We Came as Romans joue au Graspop 2026, l’occasion d’aller interviewer le bassiste Andy Glass.
Pozzo Live : Comment vas-tu aujourd’hui ?
Andy Glass : Très bien, merci de demander !
Pozzo Live : Peut-être un peu chaud ?
Andy Glass : (Rires) Oui ! Je crois qu’il fait autour de 90 degrés Fahrenheit. Je ne sais pas exactement combien ça fait en Celsius, mais il fait vraiment très chaud.
Nous sommes arrivés très tard cette nuit. Nous venions directement du Hellfest en bus et le trajet a pris beaucoup plus de temps que prévu. Résultat : nous sommes arrivés très tard et nous n’avons pas mangé avant 15 heures.
Nous avons juste eu le temps de manger avant de commencer à nous préparer pour le concert.
Mais c’est le rock’n’roll, le spectacle doit continuer ! Et nous sommes heureux d’être ici.
Pozzo Live : Première question, en tant que Français : comment s’est passé le Hellfest hier ?
Andy Glass : Oh mon Dieu, c’était incroyable ! C’est l’un de mes festivals préférés parmi tous ceux que nous avons joués.
La dernière fois que nous avons joué au Hellfest, c’était il y a environ dix ans. Nous étions alors sur une plus petite scène. Cette année, dix ans plus tard, nous avons eu l’honneur d’ouvrir la Main Stage avant Bring Me The Horizon, Papa Roach et Breaking Benjamin.
C’était un véritable rêve devenu réalité. Le festival était complet, l’ambiance incroyable. Franchement, c’était magique.
Pozzo Live : Ce sera aujourd’hui votre troisième Graspop. Pas trop de pression ?
Andy Glass : Pas du tout.
Nous adorons le Graspop. C’est un festival extrêmement bien organisé. Les équipes prennent toujours soin des artistes et le public est incroyable.
Même avec cette chaleur, les gens continuent à faire la fête et à donner toute leur énergie. J’adore cet endroit.
Pozzo Live : En plus, vous avez de la chance : vous ne jouez pas sous une tente aujourd’hui.
Andy Glass : Oui, heureusement il y a un peu d’air !
Pozzo Live : Je crois qu’il vaut mieux être en plein soleil que sous une tente aujourd’hui.
Andy Glass : Exactement. Sous les chapiteaux, c’est comme un four.
Pozzo Live : Votre dernier album est sorti il y a bientôt un an. Avec le recul, en êtes-vous pleinement satisfait ? Que penses-tu des retours du public et de la presse ?
Andy Glass : Oui, nous sommes vraiment très heureux. Aujourd’hui, être un groupe est parfois compliqué. Tu sors un nouvel album dont tu es fier et une partie du public réclame immédiatement les anciens morceaux.
Mais pour nous, ce qui est très encourageant, c’est que les fans demandent justement les chansons des trois derniers albums : Cold Like War, Darkbloom et notre dernier disque. Nous avons joué certaines de nos plus grosses tournées en tête d’affiche grâce à ce nouvel album. Nos plus gros concerts européens et une partie de la plus forte croissance du groupe sont arrivés avec ce disque.
Je pense que cet album repose davantage sur une connexion profonde avec les gens que sur des singles calibrés pour la radio. Nous avons volontairement choisi une approche plus introspective, plus honnête, plus vulnérable. J’ai l’impression que cela correspond à la nouvelle identité du groupe.
La grande différence avec Darkbloom, c’est que ce dernier était centré autour de Kyle Pavone et de notre manière d’honorer sa mémoire. C’était extrêmement important pour nous. Mais plusieurs années plus tard, nous avions besoin d’écrire sur qui nous sommes aujourd’hui, en tant que cinq individus. Nous avons beaucoup discuté ensemble. Nous avons presque fait une forme de thérapie collective afin de trouver les sujets qui nous reliaient tous.
Je pense que c’est précisément ce qui rend cet album fort. Il est authentique, sincère et rien n’est forcé. Nous n’avons jamais cherché à écrire des morceaux destinés à passer à la radio. Nous avons simplement essayé d’être nous-mêmes.
Pozzo Live : Prenez-vous parfois le temps d’écrire en tournée ou préférez-vous attendre d’être de retour à la maison ?
Andy Glass : Le processus d’écriture est un peu particulier chez nous. Je travaille beaucoup avec un ami qui s’appelle Alex Menerik. Il a participé à de nombreuses chansons du dernier album et continue de collaborer avec nous aujourd’hui.
Pendant les tournées, je peux lui envoyer des idées, des ambiances ou des références. Il développe parfois des parties guitare de son côté. Ensuite, lorsque je rentre chez moi, nous nous retrouvons ensemble, nous échangeons nos idées, nous jouons de la guitare pendant des heures et nous travaillons parfois jusqu’au lever du soleil pour créer quelque chose qui nous enthousiasme.
En revanche, nous écrivons rarement directement sur la route. Je lis énormément pendant les tournées. J’écris aussi beaucoup dans mes journaux personnels. Je collecte des images, des émotions, des situations, des expériences, des mots ou des concepts qui pourront ensuite nourrir nos chansons. C’est une autre forme d’écriture. Ce ne sont pas forcément des riffs ou des mélodies, mais plutôt des idées, des sensations et des thèmes.
Lors des jours de repos, j’aime partir seul, méditer, écrire et lire. C’est souvent là que naissent les bases des futurs morceaux.
