Un samedi particulièrement chargé au Graspop 2026
Après deux jours de festival, le samedi du Graspop 2026 s’annonce comme l’une des journées les plus chargées de cette édition. Hollywood Undead, Sepultura, Orden Ogan, Sonata Arctica, BABYMETAL, Architects, Bad Omens et Bring Me The Horizon se succèdent sur les différentes scènes.
Difficile de faire des choix.

© Rudy De Doncker
On ouvre la journée avec le groupe The Pretty Wild sur la North Stage. Les plus courageux membres du public du samedi sont venus à midi pile pour applaudir les sœurs Wylde. Le groupe était en tournée européenne cette année en ouverture de Sleep Theory. Les deux chanteuses alternent aisément entre le chant clair et le chant gutural. Le set est court, mais elles nous réservent tout de même 8 chansons.
Le public semble convaincu, la foule s’agrandit au fur et à mesure que l’on avance dans le concert. Une belle ovation récompense le groupe qui mérite d’être regardé de plus près ces prochaines années.
Découvrez notre interview des chanteuses de The Pretty Wild

© Rudy De Doncker
P.O.D arrive ensuite à son tour sur la North Stage à 13h50. Il est encore un peu tôt, pour un troisième jour de festival, mais le public est directement investi. Le hit Boom fait l’effet escompté.
Le chanteur Sonny Sandoval a toujours un flow très entrainant. Son micro rouge (avec un très long câble rouge) est hypnotisant. Le temps est court et les hits reviennent. L’apprécié Satellite est bien reçu et un peu plus tard c’est un wall of death qui est réclamé. Youth of the Nation et Alive clôturent un rapide set qui a ravi la foule venue de bonne heure.

© Rudy De Doncker
Hollywood Undead. Le groupe californien mélange depuis ses débuts rap, rock, metal et musique électronique, avec une formule qui peut sembler assez éloignée du metal traditionnel du Graspop. Les nombreux chanteurs du groupe se succèdent selon les morceaux et se mettent parfois aux instruments pour laisser leurs compères se mettre en lumière.
L’énergie très directe du groupe se prête particulièrement bien au format festival, où les différents styles se croisent constamment. Undead embarque la foulée d’emblée. Des hits récent comme 1×1 ou plus anciens comme Riot ne laissent pas le temps au public de redescendre. Avant Comin’ in Hot, Jordon « Charlie Scene » Terrell fait monter un jeune fan sur scène. Il lui fait introduire le morceau à coups de gros mots qui semble ravir le petit fan du groupe.
Retrouvez notre interview d’Hollywood Undead.

© Rudy De Doncker
Orden Ogan
Le power metal fait son entrée
Direction ensuite la Jupiler Stage avec Orden Ogan.
Le groupe allemand évolue dans un power metal particulièrement mélodique. Orden Ogan assume pleinement les codes du power metal.

© Peter De Jongh
Les guitares prennent davantage de place et les refrains sont clairement pensés pour être repris par le public. Le groupe sait exactement ce qu’il veut proposer et ne cherche pas à compliquer sa formule.
Une prestation efficace, qui rappelle que le Graspop Metal Meeting 2026 reste profondément attaché aux différentes traditions du metal européen.

© Peter De Jongh
Three Days Grace et Catch Your Breath
Retour d’Adam Gontier dans le groupe canadien
Three Days Grace arrive en pleine tournée de l’album Alienation qui marque le retour du chanteur Adam Gontier dans le groupe. En complément de Matt Walst qui officiait comme chanteur jusque là. Si en France le groupe est passé pour la première fois en fin d’année dernière, ce n’est pas un coup d’essai pour la Belgique et notamment le Graspop (2019 et 2023).

© Tim Tronckoe
Entre nouveaux morceaux et classiques d’adolescence le groupe sait choyer le public. Le hit Animal I Have Become arrive rapidement et donne lieu à d’énergiques mosh pit. C’est un circle pit qui s’invite sur The Good Life. Les morceaux cognent autant que le soleil encore à 18h.
Le très récent Mayday est particulièrement apprécié, mais pas autant adulé que l’hymne tant attendu Never Too Late.

© Tim Tronckoe
Le metal moderne s’invite au Metal Dome
Changement complet d’ambiance en parallèle avec Catch Your Breath au Metal Dome.
Le groupe américain évolue dans un metal alternatif beaucoup plus moderne, où les guitares côtoient des éléments électroniques et des mélodies très présentes. Le résultat se rapproche davantage des productions actuelles du metalcore et du rock alternatif que du heavy metal traditionnel.
Le Metal Dome convient particulièrement bien à cette proposition. La salle permet de retrouver une atmosphère plus concentrée et donne davantage de poids aux passages les plus mélodiques.
Sonata Arctica
La mélodie avant tout
Le groupe finlandais fait partie des formations incontournables du power metal mélodique européen. Ici, les claviers occupent une place importante aux côtés des guitares, tandis que les mélodies restent au centre des compositions.
Après Orden Ogan, le changement peut sembler moins radical sur la Jupiler Stage, mais les deux groupes proposent pourtant des approches assez différentes du genre.
Le groupe joue un set assez court, malgré l’heure déjà un peu avancée (c’est le cas de tous sur cette scène), mais celui-ci est percutant. Un petit mélange de tout ce que Sonata Arctica sait faire. De The Wolves Die Young à Don’t Say a Word avec I Have a Right. Le chanteur Tony Kakko s’assoit sur Shy pour un moment de douceur en acoustique juste au piano.

