CMFT

par Corey Taylor

8.5
sur 10

Corey Taylor. Voici bien un homme qu’il est inutile de présenter. Que vous soyez un fan de Slipknot, de Stone Sour ou simplement de metal, ce nom vous évoque beaucoup de choses. Des chansons, des concerts, des souvenirs. Mais connaissez-vous l’homme derrière le nom et le masque ? Le célèbre frontman se lance dans une carrière solo et à cette occasion, se dévoile un peu plus au travers d’un premier opus : CMFT #CoreyMotherFuck***Taylor.

La pochette de CMFT

Slipknot et Stone Sour

Corey Taylor et la musique, c’est une longue histoire, qui débute en 1992 à Des Moines, Iowa. Non pas par Slipknot, mais bien par Stone Sour. Ce n’est en effet que plusieurs années après, en 1997, que Corey rejoindra Shawn, Joey et les autres au sein de Slipknot. La suite, tout le monde la connaît. Qu’il s’agisse de la formation nu metal ou du quintet alternatif, on ne compte plus les bijoux musicaux, les concerts mémorables et les styles en tous genres, des origines jusqu’au dernier né, Unsainted. Chacun aura les siens, mais tout le monde finit par s’accorder.

Cependant, après toutes ces années à parcourir le monde, les studios et les concerts avec Slipknot ou Stone Sour, le temps est venu pour le frontman de 47 ans de s’orienter dans une nouvelle voie : la sienne, rien qu’à lui. CMFT, qui lance donc une carrière solo après trois décennies de carrière en groupe, est le fruit d’un travail réalisé de manière “secrète” pendant le confinement. Le fruit d’une collaboration avec “ses” propres musiciens : Christian Martucci et Zach Throne à la gratte, Jason Christopher à la basse et Dustin Schoenhofer à la batterie.

Corey Taylor se confronte à lui-même sur cet album

Punk, Pop, Rap, Rock

Cet album se compose principalement, de l’aveu même de son auteur, de morceaux écris par lui-même ces dernières années (voir carrément…au lycée !), mais n’ayant pu s’intégrer aux univers de Slipknot ou Stone Sour. Treize pistes qui sortent clairement des sentiers battus pour nous emmener dans un nouvel univers : le sien. Un aperçu avait d’ailleurs été donné fin juillet au travers de deux premiers morceaux dévoilés en avant-première : Black Eyes Blue et surtout CMFT Must Be Stopped, avec son clip XXL (Lars Ulrich, Marilyn Manson ou Rob Halford pour ne citer qu’eux) !

Et ca commence fort d’entrée avec HWY 666 au son rock bien vintage qui nous emmène le long de la route 66, fonçant au volant d’un vieux pur sang américain. Un son étonnant pour un maggot averti, mais vraiment efficace. Black Eyes Blue se montre plus sage mais tout aussi nostalgique dans un style plus pop. Retour à un son rock teinté de blues ou de country sur Samantha’s Gone, Meine Lux et Halfway Down, morceaux joyeux et entraînants au bonheur communiquant. L’entâme de ce CMFT se montre effectivement très rock, dopée par de solides solos de gratte.

Clip de CMFT Must Be Stopped

Une orientation clairement revendiquée par l’artiste, qui évoquait dans une interview avec Terry Bezer (Knotfest.com) s’être inspiré d’artistes comme Johnny Cash ou Alice In Chains pour en sortir “de grands refrains, du rock fun et d’énormes solos“. Après un moment de calme sur Silverfish, qui est une nouvelle occasion pour Corey Taylor de prouver – comme si c’était encore nécessaire ! – qu’il n’est pas que douer pour screamer mais aussi pour chanter, et ce de manière très variée, Kansas est un petit vent de nostalgie qui nous ramène dans les 90’s.

C’est la fête !

Derrière, on retrouve un peu du Corey que l’on connaît sur Culture Head, avec un chant plus poussé et un rythmique puissante. La seconde partie de CMFT semble alors un peu plus pêchue, comme une transition ou un retour vers les styles qu’on lui connaît mieux. Impression confirmée sur un Everybody Dies On My Birthday presque punk, tel European Tour Bus Bathroom Song. C’était sans compter sur The Maria Fire, morceau déroutant aux notes presque jazzy, et surtout sur Home, morceau personnel et touchant dédié à sa femme pour lequel il a appris…à jouer du piano.

CMFT se conclu en beauté avec CMFT Must Be Stopped. Peut-être le morceau le plus WTF (et le plus cool !) de l’album, avec un phrasé rappé et un refrain qui reste en tête, sur lequel apparaissent tour à tour des artistes aussi variés que Kid Bookie, Babymetal, Chris Jericho (oui, le catcheur !), Benji Webbe (Skindred), Lars Ulrich (Metallica), Marilyn Manson, Nergal (Behemoth), Nikki Sixx (Motley Crüe), Randy Blythe (Lamb Of God), Rob Halford (Judas Priest), Scott Ian (Anthrax) ou Tech N9ne. Un joyeux bordel ! Et on imagine même pas le tournage…

Clip de CMFT Must Be Stopped

En résumé

C’est la fête“, comme affirmait le chanteur, et pour notre plus grand plaisir ! A l’image de ce dernier morceau, CMFT est décidément un album étonnant, qui divisera peut-être mais séduira sûrement. Corey Taylor y dévoile une autre facette, et se libère totalement en balançant des textes et des mélodies qu’il gardait sous le pied – ou plutôt “dans le tiroir” – depuis trop longtemps. Un très bon moment de musique qui donne le sourire et la patate. “Je vois cet album comme un retour en arrière futuriste. Un mélange de tous les genres qui me plaisent“, déclarait-il avant cette sortie. Qu’il se rassure, cela nous plait aussi !

Tracklist :

  1. HMY 666
  2. Black Eyes Blue
  3. Samantha’s Gone
  4. Meine Lux
  5. Halfway Down
  6. Silverfish
  7. Kansas
  8. Culture Head
  9. Everybody Dies On My Birthday
  10. The Maria Fire
  11. Home
  12. CMFT Must Be Stopped (ft. Tech N9ne & Kid Bookie)
  13. European Tour Bus Bathroom Song

Pour aller plus loin :

CMFT

par Corey Taylor

8.5
sur 10

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