La scène musicale rouennaise nous réserve toujours de belles découvertes. Birrd en fait partie, avec des mélodies électroniques nous transportant dans un voyage auditif en dehors de cette jolie ville. A l’occasion de la sortie de son single Ocean Sweep, nous nous sommes entretenus avec le musicien afin de parler de son parcours, de ses souvenirs et de ses projets.

Pozzo Live : Tout d’abord comment vas-tu ?

Birrd : Je vais très bien, je te remercie. 

Pozzo Live : Peux-tu nous parler de ton projet et de sa création ? 

Birrd : Bien sûr. Mon projet s’appelle Birrd. C’est un projet qui est à mi-chemin entre la techno et la musique électronique, plutôt mélodique, plutôt planante. J’aime bien dire que c’est une musique qui s’écoute autant sur une plage ensoleillée que dans un club sombre à 4h du matin. En gros, l’esthétique que j’essaie de défendre, c’est une techno qui se danse les yeux fermés.

Ça évoque le voyage et plein de choses comme ça.  Le projet est né il y a 4 ans, en 2022, c’était la sortie de Void loop qui est le premier titre qu’on a sorti avec le label.

C’est un projet qui est assez récent en réalité et qui est parti tout de suite, signé en label et en maison d’édition. Je ne suis pas trop passé par la case « je me cherche », dans le sens où, quand j’ai créé un premier EP, qui était déjà avec l’esthétique actuelle que j’ai mis des années à travailler, parce que je fais de la musique depuis longtemps. J’ai contacté 3 ou 4 labels en France qui m’inspiraient énormément et avec qui j’avais envie de bosser.

Je suis tombé chez Yotanka, mon label actuel, qui a grave accroché dès le début. Vu que c’était une page blanche et que c’était un pur projet émergent où j’avais une page Insta mais avec 3 abonnés et même pas de page Spotify, ils se sont carrément chauffés de se dire « OK, on va monter un projet à partir de zéro et ça va être stylé. » Et donc c’est parti comme ça.

Direct signé, direct avec un soutien, avec un bon partenaire en plus. Donc c’est parti assez vite. 

Pozzo Live : C’est vraiment cool, et donc tu n’as pas eu trop besoin de galérer non plus, ça s’est fait hyper vite.

Birrd : Ouais, j’ai eu énormément de chance par rapport à ça, c’est que j’ai effectivement pas trop eu la case galère. Après, j’ai longtemps mûri le truc, c’est-à-dire que j’ai longtemps fait de la musique le week-end, après le boulot, sans vraiment essayer d’en faire mon activité à temps plein, on va dire. En gros j’ai commencé il y a 15 ans à faire de la musique par ordinateur, la MAO. Quand j’ai décidé que j’allais m’y mettre sérieusement, je suis tombé sur le bon partenaire direct. Mais oui, je reconnais que j’ai eu beaucoup de chance aussi d’être très bien tombé dès le début. 

Pozzo Live : T’as sorti ton premier album, « Take Off », est-ce que tu peux nous en parler ? 

Birrd : Ouais, tout à fait. « Take Off », donc premier album pour moi, qui est sorti le 25 octobre 2025. J’avais très envie de faire un album, déjà, parce que je trouve qu’on est vachement conditionnés par le fait de devoir flatter les algorithmes et de tout le temps faire plaisir, de sortir un single tous les deux mois, sous prétexte de se faire défoncer par les streams, etc.

Donc j’avais fait beaucoup de singles, beaucoup d’EPs, et j’avais l’impression de sortir vachement de tracks un peu en compilation, les unes derrière les autres, sans vraiment de cohérence. Donc j’avais vraiment envie de faire un album pour avoir un format où je peux raconter une histoire et puis faire une sorte de statement, de dire « Bon ben voilà, Birrd, c’est ça en fait. » Et donc « Take Off », l’envol, le décollage en anglais, c’est le décollage du projet.

