Datura Lodge vient tout juste de naître dans le New Jersey et signe déjà un premier album conceptuel, sombre et accrocheur, taillé pour les amoureux de rock progressif à l’ancienne comme pour celles et ceux qui s’interrogent sur l’ère numérique, la vie de bureau et le poids des générations.
Le duo, basé dans le Bergen County et déjà rôdé par des années de jeu ensemble, sortira son premier long format éponyme, Datura Lodge, le 2 octobre 2026 chez ARQUEN Records.
Un duo prog qui parle d’angoisses très 2026
Derrière Datura Lodge, on retrouve Nicky B (basse, chant) et “W” (guitare, chant), deux musiciens qui ont grandi ensemble, entre groupes de reprises locaux et reprises de classiques prog – dont une version de “Starless” de King Crimson avec John Wetton qui a bien tourné sur YouTube.
Leur premier album s’ouvre sur “Mummy”, un titre à l’atmosphère inquiétante qui pose d’emblée le ton : désillusion, désenchantement et générations plus jeunes laissées à gérer les dégâts laissés par des “mégalomanes cupides”. Le morceau oscille entre rêve brumeux et explosions de guitares, basse, batterie et claviers, avec Adam Holzman (Miles Davis, Steven Wilson) invité aux keys.
Plus loin, “98 and 94” s’adresse à celles et ceux qui ont connu le monde d’avant Internet et regardent la course technologique avec un mélange de fascination et d’inquiétude. Datura Lodge y affirme une envie simple mais forte : rester humain dans l’ère de l’IA, sur un refrain qui puise dans le grunge du début des années 90, assaisonné de guitares acoustiques, 12 cordes et effets old school.
Entre héritage 70s et humour de bureau
Là où Datura Lodge se démarque, c’est dans sa façon de mélanger tension sombre et humour très concret. “Them” parle de la vie de bureau moderne, de ces open spaces et feeds LinkedIn qui broient doucement le mental des profils créatifs. La punchline “But if I read one more LinkedIn post I’m gonna ram my giant head through the screen” résume ce malaise avec une autodérision qui rappelle certains textes de Rush, influence assumée du duo.
Avec “Floor”, le groupe se fait plus vulnérable. Le morceau évoque ces moments où les repères et les personnes qui nous ont façonnés s’éloignent, nous forçant à trouver notre propre chemin. On y sent planer les ombres de Ghost, The Moody Blues ou The Police, entre synthés très 80s et refrain accrocheur.
Côté gros son, “Stone” assume un rock haute intensité, rythmes rapides, harmonies vocales et solos techniques, boostés par un solo de violon incandescent signé Ben Karas (Thank You Scientist). Le groupe s’amuse à créer un décalage entre des paroles presque ludiques et une tonalité mineure plus lourde.
Un premier album conceptuel à explorer
Plus l’album avance, plus Datura Lodge multiplie les textures. “Can” démarre en trombe, propulsé par la frappe ultra rapide du batteur Russell Holzman, avant de casser les attentes dans un passage piano/prog rêveur puis un solo de guitare survolté. “Hole” joue sur la montée en intensité : ballade mélancolique au départ, elle finit en grand final cathartique sur le thème des regrets qu’on ressasse jusqu’à se blesser encore.
“Beam” tourne autour d’une ligne de basse slap très marquée, pour raconter – avec humour noir – une période de transition compliquée pour Nicky B. Enfin, le morceau “Lodge” vient refermer le disque avec des guitares lumineuses, des harmonies vocales fédératrices et ce mantra répété, “you are not alone”, qui se fissure peu à peu pour laisser apparaître un côté plus sombre, nourri de prog 70s.
L’album Datura Lodge, produit par le duo avec Ben Karas, réunit aussi Adam Holzman aux claviers et Russell Holzman à la batterie. Pour te repérer dans ce premier voyage, voici la tracklist complète :
- Mummy
- Stone
- 98 and 94
- Them
- Floor
- Can
- Hole
- Beam
- Lodge
Entre références à Genesis, King Crimson, The Mars Volta ou Rush et préoccupations très actuelles, Datura Lodge signe un premier album qui parle autant de solos épiques que d’aliénation numérique et de recherche d’identité. À surveiller si tu cherches un nouveau groupe prog capable de réfléchir au monde sans se prendre trop au sérieux.


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