© Peter De Jongh
L’apprécié FullMoon fait toujours des merveilles et la clôture du classique “we need some vodka” continu à nous amuser.
Sonata Arctica continue de privilégier davantage les atmosphères et les mélodies, avec une identité qui s’est construite au fil de plusieurs décennies.
BABYMETAL
Quand la J-pop rencontre le metal
À 20h, BABYMETAL investit la North Stage.
Le trio japonais composé de SU-METAL, MOAMETAL et MOMOMETAL mélange metal, J-pop, chorégraphies et esthétique très travaillée. Sur le papier, l’association peut sembler improbable. Sur scène, elle devient pourtant extrêmement cohérente.
Les passages metal sont accompagnés d’une mise en scène millimétrée et de chorégraphies qui donnent au concert une identité immédiatement reconnaissable. La chanteuse principale Suzuka Nakamoto se lance tout de même à demander des circles pit, qui sont joyeusement suivis.
Nous apprécions le moment de mise en avant des musiciens, souvent un peu sous-côtés en comparaison des filles alors qu’ils ont un réel talent à proposer.
Le récent Ratatata est proposé sans le groupe Electric Callboy non présent ce jour (ils seront là demain). Mais le Gimme Chocolate!! est un grand classique définitivement apprécié de tous.
Voir une formation japonaise imposer une proposition aussi différente sur l’une des grandes scènes du Graspop constitue un moment particulier.
Architects
Le metalcore britannique à pleine puissance
À peine le concert de BABYMETAL terminé, direction la South Stage pour Architects.

© Tim Tronckoe
Depuis ses débuts, Architects a largement participé à l’évolution du metalcore, tout en faisant progressivement évoluer son propre son. Les compositions sont toujours basées sur des riffs et des breakdowns, mais les mélodies, les arrangements électroniques et les passages plus atmosphériques occupent aujourd’hui une place beaucoup plus importante.
Sur scène, cette évolution est particulièrement efficace.
Architects possède surtout cette capacité à transformer un concert de metalcore en véritable spectacle de grande scène.

© Tim Tronckoe
Bad Omens
Le metalcore change encore de visage
La soirée continue avec Bad Omens sur la North Stage.
Pour sa première apparition au Graspop 2026, le groupe américain arrive avec une approche encore différente du metalcore. Le groupe s’est construit une identité qui dépasse largement les frontières du metalcore traditionnel.
Ce mélange est particulièrement visible dans les morceaux les plus mélodiques, où les textures électroniques occupent parfois autant de place que les guitares.
Après Architects, la comparaison est intéressante. Les deux formations appartiennent à la même grande famille musicale, mais leur manière d’utiliser l’électronique et les mélodies n’est pas la même.
Architects conserve une approche très liée au metalcore britannique. Bad Omens semble davantage regarder vers le rock alternatif et la pop moderne.
Bring Me The Horizon
Terminer le samedi sous la pluie
Minuit approche lorsqu’il est temps de rejoindre la South Stage pour Bring Me The Horizon.
Le groupe de Sheffield a connu l’une des évolutions les plus importantes de la scène heavy britannique. D’abord associé au deathcore, puis au metalcore, Bring Me The Horizon a progressivement intégré des éléments de rock alternatif, d’électronique et même de pop. Cette évolution est devenue une partie intégrante de son identité.
Le concert s’ouvre avec une fausse IA digne d’un jeu vidéo. Les confettis ouvrent l’entrée de BMTH sur DArkSide. The House of Wolves enchaine directement avec les circles pits. Le public a encore de l’énergie a revendre. Les tirs d’artifices introduisent MANTRA quant aux pyrotechnies elles arrivent pour AmEN!. Le groupe britannique sort le grand jeu.

© Dorien Goetschalckx
Le groupe est capable de passer d’un morceau très lourd à un passage beaucoup plus mélodique ou électronique sans donner l’impression de perdre son identité.
Nous avons le plaisir de retrouver BabyMetal qui vient chanter sur le featuring Kingslayer ! C’est ensuite une fan qui est choisi pour venir chanter sur Antivist.
Le concert se termine par un rappel sous la pluie battante, qui a soulagé beaucoup de monde après les fortes chaleurs, et a donné un aspect féérique au dernier concert, avec les éclairages qui se reflétaient sur la pluie. Osons dire que nous avons vécu un moment inoubliable quand la pluie s’intensifie énormément PILE au moment où Oli hurle le “So come rain on my parade” de Doomed. Puis Drown sous la pluie a également un côté amusant, avant de conclure sur le classique Throne.
Un samedi qui résume la diversité du Graspop 2026
Ce troisième jour du Graspop 2026 aura surtout été marqué par la diversité de sa programmation.
Hollywood Undead mélange rap, rock et metal. Orden Ogan défend le power metal. Catch Your Breath représente une approche plus moderne et électronique. Sonata Arctica revient aux mélodies du power metal finlandais. BABYMETAL fait exploser les frontières entre J-pop et metal.
Puis Architects et Bad Omens montrent deux évolutions différentes du metalcore contemporain, avant que Bring Me The Horizon ne rassemble à sa manière plusieurs de ces influences.
Et après cette troisième journée du Graspop Metal Meeting 2026, il reste encore un dernier jour.
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