The Noise Who Runs, projet emmené par Ian Pickering (Sneaker Pimps), revient avec “Re: GenX”, un album coup de poing qui interroge une génération épuisée et désabusée. À l’approche de la sortie, le musicien basé à Lille dévoile “Just The English Way” et “Commercial Road”, deux morceaux qui posent le décor : lucidité froide, ironie mordante et électro-rock tendu.

Un album comme miroir d’une génération

Avec “Re: GenX”, The Noise Who Runs signe un disque-concept qui regarde sa propre génération droit dans les yeux. Celle qui a grandi avec l’optimisme de la fin des années 80 et la seconde summer of love des 90s, avant de voir ces promesses d’égalité, de progrès et de liberté lentement démontées.

L’album se présente comme une réponse — presque une lettre de reproches — à cette Gen X qui “savait” mais n’a pas forcément agi. On y parle de classe sociale, de peur, de divisions savamment entretenues, de guerres permanentes et de cupidité systémique, le tout sans slogans faciles ni solutions toutes faites. Le disque préfère tendre un miroir à nos compromis, notre confort et notre passivité.

Musicalement, Ian Pickering revendique une approche plus directe que sur ses précédents projets : morceaux plus courts, structures plus classiques, guitare plus présente, textes plus affûtés. On reste dans un univers alternative-electronic, mais avec une urgence pop et une immédiateté qui devraient parler aux amateurs de Sneaker Pimps autant qu’aux fans de rock indé acéré.

“Just The English Way” et “Commercial Road” en éclaireurs

Premier éclat de ce nouvel album, “Just The English Way” est un commentaire caustique sur l’identité anglaise. Sous ses airs de morceau alt-electro sombre et accrocheur, le titre s’attaque à cette fameuse politesse britannique et aux traditions qui servent parfois de voile pudique à des fractures sociales et politiques profondes. Le ton est à la fois ironique et lucide, entre fierté silencieuse, déni et pression du changement.

“Commercial Road”, lui, plonge dans une ambiance plus frontale encore. Le morceau décrit un monde où tout se vend et tout s’achète : les corps, la vérité, même l’indignation. Les relations deviennent des transactions, l’identité se dissout entre exploitation et anesthésie émotionnelle. Dans ce décor, le profit écrase l’individu et l’échec des institutions finit par devenir une banalité du quotidien.

Ces nouveaux titres rejoignent “Bang Bang” ou encore “The Bodies Are Under The Bus Again”, déjà dévoilés en amont de “Re: GenX”. Ensemble, ils dessinent la bande-son d’une époque en crise permanente, où l’on vit en flux tendu, vidé physiquement, émotionnellement et politiquement, avec la colère comme réflexe et la réaction comme substitut à la responsabilité.

“Re: GenX” : chronique d’un monde en chute libre

Derrière The Noise Who Runs, on retrouve Ian Pickering, auteur, chanteur et multi-instrumentiste originaire de Hartlepool, co-auteur de classiques de Sneaker Pimps comme “Spin Spin Sugar”, “6 Underground” ou “Tesko Suicide” et collaborateur de Front Line Assembly. Installé à Lille depuis 2018, il a lancé ce projet avec l’album “Preteretrospective” en 2023, suivi de l’EP “Come and Join the Beautiful Army” en 2024, déjà très bien accueillis à l’international.

“Re: GenX” pousse encore plus loin cette veine engagée. Écrit dans le sillage des émeutes de l’été 2024 au Royaume-Uni et dans l’ombre d’un possible “Trump 2.0”, l’album cristallise une fatigue politique et morale, mais sans s’abandonner au simple cynisme. Pickering est même retourné enregistrer ses voix à Teesside, sur sa terre natale, pour donner plus de tranchant à son propos.

L’album, attendu le 8 mai via TNWR Records, rassemble dix titres :

  • The Summer Talking
  • Bang Bang
  • Trust Me I’m A Psychopath
  • This Song Sucks (Mind The Gap)
  • Just The English Way
  • The Bodies Are Under The Bus Again
  • Home Front Truths
  • We Are Breach
  • Commercial Road
  • All Assuming You

Pas de nostalgie confortable au programme : “Re: GenX” préfère poser la question qui dérange, celle de ce qu’on fait de cette nouvelle lucidité. Reste à voir si cette fois, la prise de conscience mènera à autre chose qu’un énième constat amer. En attendant, l’album promet une bonne claque pour quiconque aime la musique qui pense autant qu’elle frappe.


Toutes nos autres actus par ici.

Reste branché avec Pozzo Live

Tu veux encore plus de lives, d’interviews, de découvertes et de pépites musicales ? Rejoins-nous sur nos réseaux sociaux :

On y partage ce qu’on ne peut pas toujours mettre dans les articles : backstages, reels, photos de concerts, et plein d’autres trucs cools.

Envie d’aller voir l’artiste en live ou d’acheter son vinyle ?

On t’a mis les meilleurs liens juste là (et oui, ça soutient Pozzo Live ) :

Tu ne payes pas plus cher, mais ça nous aide à continuer les interviews, les photos en fosse, les reports, et tout le reste ❤️

Vous allez aimer !