Pozzo Live : Il y a près de quatre ans, tu me disais que tu rêvais de jouer en Inde, en Égypte et à Hawaï. Est-ce que l’un de ces objectifs a été réalisé ?
Andy Glass : Je me souviens très bien de cette interview ! Et c’est toujours un plaisir d’échanger avec toi.
Concernant l’Inde, c’est toujours sur ma liste. Malheureusement, rien n’est encore prévu pour le moment, même si je continue régulièrement à en parler à notre agent.
En revanche, nous avons finalement joué à Hawaï. Grâce à cela, nous avons désormais joué dans les cinquante États américains !
Pozzo Live : Succès débloqué !
Andy Glass : Exactement ! (Rires)
C’était un moment très spécial. Nous avons toujours envie de découvrir de nouveaux endroits. C’est l’une des plus belles choses dans la vie d’un groupe : découvrir de nouvelles cultures, rencontrer de nouvelles personnes et explorer le monde.
J’espère que lors de notre prochaine interview, plusieurs nouvelles cases seront cochées.
Pozzo Live : As-tu une anecdote de tournée amusante ou mémorable à raconter ?
Andy Glass : (Rires) Nous vivons tellement de choses absurdes ensemble que beaucoup d’histoires ne sont drôles que pour nous. Mais il y en a une qui me revient.
Après la pandémie, nous passions énormément de temps dans notre bus. Un soir, notre guitariste Lou Cotton a attrapé un paquet de chips qui s’est retourné et les chips se sont répandues partout sur le sol. Je me suis dit : « Génial, il va encore falloir tout nettoyer. »
Puis Lou a commencé à écraser les chips avec ses pieds nus. Je lui ai crié d’arrêter parce que c’était franchement dégoûtant. Puis finalement, je me suis dit : « Attends… je vais essayer moi aussi. » Très vite, tout le groupe s’y est mis. On écrasait des chips dans tout le bus.
Le lendemain, nous sommes allés acheter des centaines de dollars de chips supplémentaires. Nous les avons dispersées partout dans le bus, les avons écrasées avec nos pieds et nous avons même filmé une vidéo. Nous avions baptisé cela « The Chippy ». Après chaque concert, nous faisions ces batailles de chips géantes. Ensuite, nous aspirions tout avec un excellent aspirateur et lorsque le chauffeur montait dans le bus en disant : « J’ai entendu dire qu’il y avait des chips partout ici… » Nous répondions : « Pas du tout. Aucune idée de ce dont vous parlez. ». Comme si rien ne s’était passé (Rires).
Pozzo Live : Vous alliez donc vous coucher couverts de miettes de chips ?
Andy Glass : Exactement ! Quand j’y repense, c’est complètement idiot. Mais pour nous, c’était hilarant.
Pozzo Live : Si tu pouvais dire quelque chose au Andy d’il y a quinze ans, que lui dirais-tu ?
Andy Glass : Je lui dirais qu’il fait du bon travail. Et surtout de ne pas s’inquiéter du regard des autres. Je lui dirais de croire davantage en lui-même.
Pendant de nombreuses années, j’ai douté de mes capacités. Je pensais parfois que certaines choses étaient hors de portée alors qu’en réalité elles ne l’étaient pas. Je n’ai aucun regret, mais aujourd’hui encore j’apprends à développer cette confiance en moi.
J’essaie de me rappeler que tout ce que je décide de poursuivre est possible si j’y consacre suffisamment d’énergie et de conviction. Je lui dirais aussi qu’il mérite sa place. Parfois nous avons l’impression de ne pas être au niveau ou de ne pas appartenir à certains environnements. Pourtant, chacun possède sa propre valeur.
Et cela vaut pour tout le monde. Il faut également accepter que l’échec fasse partie du parcours. C’est même ce qui rend les réussites aussi belles. Sans les moments difficiles, les grandes victoires n’auraient pas la même saveur.
Pozzo Live : Existe-t-il une question que l’on ne t’a jamais posée et dont tu te demandes pourquoi ?
Andy Glass : C’est une excellente question. Je pense que personne ne m’a jamais demandé pourquoi on fait de l’art. Pourquoi continuer malgré les difficultés, les pannes de bus, la fatigue, la chaleur ou toutes les galères inhérentes à ce métier ?
Pourquoi créer ? Je trouve cette question fascinante. Faire de l’art peut parfois ressembler à une forme de souffrance volontaire ou d’autosabotage. Mais en même temps, il existe tellement de raisons magnifiques de créer.
C’est probablement la question que je me poserais si j’étais assis à ta place. Pourquoi fais-tu de l’art ?
Pozzo Live : Dernière question. La même que la dernière fois, mais tu dois changer ta réponse. Quel groupe ou artiste conseillerais-tu à Pozzo Live d’interviewer ensuite ? La dernière fois, tu avais répondu Aesop Rock.
Andy Glass : Oui, j’allais justement répéter la même réponse ! (Rires)
Si je devais choisir quelqu’un d’autre, je dirais probablement Adam Jones de Tool. C’est un artiste fascinant. On parle souvent de son jeu de guitare, mais il réalise également énormément de travaux visuels. Il est impliqué dans l’art graphique, les effets visuels et de nombreux projets créatifs.
Je serais extrêmement curieux de comprendre comment il crée, quelles sont ses inspirations et ce qui nourrit son imaginaire. Et en plus, je sais qu’il est très drôle. Je pense qu’il ferait un invité exceptionnel pour une interview.
Pozzo Live : Merci beaucoup Andy !
Andy Glass : Merci à toi. C’était un plaisir.
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