Solence était de passage à la Maroquinerie pour leur tout premier concert français en tête d’affiche. Nous en avons profiter pour échanger avec le guitariste David Strääf.
Pozzo Live : Bonjour, comment est-ce que ça va ? On approche de la fin de votre longue tournée en tête d’affiche, comment vous sentez-vous ?
David Strääf : Je me sens fatigué, mais très comblé, très, très heureux et fier de ce qu’on a accompli. Et c’est tellement cool… parce que, comme tu l’as dit, c’est notre première tournée en tête d’affiche, notre propre tournée. Et c’est vraiment cool de rencontrer et de voir les gens qui aiment réellement le groupe, et de passer du temps avec eux. Ça, c’est ma partie préférée.
C’est vraiment surréaliste que le public soit là pour nous, d’une certaine manière. Ça m’a pris du temps de réaliser. Mais pendant les premiers concerts je voyais les billets, tout était vendu… c’est incroyable.
Pozzo Live : Comme nous venons de le dire c’est votre premier concert en tête d’affiche en France . Vous étiez très bien reçus en première partie, notamment à Lyon. Pas trop stressé pour ce soir ?
David Strääf : Pas du tout. Comme je le disais juste avant, maintenant que je sais que les billets ont été vendus et que je sais que les gens vont venir, ça va. Même si je n’arrive toujours pas vraiment à y croire, parce qu’on n’a jamais fait une tournée uniquement pour nous.
Non, je ne suis pas stressé. Je pense qu’on a fait tellement de concerts maintenant que tu sais ce que tu fais. Tu n’es absolument pas en pilote automatique, mais si tu as une petite journée un peu off, ça va, parce que tu peux te détendre : tu as joué tellement de fois que tu sais exactement ce que tu fais.
Et j’adore être dans cette phase où tu es juste à l’aise. Parce que les cinq ou six premiers concerts, quand tu joues un nouveau morceau… j’ai quelques solos qui sont assez longs et assez gros, et ça prend toujours du temps avant d’être chaud et confortable en les jouant. Mais maintenant je suis à l’aise, donc j’aime ça.
Pozzo Live : La tournée est intense. Avez-vous des conseils pour rester en forme tout du long ?
David Strääf : Honnêtement, rester en forme pendant une tournée, c’est impossible. Ce matin, j’ai mangé des bonbons et des chips au petit-déjeuner.
Au début de la tournée, j’aime m’entraîner, je m’entraîne beaucoup, c’est important pour moi, pour ma tête. Mais plus la tournée avance, plus tu manges mal, et c’est comme ça. Mais ce n’est pas grave : tu ne tournes pas toute l’année, donc ce n’est pas un problème.
Non, aucun conseil. En fait, mon conseil serait juste : laisse-toi porter, sois gentil avec toi-même, et tu régleras ça quand tu rentreras chez toi.
Pozzo Live : Beaucoup d’artistes parlent de la mauvaise nourriture en tournée. Vous aussi j’imagine ?
David Strääf : Oui, c’est horrible. C’est exactement ça. Je pense que dans notre groupe, on n’aime pas vraiment la malbouffe. Mais quand tu conduis et que tu t’arrêtes, c’est McDonald’s. Il y a toujours un McDonald’s.
Je souhaiterais que McDonald’s ferme et que tout soit remplacé par une option plus saine. Ce serait plus agréable à manger, parce que tu te sens toujours mal après. Je n’aime vraiment pas ça, mais c’est ce que tu dois faire, parce que c’est toujours ouvert et toujours disponible. Mais je suis assez sain le reste du temps, donc ça va.
Pozzo Live : Angels Calling est sorti depuis plusieurs mois. Avec le recul, êtes-vous satisfait des retours ?
David Strääf : Oui ! Quelque chose de vraiment cool quand tu joues, c’est que je pense qu’on a gagné beaucoup de fans avec cet album. Parce qu’on a beaucoup joué, on était en tournée avec Nothing More. Je sens que beaucoup de fans qui viennent maintenant sont vraiment dans cet album et nous ont découverts grâce à cette tournée.
C’est drôle, parce que le live, le streaming et les réseaux sociaux sont connectés… mais pas vraiment. Par exemple, on a d’autres albums qui ont mieux streamé. Mais quand tu rencontres les fans, beaucoup disent que Angels Calling est l’un de leurs albums préférés. Et c’est aussi l’un des miens. Je suis très fier de cet album, je le trouve tellement bon.
Je pense que beaucoup de gens ont découvert le groupe grâce à ça, comme je l’ai dit, en nous voyant jouer, et aussi grâce à d’autres choses. Donc oui, je suis très content. Mais je veux faire encore mieux la prochaine fois.
On a plus de choses qui arrivent. Nous avons des collaborations très cool qui vont sortir. On est excités de faire encore plus, de sortir plus de musique, de sortir de meilleures chansons à chaque fois.
Pozzo Live : Vous avez maintenant cinq albums. Comment crée-t-on la bonne setlist ?
David Strääf : Je ne sais pas. C’est une question difficile. Pour nous, quand on le fait, on discute toujours. « Est-ce qu’on joue les morceaux que le plus de gens connaissent ? Ou est-ce qu’on joue tels autres morceaux ? » Et on fait un mélange.
Quelque chose que j’aime vraiment dans notre manière de jouer, c’est qu’on pense plus au show, à ce qui va faire le meilleur concert, plutôt qu’à essayer de plaire au public. C’est pareil quand on écrit.
