Charles Levi, bassiste culte de My Life With The Thrill Kill Kult et Pigface, traverse aujourd’hui la bataille la plus rude de sa vie. Face à une crise de santé majeure, la communauté industrielle et alternative mondiale se mobilise pour lui venir en aide.
Au-delà des chiffres et des diagnostics, c’est toute une page de l’histoire Wax Trax! et de la scène indus qui se retrouve soudain fragilisée. Et les fans comme les artistes refusent de le laisser affronter ça seul.
Un pilier discret de l’ère Wax Trax!
Si tu as déjà secoué la tête sur My Life With The Thrill Kill Kult ou Pigface, tu as forcément croisé, sans toujours le savoir, la basse de Charles Levi. Son jeu a accompagné l’essor de l’ère Wax Trax!, ce moment clé où l’indus et l’alternatif ont pris une autre dimension.
Actif depuis la fin des années 80, il a laissé sa marque bien au-delà de Thrill Kill Kult : KMFDM, Project .44, Haloblack, ConformCo, H3llb3nt, Black From the Dead, The Urban Soundtrack… Autant de projets où son groove sombre et tendu s’est imposé sans faire de bruit, mais en façonnant un son reconnaissable entre mille.
On l’a même aperçu au cinéma, notamment dans « The Crow », signe que cette aura underground a parfois débordé hors des clubs et des scènes indus. Un parcours de plus de quatre décennies, souvent dans l’ombre, mais crucial pour toute une génération de musiciens et de fans.
Une crise de santé lourde, une réponse collective
Depuis une hospitalisation critique en 2021 pour sepsis et défaillance multiple d’organes, la vie de Charles Levi a basculé. Amputation sous le genou, implant cardiaque, insuffisance rénale de stade 4, suspicion de sténose de la colonne, vertiges sévères, démence vasculaire, mini-AVC… La liste est longue et brutale.
Son cœur, ses reins, sa colonne et son cerveau sont touchés, et il doit composer avec 19 prescriptions quotidiennes, dont 9 ne sont même pas prises en charge par l’assurance. Sa compagne, Dani, assure les soins au quotidien, mais le couple fait face à un mur : frais médicaux, logement, vie courante… Les aides dont il dispose ne suffisent plus.
C’est là que la scène se réveille. Musiciens, DJs, promoteurs, figures historiques de l’indus et de l’underground se regroupent autour d’un objectif simple : lui offrir un peu de répit financier et lui montrer à quel point son parcours compte encore aujourd’hui.


Un hommage vivant, entre club, Twitch et messages vidéo
Premier point de ralliement : un événement caritatif à Toronto, le vendredi 3 juillet. DJ Lazarus y organise une soirée « WAX TRAX! Dance Party with Thrill Kill Kult Spotlight » au Ground Control, avec DJs et visuels dédiés à cette époque mythique. Les portes ouvrent à 22h, l’entrée se fait sur donation (minimum 10 dollars), et l’intégralité des recettes est destinée aux besoins de Charles Levi.
Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer, la soirée sera diffusée en direct sur Twitch, histoire de transformer ce club torontois en rendez-vous mondial. L’idée n’est pas seulement de lever des fonds, mais de rallumer, le temps d’une nuit, la flamme Wax Trax! à travers les écrans.
Autour de cette soirée, un vaste hommage se met en place : collecte de messages vidéo d’artistes, producteurs, DJs, promoteurs, création d’un poster en édition limitée signé Simon Paul (remarqué pour ses visuels pour Skinny Puppy, Front Line Assembly et d’autres icônes indus), cabine vidéo pour enregistrer souvenirs et mots de soutien sur place… Une archive vivante est en train de naître, à mi-chemin entre lettre d’amour à une scène et soutien concret à l’un de ses piliers.
Au centre de tout cela, un GoFundMe dédié sert de point de ralliement pour les dons destinés au logement, aux soins médicaux et aux besoins essentiels de l’artiste. Pour les fans de longue date comme pour les curieux qui découvrent aujourd’hui son nom, c’est une façon directe de dire merci à cette basse qui a tant accompagné les nuits indus.
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