Je le voyais comme un premier décollage vers un voyage. C’est un album qui est toujours l’esthétique de Birrd, mais qui raconte ce voyage, cet envol, cette découverte du monde. C’est comme ça que je l’ai pensé, en tout cas.

Pozzo Live : Comment l’album a été reçu et comment as-tu vécu sa sortie ?

Birrd : Est-ce que l’album a été bien reçu ? Déjà, oui, j’ai été assez surpris. Parce que justement, c’est ça la difficulté du truc, c’est que tu bosses sur un album, pour celui-ci j’ai mis un peu plus d’un an à le faire. Ça a été vachement long, ça n’a pas été tout le temps facile parce que je me suis posé énormément de questions. Là, on a dix titres qui sont restés dessus, mais en fait, j’en ai fait, je pense, 25 au total. Donc il fallait les short-lister, il fallait réfléchir. C’était vraiment pas facile.

Il a reçu un super accueil. On a vendu quasi tous les vinyles. Le focus track, donc le track principal, qui était le single de l’album, a vraiment eu de bons retours. Les gens le connaissent. En fait, il y a juste un gimmick vocal à ce moment-là.

Et quand je le joue en live, maintenant, les gens le chantent avec moi, alors que ça fait que 9 mois qu’il est sorti… Donc c’est assez fou ! Et pour répondre à ta question sur la difficulté, c’est la longueur.

Parce que justement, tu n’es plus en train de faire un morceau après l’autre sans cohérence. Là, il faut raconter une histoire. Il faut qu’il y ait de la matière. Il faut que ça soit cohérent, il faut que ça soit beau, il faut que ça soit bien produit. Et puis, j’ai fait pas mal de collabs aussi avec d’autres artistes. Je fais des collabs avec Museau, qui est sur le même label que Christine. J’ai bossé avec Juxe, j’ai bossé avec Fakear. Et Lysten aussi. Donc tu vois, faire des collabs, ça rajoute un degré de difficulté.

Et en même temps, ça rend l’album encore plus vivant, je trouve. Parce que du coup, il y a d’autres couleurs qui viennent s’insérer dans le truc. Donc, la réponse courte, c’est :  J’ai trop kiffé, mais c’est pas facile pour autant.

Pozzo Live : Pour revenir sur Fakear, comment s’est passé ton feat avec lui, justement ? 

Birrd : Incroyablement bien. Toutes les collaborations se sont toutes bien passées. Il n’y en a aucune qui était galère. Mais la sienne, c’était vraiment la plus simple pour le coup parce qu’on l’a faite en une après-midi, en fait.

Je l’avais appelé avec une démo. Il est venu chez moi parce qu’il jouait à un festival à Bihorel il y a deux ans. 

Et c’était un peu au culot vu que je le connaissais grâce au fait que j’avais fait une tournée avec lui en première partie. Au culot, je lui avais dit “Vas-y mec, tu peux pas venir chez moi un peu plus tôt dans la journée ? On bosse un morceau ensemble et puis après je t’emmène au festival”. Et lui, trop cool, m’avait dit “Ok, vas-y, viens, je viens, je débarque”.

Donc il a débarqué chez moi, on a bossé environ sept heures consécutives, je crois, dans mon studio. C’était une très longue après-midi, on a vraiment charbonné. Mais en fait, lui, il est hyper créatif.

C’est une machine ce gars, il est trop fort. Et en sept heures, on avait une maquette qui était hyper cohérente donc c’était génial. 

Les autres collabs se sont également très bien passées, on a mis plus de temps, on s’est plus posé de question. On a plus pris le temps de se poser et de réfléchir à ce qu’on allait faire, alors que celle avec Fakear était très instinctive pour le coup. Elles se sont toutes bien passées. C’était un autre processus avec Fakear.

Je suis trop heureux d’avoir pu finir cette musique parce que des fois, les collabs, elles se terminent pas, tu les commences et t’arrives jamais à les finir. Et j’avoue que celle-là, j’y tenais et je suis content. Et surtout qu’elle fait partie des titres qui ont bien marché, porté, je pense, par son audience aussi. 

