Dans des arènes de Fourvière quasi complètes ce lundi 13 juillet, le rock était à l’honneur pour une soirée marquée par la chaleur et la fête. Deux groupes, Los Bitchos et Wet Leg, pour un voyage sonore inoubliable.
MISE EN JAMBES
Dure est la place de celles qui doivent remplacer au pied levé les absentes Lambrini Girls mais force est de constater qu’en terme d’ouverture pour Wet Leg, le groupe international Los Bitchos nous aura épaté. Une excellente mise en bouche festive instrumentale où les boucles et riffs aux sonorités latinos viennent se mêler au meilleur de la britpop, du rock expérimental et parfois même du punk. Elles nous auront fait danser alors que le soleil se couchait doucement sur la colline.


Composé de Serra Petale, Australienne et Turque, Agustina Ruiz, Uruguayenne, Josefine Jonsson, Suédoise et Nic Crawshaw, Brittanique, et d’un guitariste non nommé aux pieds nus. C’est ce cosmopolitisme qui donne toute son unicité au groupe. Essentiellement instrumental, Los Bitchos n’a besoin que d’une langue, celle de la musique, pour partager son message et son énergie, traduit dans un public conquis par des mouvements de danse effrénés et aléatoires.



Compositrices de deux albums dont le dernier opus Talkie Talkie date de 2024, qu’elles interprètent avec brio sur scène. Los Bitchos nous auront même offert quelques chansons inédites, annonçant très probablement la sortie prochaine d’un troisième album. Si l’énergie de la scène pouvait être retransmise aussi bien aux versions studios, nous serons là pour les écouter.
ALL day long
Après un interlude qualité premium pendant le changement de scène (agrémenté de morceaux de LCD Soundsystem et autres Warmduscher) ceux pour qui nous sommes tous venus ont fait leur apparition sur la scène légendaire des arènes gallo-romaines. Le terme apparition est particulièrement bien employé, les musiciennes et musiciens de Wet Leg sortant littéralement d’un écran de fumée blanche alors que les premières notes fusent. Se joue alors un jeu de cache-cache avec le spectateur dans lequel on ne peut que deviner ce qui se passe sur scène, entremêlé d’instants troubles où Rhian Teasdale, chanteuse et co-fondatrice du groupe, surgit du néant pour nous imposer son charisme fou.



C’est cet entre-deux constant qui marque devant Wet Leg, la puissance de leur musique face au calme et à la douceur de la voix de Teasdale. Après un premier album sobrement nommé Wet Leg, grand succès critique et public, Rhian Teasdale et Hester Chambers (guitare, chœurs) sont de retour avec une version augmentée de leur groupe. Passant d’un duo à un véritable quintet, pour défendre en concert leur deuxième album Moisturizer. Plus bourrin et malicieux que le premier tout en gardant une certaine fraîcheur, c’est quasiment l’intégralité de ce second album qui aura été joué ce 13 juillet.


La grande joie de voir un groupe encore jeune sur scène est le plaisir de les voir jouer avec bonheur leurs morceaux, même les plus cultes comme leur premier tube Chaise Longue. Pas encore lassé des tournées interminables brisant cette fraîcheur des premières émotions de voir une salle scander ses paroles. Le public Lyonnais aura été impressionnant, probablement le plus mouvementé de cette année. Dépassant la fougue et l’émoi réservées à Pulp ou à Jack White, à base de pogos et body surfing.
being in love
Wet Leg nous a proposé une setlist aux petits oignons. Tellement bien ciselée que la chanteuse s’est excusée en début de concert à certains spectateurs arborant une pancarte demandant un morceau : ‘Sorry but we won’t be playing this song tonight… We hope you’ll enjoy anyway!’ En concert Wet Leg est un papier à musique étonnamment bien ornementé. Chaque chanson est un tour de manivelle supplémentaire, dissonant de sa version studio par une énergie communicatrice qui perdure jusqu’aux dernières notes.


Pas de rappel, mais George Michael propulsé par les enceintes lorsque la lumière se rallume. Laissant le public retourner dans ses grottes surchauffées par la canicule ambiante, parcourant les dalles millénaires au son d’un enivrant Careless Whisper.



Setlist :
- catch these fists
- Oh No
- Wet Dream
- Supermarket
- liquidize
- jennifer’s body
- Being in Love
- pond song
- Ur Mum
- Too Late Now
- davina mccall
- 11:21
- pillow talk
- u and me at home
- Angelica
- Chaise Longue
- CPR
- mangetout

