On joue les morceaux qui conviennent, parce que maintenant on joue 75 minutes. Tu sais, un film : ça doit monter, descendre, respirer, avoir d’autres éléments, puis finir fort. Un concert, c’est pareil. Tu ne peux pas juste mettre tous les hits.
Quand tu nous as vus en première partie, on jouait 35–40 minutes. Là, tu peux juste foncer. Mais pas sur 75 minutes : les gens seraient fatigués, et ce ne serait pas un bon show, parce qu’il n’y aurait pas de dynamique. Et moi, je dois jouer des solos. Donc c’est cool d’écrire la setlist comme une histoire. On veut que ce soit une expérience, que les gens ressentent tout, qu’il y ait un cercle complet, qu’ils voient toutes les facettes du groupe.
Nous pensons plus à l’histoire qu’à l’album d’où vient le morceau. On commence au début et on écrit la setlist. Ça prend deux ou trois semaines. C’est un long processus, on travaille vraiment dessus.
Pozzo Live : Pourriez-vous changer quelques morceaux chaque soir ?
David Strääf : Absolument, on pourrait. Et je comprends pourquoi certains groupes le font. Dream Theater, Metallica le font. Mais Iron Maiden ou Bring Me The Horizon sont plus organisés. Nous, on est plus comme eux : on écrit un show.
On pourrait changer un morceau, mais ça casserait l’équilibre.
Parce que tout est pensé :
– parfois il faut un morceau lent,
– parfois un mid‑tempo,
– parfois un morceau où le public doit taper dans les mains,
– parfois un morceau où il doit chanter,
– parfois un morceau qui prépare le suivant.
Tout ça est très réfléchi.
Peut-être que dans le futur on fera autrement, mais pour l’instant, non.
Pozzo Live : Avez-vous une anecdote amusante ou notable de tournée ?
David Strääf : Disons ceci : tourner, c’est génial, mais tout le monde a des problèmes d’estomac. Parce qu’il y a toujours un accès limité aux toilettes. Donc tout le monde a un ventre stressé. Et avec ça… parfois des complications arrivent.
Je vais m’arrêter là. Mais si tu tournes dans un groupe, tout le monde a des problèmes de transit. Voilà [Rires].
Pozzo Live : Quel endroit où vous n’avez jamais joué aimeriez-vous découvrir ?
David Strääf : Je peux en dire trois : Le Brésil.
J’ai toujours voulu y aller. Mon groupe préféré est Iron Maiden, et en grandissant, il y avait Rock in Rio 2001, l’album live et le DVD. Je l’ai regardé tellement de fois. Depuis, j’ai toujours voulu jouer à Rio. C’est mon plus grand rêve. Je ne sais même pas si le festival existe encore, mais ce serait mon rêve absolu.
Ensuite, le Japon. Les autres sont très excités aussi. Joe, notre claviériste, étudie le japonais dans le bus tout le temps. Le batteur aussi.
Et l’Australie. Mon père vit là-bas. J’adorerais y jouer. On n’y a jamais joué. Sur cette tournée, on est avec Written by Wolves, ils viennent de Nouvelle-Zélande et ont beaucoup joué en Australie. Ce serait très cool de faire quelque chose avec eux là-bas.
Pozzo Live : En dehors de la musique, quels sont vos hobbies ?
David Strääf : Qu’est-ce que ça veut dire par “en dehors de la musique” ? Il n’y a que la musique ! Je plaisante.
J’aime jouer aux jeux vidéo. Je n’ai pas autant de temps que je voudrais, parce que j’aime vraiment ça, mais j’aime encore plus la musique. Et les jeux vidéo ont tendance à te consommer. Quand je rentrerai de tournée, je vais prendre cinq ou six jours, peut-être une semaine, et je vais juste jouer aux jeux vidéo. « Ne me parlez pas, je vais jouer ».
Pozzo Live : Quels sont les jeux en ce moment ?
David Strääf : En ce moment, je joue depuis longtemps à Kingdom Come : Deliverance. Je ne l’ai pas encore fini. C’est un jeu médiéval où tu dois manger, dormir… sinon tu meurs. C’est très difficile. Il m’a fallu 40 heures pour comprendre le système de combat. Je mourais tout le temps.
J’adore Baldur’s Gate. Mes préférés de tous les temps : Mass Effect, Skyrim, Oblivion, The Witcher. J’adore les RPG. J’attends toujours un jeu open world Seigneur des Anneaux ou Star Wars dans ce style. Mais ça consommerait ma vie. Je suis impatient pour GTA VI aussi !
Pozzo Live : Quel groupe ou artiste conseilleriez-vous à Pozzo Live d’interviewer ensuite ? Markus a déjà proposé Smash Into Pieces et Dayseeker
David Strääf : Smash Into Pieces joue sur Paris bientôt, demain non ?
Pozzo Live : Oui, nous allons les interviewer à nouveau
David Strääf : Tu sais qui tu vas interviewer dans le groupe ?
Pozzo Live : Probablement Chris Adam.
David Strääf : Dis-lui qu’il doit échanger sa casquette pour une casquette Solence. Ou dis-lui d’aller se faire foutre. Ce que tu veux [Rires]
Et fais-lui un gros bisou de notre part.
Ensuite, je vais dire Via Nova. Ils sont vraiment cool. Ils sont uniques. Je crois que c’est un groupe français [Ndlr : C’est un groupe allemand]. Tu dois les écouter, ils sont très bons.
Merci à David Strääf pour son temps et merci à Kinda Agency


