Pozzo Live : As-tu déjà eu justement des collabs qui n’ont jamais vu le jour ? 

Birrd : En fait, ce n’est pas que les collabs voient jamais le jour, c’est que des fois, on arrive à un moment où on est un peu coincé et on se dit qu’on y reviendra plus tard. Donc peut-être qu’un jour, on va voir ces collabs voir le jour plutôt *rire*.

J’ai pas envie de citer des noms pour pas spoiler, mais j’ai quelques collabs comme ça qui sont un peu en stand-by, ce sont des morceaux qui sont cools mais qu’on n’arrive pas vraiment à finir et qui, du coup, s’étirent. Et un jour, j’ai bon espoir de les finir. J’en ai une qui est très, très bien, d’ailleurs.

Pozzo Live : Fakear et Museau ont été aussi programmé au festival Les Terrasses du jeudi dans le passé, où nous allons te retrouver cette année. Comment te sens tu à l’idée de jouer sur ta terre natale ? 

Birrd : Je suis rouennais donc j’ai carrément hâte ! J’ai un souvenir assez cool de quand j’avais 18 ans, en gros, et j’avais un groupe de rock, un peu blues-rock-funk, un espèce de mélange chelou. J’étais au clavier et à la guitare, et avec mon groupe, on rêvait de jouer aux Terrasses du jeudi.

On regardait les scènes et on se disait “Non, mais c’est ça qu’on a envie de faire, en fait”. Mais je pense qu’on était trop jeunes et on ne se rendait pas compte que c’est pas juste comme ça que ça marche : On y va et on fait les terrasses.

Mais, c’est un truc que j’ai toujours eu envie de faire. Donc je me sens tellement heureux d’enfin accomplir ce rêve que j’ai depuis que j’ai 18 ans, de jouer aux Terrasses. Et en plus pour la soirée de clôture, c’est un truc de ouf, quoi. Dans leur pas.

Pozzo Live : Tu as dernièrement sorti un nouveau single, sous un nouveau label…

Birrd : Ouais, tout à fait. Je viens de sortir un single qui s’appelle Ocean Sweep avec Cercle Records. Donc, c’est un partenariat entre Cercle et mon label Yotanka.

Ils sont deux dessus. Et Cercle, c’est un label avec lequel j’ai toujours voulu bosser également depuis le début, en réalité, parce qu’ils sont spécialisés dans mon style de musique, en l’occurrence. Là où Yotanka est très cross-genre et un peu dans plein d’esthétiques différentes, Cercle, c’est la référence, à mon sens en tout cas, de mon style de musique.

Et donc, je suis très très content d’avoir fait cette collab, parce que c’est trop beau quoi. 

Pozzo Live : Tu les avais démarchés aussi à l’époque, au même moment où t’avais démarché ton label actuel ? 

Birrd : Non, je ne l’avais pas fait, mais parce que je m’étais dit que j’étais trop petit. Ils bossent plutôt avec des artistes qui sont déjà établis ou alors très très très émergents, mais genre, plus, plus quoi. Et à l’époque, je ne m’étais même pas dit que ça serait possible. Mais après, ça fait longtemps qu’on a un contact avec eux tu vois. C’est quelque chose qu’on a envie de faire depuis longtemps. Mais ça a mis du temps à se mettre en place, comme toute belle chose. Et maintenant, ça existe. Et c’est dingue. 

Pozzo Live : Où pourrons-nous te retrouver prochainement ? 

Birrd : Donc le 23 juillet aux Terrasses du Jeudi, le 24 juillet, à Baie Sonore qui est un festival à Cailleux-sur-Mer en Baie-de-Somme, le 13 août à Quai de la Maline, ensuite le 18 septembre aux TroPikantes, puis le 09 octobre à La Laiterie à Strasbourg et le 17 octobre au Quai M à La Roche-sur-Yon.

