chanson la plus rapide et brutale de l’album, en opposition avec Feverish qui la précède, plus légère.

Conclusion

Pour conclure, A Whisp of the Atlantic nous donne tellement en aussi peu de temps ! Pas une seule sensation de répétition après plusieurs écoutes de cet EP de 36 minutes. Soilwork nous a donné ici un EP de 5 chansons qui ont toutes leur identité propre et son but associé, le tout dans le travail progressif le plus abouti de leur carrière avec ce premier morceau phénoménal. Pour les fans de longue date du groupe, les amoureux du death mélo/prog ou les chercheurs de nouveaux sons, n’hésitez pas une seconde à plonger dans l’Atlantique (j’ai sauté le pas en achetant le vinyle personnellement).

Tracklist :

  1. A Whisp of the Atlantic (16:31)
  2. The Nothingness and the Devil (5:36)
  3. Feverish (5:56)
  4. Desperado (3:44)
  5. Death Diviner (5:06)

A Whisp Of The Atlantic

par Soilwork

9
sur 10

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