Pozzo Live : Est-ce que tu as des clips de prévus à sortir prochainement ? 

Birrd : Mon manager, Vivien, qui est aussi le co-gérant d’Yotanka, n’arrête pas de me répéter qu’il pense que le clip va revenir. Je suis assez d’accord avec lui. Mais lui, il y croit dur comme fer. J’avoue que du coup, ça me chauffe pas mal. Ça me chauffe pas mal de faire des clips. Mais la priorité, je pense, c’est refaire de la musique.

Déjà, dans un premier temps, j’aimerais sortir un EP en début d’année prochaine. Mais cette fois-ci, pas un EP pele-mêle. Je suis en train de commencer à travailler sur un concept où c’est un petit album, mais où c’est quand même cinq ou six morceaux qui sont cohérents les uns avec les autres. J’aimerais bien faire ça.

J’aimerais faire une nouvelle créa’ aussi pour mon live en scénographie. Pour l’instant, j’ai toujours tourné avec un visuel plutôt simple, assez tranquille, en solo, avec deux, trois synthés et sans scéno particulière. Mais j’aimerais bien mettre quelque chose de nouveau en place de ce côté. Je ne sais pas encore comment et avec quel argent, vraiment, mais j’ai très envie de faire une scéno. Et un EP. 

Pozzo Live : Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

Birrd : Waouh. Il y en a tellement. J’ai envie de te dire : le tout premier. Je vais te raconter celui-là, tu sais pourquoi ? Parce que le tout premier, c’était aux Trans Musicales de Rennes. Dans le Grand Hall 9. Donc, la grande scène des Trans Musicales. Le côté « énorme chance de ne pas passer par la case départ », ça a été que ma première scène, c’était celle-ci.

Et ça mène à deux choses : La première, c’est que c’est génial, parce que du coup, tu ne galères pas. La deuxième, c’est que j’étais mort de trouille. Parce que le hall était rempli de gens. Je m’étais préparé pendant des semaines. Et j’étais tellement stressé que j’avais une migraine avant de monter sur scène.

Je ne me rappelle pas des 4 ou 5 premières minutes du show. J’ai black-out de stress. Et puis les 40 minutes qui ont suivi, c’était un pur kiff. Parce que je me suis dissocié de mon corps. Je me suis dit “je suis en train de faire ça, c’est incroyable!”.

Quelque part, je n’en reviens toujours pas d’avoir fait ça. Parce que c’est à la fois la première scène, et c’est à ce jour toujours la plus grosse. Je n’en ai jamais fait d’aussi grande.

L’avantage de ça, c’est que toutes les autres après m’ont paru faciles. Plus simples. Plus simples, parce qu’il y avait moins de pression, il y avait moins d’enjeux. La première aux Trans musicales, en plus, il fallait convaincre un peu les pros. C’était la première prise de parole de Birrd en public. Je m’étais mis une pression colossale.

Ça ne veut pas dire que je ne stresse jamais avant de monter sur scène maintenant, parce que je pense qu’on a toujours un petit trac. Mais celle-là, c’était à la fois la plus cool et la plus flippante de toutes.

Pozzo Live : Est-ce que tu as un rituel depuis ça pour éviter le stress avant de monter sur scène ?

Birrd : Alors ouais, carrément. Je fais toujours un espèce d’exercice de respiration. Parce qu’en fait, je ne suis jamais stressé. Enfin, je suis tout le temps à peu près tranquille avant de monter sur scène plutôt. Et je ne sais pas pourquoi, mais toujours 10 ou 15 minutes avant, peu importe la taille de la salle, j’ai toujours un espèce d’énorme coup de flip où j’ai un mélange de “Je suis fatigué, j’ai un coup de barre, je n’ai pas envie d’y aller” et j’ai subitement peur, comme si je n’étais pas prêt, alors qu’en fait, je le suis. Et c’est trop bizarre, parce que ça arrive toujours 15 minutes avant.

Donc, j’ai un petit rituel où souvent je me planque dans les toilettes, mais je fais un espèce d’exercice de respiration, de cohérence cardiaque, avec des espèces de mouvements de bras amples. Et ça me fait redescendre direct. Et ça dure vraiment 45 secondes. Après, je me sens bien. J’ai ça à chaque fois et c’est un truc de fou, parce qu’à chaque fois les gens me demandent 45 minutes avant “ça va ?” et ouais, carrément, puis 15 minutes avant d’aller sur scène, je suis là, genre “non, ça ne va pas du tout, en fait, j’ai trop peur, je n’ai pas envie de le faire” *rire*. Puis après, ça se passe bien, parce que globalement, ça se passe bien en général.

Pozzo Live : Dernièrement, tu as fait la première partie de Mezerg au 106 à Rouen. Comment as-tu eu cette opportunité et comment ça s’est passé ? 

Birrd : J’ai eu cette opportunité via le tourneur de Mezerg, qui est également mon tourneur, Guillaume. On a le même, donc forcément, ça simplifie les choses. Et c’était dans le cadre d’une tournée. En fait, j’ai suivi Mezerg pendant 7 ou 8 dates, je crois. On a joué aux Etats-Unis, au Canada. On a joué en France, à Amsterdam… Et puis, Biarritz, Saint-Malo, Paris. Et donc Rouen aussi.

Ça s’est vachement bien passé, parce que je suis vachement copain avec l’équipe de Mezerg. Ils sont vraiment tous adorables. Et donc, juste être avec eux, c’est un kiff. Enfin, c’est trop bien. Et le fait de jouer à la maison, c’est également trop cool, parce que du coup, j’avais tous mes copains qui étaient dans la salle, ma famille… Et puis, je suis rouennais donc il y a plein de gens qui me connaissent ici. Donc, forcément, il y a une autre ambiance quand tu joues dans une salle où les gens te connaissent un peu versus Biarritz, où personne ne me connaît *rire*. Enfin, en tout cas, moins.

Pozzo Live : C’était la première fois que tu te produisais à l’étranger ? Comment as-tu vécu l’expérience de faire des concerts en dehors de la France ?

Birrd : La première fois, c’était Amsterdam avec Mezerg, effectivement. C’était ma première date à l’étranger. Après, j’en ai fait quelques-unes tout seul. Et l’année d’après, il y a eu les États-Unis, le Canada, et ensuite la tournée française, effectivement. Et c’était très cool parce que, déjà, tu voyages, donc c’est agréable. Tu découvres des nouveaux lieux, potentiellement que tu ne connais pas.

Et ensuite, ce que j’aime bien découvrir, c’est que les publics ne sont pas les mêmes. Il y a vraiment une différence d’ambiance selon si tu joues en Allemagne, en France ou au Canada. Ce n’est pas la même vibe. En Allemagne, ils sont sans téléphone et ils ne sont pas forcément en face de toi tu vois. En France, on est très tourné vers la scène, on sort les téléphones et on fait des stories. Après, je n’ai pas fait assez de dates en Allemagne pour savoir.

J’en ai fait beaucoup en France, donc forcément, c’est l’impression que j’en ai. Et d’ailleurs, même en France, ce n’est pas toujours une vérité vraie. Ça dépend des villes. Il y a des concerts où c’est très téléphone et il y a des concerts où pas du tout. Mais d’un pays à un autre, ce n’est effectivement pas la même vibe. Ça, je kiffe.

Pozzo Live : Ça me fait penser à une question : Le public rouennais est apparemment réputé pour être l’un des publics les plus difficiles de France… Tu en penses quoi ? 

Birrd : Eh bien, j’ai entendu ça aussi. Mais moi, je n’ai pas eu ça parce que je suis rouennais, je pense. Donc en fait, quand j’ai joué au 106, les gens étaient hyper chauds et je pense que si tu as un petit groupe de gens qui sont chauds ça entraîne tout le monde. Donc en fait, quand j’ai joué au 106 (j’y ai joué deux fois, en l’occurrence) l’ambiance était dingue, mais je pense que c’est parce que j’avais un groupe d’amis et de famille qui étaient très chauds et ça entraînait tout le monde. Je t’avoue que du coup, moi, je n’ai pas eu cette sensation.

Pozzo Live : Quel serait ton featuring de rêve ? 

Birrd : Le goal d’artiste existant ou qui ne se produit plus ? 

Pozzo Live : Comme tu veux. On peut faire les deux !

Birrd : Ok. Dans les artistes qui ne se produisent plus en groupe, Pink Floyd, sans aucune hésitation. Alors là, je n’ai même pas hésité quatre secondes avant de donner cette réponse. Je pense que ça s’entend un peu parce que j’aime beaucoup Pink Floyd pour le côté très atmosphérique, très planant et dark aussi quand même.

Dans les groupes existants, j’adorerais faire un feat avec un plus dur… Soit Moderat, soit Weval. Tu sais quoi ? Je suis en train de te donner une réponse à l’instinct parce que j’aurais pu répondre 14 000 groupes, mais en fait, c’est les deux qui me viennent comme ça. Donc je vais répondre ça.

Pozzo : Je suppose que ces trois groupes/artistes ont été tes inspirations musicales ?

Birrd : Oui, et beaucoup NTO aussi, pour le côté plus techno. Quand j’ai commencé à faire de la musique électro, j’étais très très accroché au label Hungry Music qui n’existe plus aujourd’hui, mais dont faisait partie NTO. Et donc, toute cette esthétique là, je l’avais beaucoup suivie. Donc ouais, NTO, Joris Delacroix, Joachim Pastor. Je suis assez influencé par un gars qui s’appelle Deadmau5, qui est plus dans le côté progressive house, un peu plus mainstream, je pense, mais que j’aime beaucoup et dont j’assume totalement l’influence.

Pozzo Live : On a deux questions phares à Pozzo Live. La première, c’est quelle a été ta dernière découverte musicale ? 

Birrd : J’ai joué en Estonie il y a quelques mois et je suis tombé, par hasard, dans une salle où il y avait Léon Phal qui jouait, qui fait du jazz. C’est un trompettiste et ça m’a scotché grave. J’écoute un peu en boucle là j’avoue.

Mais c’est du jazz, c’est pas électro. Enfin si, il a fait une collab avec Folamour en électro plus récemment. C’est du jazz, mais du jazz un peu électro. 

Pozzo Live : La seconde question phare chez Pozzo Live c’est, qui nous conseillerais-tu d’interviewer après toi ? 

Birrd : Oh, Moorea. J’ai découvert son projet il y a trois ans, je crois, parce que c’était la première partie de Flavien Berger à l’Hôtel de Ville de Rouen, en open air, au festival Rush. Et là, elle a récemment signé chez Mouton Noir, avec Christine et Museau. Quand elle a sorti un titre avec Mouton Noir, je suis retombé dessus, et je suis trop fan, donc, c’est elle que je recommande.

Pozzo Live : Ok, génial, ce sera l’occasion de la découvrir aux Terrasses du Jeudi puisqu’elle est également programmée le même jour que toi !

Birrd : Je vais grave aller voir, quoi qu’elle joue 45 minutes avant moi rue Eau-de-Robec. Et à l’autre bout de la ville, je ne sais pas si j’aurai le temps malheureusement. 

Pozzo Live : Merci beaucoup pour cette interview. Est-ce que tu as un dernier mot pour nos lecteurs? 

Birrd : Ça, c’est une question que j’aurais pu préméditer. Prenez soin de vous. Il y a quelqu’un qui crie très très fort dans la rue, donc pour les lecteurs, prenez soin de vous. Et si cette interview est publiée, c’est que nous sommes encore vivants. 

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